‹ Marivaux, sa vie et ses œuvres, d'après de nouveaux documents;Chapitre 5 sur 445 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

OUCim DE MARITAUX. — SA JEDKESSE A LIMOGES ; SA PREMltRE COMÉDIE ; L'iHGÉNUE AU MIROIR. ^ ARRIVÉE A PARIS; LES SALONS UTTÉRAIEES — PREMIERS ÉCRITS.

La Yie de la plupart de nos écriTains est assez exactement oomiae ; pour quelques-uns d'entre eux, les pluç grands, la curiosité des biographes n'a cessé de s'exercer sur les plus minutieux détails de leur existence, et il s'est formé peu à peu toute une littérature, qui s'est proposé pour but de ne rien laisser dans Tombre de ce qui les touche. Pour les écrivains secondaires eux-mêmes, on s'est appliqué, avec un soin excessif quelquefois en raison de leur valeur littéraire, à rechercher les moindres incidents de leur carrière. Pendant longtemps Ifarivaux fut laissé en dehors des travaux de ce genre. Jusqu'à ces dernières années, on se contentait pour lui de réunir les quelques détails biographiques disséminés à travers l'étude que d'Âlembert lui a consaciée. Personne ne songeait à remonter aux sources, à interroger les témoins de son existence. A vrai dire, les recherches de ce genre n'étaient pas faciles. D'abord, on savait par d'Âlembert que la vie de Marivaux avait été des plus calmes et des plus unies, sans autres événements que les chutes ou les succès de ses pièces, c presque obscure par le peu d'empressement qu'il avait à se répandre ». En effet, nul plus que lui n'avait suivi le conseil du poète, cachant sa yie, loin de ce tourbillon bruyant où s'agitaient ses contemporains, peu répandu, malgré ses relations avec les salons littéraires, et c borné à la société d'un petit nombre

d'amis ^ » Or, ces amis, Fontenelle, La Motte, Helvétius, M"" de Tencinne parlaient guère de lui dans leurs œuvres; à plus forte raison ses autres contemporains.

Où donc s'adresser pour retrouver le détail de tous ces menus faits qui servent à reconstituer la physionomie d'un homme et d'un écrivain, et dont la curiosité littéraire est si friande aujourd'hui ? Aux sources peu nombreuses où d'Alembert lui-même avait puisé '^ aux œuvres de tous ceux qui avaient pu connatlre Marivaux et prononcer son nom par hasard, lui consacrer une ligne, un mot, aux volumineux recueils de journaux littéraires du temps, aux correspondances, aux almanachs, aux recueils d'anecdoctes, enfin aux divers dépôts publics ou collections privées de documents

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