LA COMTESSE, LE VICO.MTE
LA COMTESSE. Eh bien !. . où en est notre complot?... marchons-nous?
LE VICOMTE. Supérieurement!... la pauvre Marjolaine est aux abois; je l’ai éblouie... fascinée... •
LA cosiTESSE. Je vous avouc que je ne l’aurais pas cru, à voir la façon dont elle vous reçoit.
LE VICOMTE. Elle m’évite... premier indice de son amour. ..
LA COMTESSE. Ah! oui... c’cst le premier indice... et le soufliet... c’est la confirmation.
LE VICOMTE. Ne riez pas, belle comtesse ; je suis certain de triompher.
LA COMTESSE. Vous m’aurez rendu un grand service.
I LE vicoviTE. Vous m’avcz dit venez !. .. je suis venu... séduisez !.. j’ai séduit Mais je I ne comprends pas encore quel intérêt vous pouvez avoir à la défaite de Marjolaine. Ix; mot, je vous en prie, le mot de l’énigme?
■ LA COMTESSE. Connaissez- VOUS mon cousin, le chevalier de Beaugeiicy?
I LE VICOMTE. Oui, sans doute; mais de j nom seulement.
i LA COMTESSE. C’est Comme moi... nuis
ne nous sommes pas revus depuis l'enfance.
LE VICOMTE. Il a, dit-on, paru li Versailles deux ou trois fois l’hiver dernier; mais depuis, il s’est éloigné de l’horizon du beau monde. J’ai entendu dire qu’il voyageait en ! Allemagne.
I LA COMTESSE. En effet., son j^re a exigé I qu'il quittât la France pendant six mois.
^ LE VICOMTE. Pourquoi?
LA COMTESSE. Un peu de patience... .Mon veuvage venait â peine d’expirer, lorsque j’appris que ma famille avait préparé pour moi un mariage avec mon cousin, qui allait quitter le service et revenir â Paris. Je songeai d’abord â me fâcher de cette précipitation ; mais on m’objecta qu’Armand était jeune, aimable... Je me souvins que scs succès â l’armée m'avaient toujours vivement intéressée.
Enfin le jour de la présentilion était fixé, lorsque... le croiriez-vous?... son père vint m’annoncer que notre mariage devait éüe retardé.
LE VICOMTE. C’est inouï.
LA COMTESSE. Je crus qu’il était arrivé un ' malheur à Armand ; je pressai son père de questions, et il finit par m’avouer que son I fils était amoureux... mais amoureux fou d’une de ses fermières.
LE VICOMTE. Allons donc!,..
LA cxtMTESSE. Qu’il voulait absolument l'épouser...
LE VICOMTE. Ohl quelle faute!...
LA COMTESSE. Et Celle fermière... ma ri- ' vale, c’cst. .. Marjciaine!
LE VICOMTE. .Marjolaine!... J’espère au ' moins que monsieur de Beangency a refusé ' son consentement?
LA COMTESSE. Craignant que cet amour I ridicule ne s’accrût par les obstacles, le baron
■ exigea de son fils un voyage de six mois, promettant de se laisser fléchir si celle grande passion survivait â l’absence.
LE VICOMTE. Excellente idée!... Lecheva- ! lier est sans doute guéri?
LA COMTESSE. Au Contraire ; il a écrit qu'il revenait dans huit jours, et plus amoureux que jamais!
LE VICOMTE. Oh! c’est fabuleux !
LA cosn ESSE. Vous Comprenez que le dépit, la jalousie durent s’emparer de mon âme... Je voulus voir cette rivale â laquelle
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j’étais sacrifiée... puis tout à coup, au moment de partir, je songeai que vous poliriez m'être utile... vous que l'on cite à la cour pour vos bonnes fortunes; il devait vous être facile de triomplier d'une petite paysanne. . Voilà pourquoi , vicomte, je vous ai prié de m’accompagner ici... il faut qu à son retour le chevalier de Beaugcncy trouve ma rivale infidèle...
LE VICOMTE. El sa charmante cousine mariée à l’heureux vainqueur de la pauvre Marjolaine!
LA COMTESSE. Quelle folie !