I.A COMTESSE. A toutes les paysannes, sans
MAGASIN THEATRAI,.
«toute... D'ailleurs on essaie... |Mur cent louis...
NICOLAS. Vous avez dit deux...
LA co.MTESSE. Et s'il le faut, je te donnerai des leçons.
NICOLAS. Des leçons?», des leçons pour ft' malin etfulai... Ali!... marne la roiutesse, sans vous commander... duniiez-moi-z' en une toute d' suite. .
LA COMTESSE, (illut!. .. un vient!. .. songe <1 garder le secret ! ,
NICOLAS. Oh !...
Il Tait le gefte de jurer.
SCI-.NK VI.
l.ES Mêmes, MARJOLAINE, puù LE VI- COM I E, ;)ui« l’KTIT-JEAN, entrant te dernier.
MARJOLAINE, OU fond et t adressant au riromte, que l'on ne voit pas encore. Allons donc, monsieur le vicomte, un peu de courage... iiousy voilé. (E'ntrant.) Vot'servante, marne la comtesse.
LA COMTESSE, d'un ton protecteur. Bonjour, bonjour petite I
MARJOLAINE, allant vers le fond. Allons donc, monsieur le vicouile !
LE VICOMTE, entrant et portant une grande terrine pleine de lait. Me voilà, ma charmante, me voila.
MARJOLAINE, riant. Ha! ha! ha! ha!...
LA COMTESSE. Que vois-je. [Riant.) Ha !
ha ! ha !
MARJOLAINE. Comment, vous n'éies pas plus fort que ça?...
LE VICOMTE, riant. Ha! ha! hal... C'est charmant, c'est adorabla.. Mais voyez...
voyez donc... elle me fait porter son lait I LA COMTESSE. Le vicomtc de Chabanne métamorphosé en laitière... c'est fort plaisant en effet!
MARJOLAINE. Pctit-Jean, débarrasse donc monsieur le vicomte.
PETIT-JEAN, àpnrt, en prenant la terrine.
En v’ia un que j'abomine.
LE VICOMTE. J'en rirai longtemps! (.Ipar t.) Ouf ! je suis en nage !
.MARJOLAINE. Et vous, maïue la comtesse, vous n'étes pas tentée d'essayer. un peu des travaux de la campagne?
La comtesse. Grand merci! ma mie, je laisse ce plaisir à #1. le vicomte... il y met tant de grâce !
LE VICOMTE. Que voulez-vous?... ce petit lutiu-là me fera faire mille extravagances.
MARJOLAINE. Ah I monsieur le vicomte, ça sera bien de riionneur jxjur moi !
i.E VICOMTE. Et concevez-vous qu'avec un
minois pareil on puisse avoir un œur de roc?...
LA COMTESSE. Expliquez-nous donc ce prodige. Marjolaine.
MARJOLAINE. Ab ! mon Dien, marne b comtesse, c'est bien simple... j'ai une mère infirme à soigner... deux petites soeurs à élever... la ferme à conduire !... L'amour, ya me prendrait trop de temps...
Am de ia Fiiledu lae.
Dtnt soins du monige J« trouve mon plaisir;
Le matin à l'ouvra^çe On me voit acrourir;
Le soir ma bonne mère H’rinbrasNe, me bénit ;
Et pour moi sur la terre I’d tel bonheur suint...
Passes sans amours,
Pasaex, niesbeaui jours...
L'amour s'elTace,
Kt sa trace
Souvent laisse au coeur HfgreU et douleur.
Aimer n'est pas le bonheur !
LE VICJVMTE, 6as à ta Comtesse. Je la laisse dire, et, sans en avoir l'air, je mine la place.
MARJOLAINE. Eh bien ! Nicolas... tu restes lé les bras croisés? il o'y a donc rien é faire ici ?
PETIT-JEAN. Lui!... il bâille aux corueilles. MARJOLAINE. Mêle-toi de tou ouvrage, Petit-Jean, et garde tes réflexions pour noe autre fois.
PETIT-JEAN. Oui, la bonrgeoisa
Il se relire en moetranl le poing à Nicolas.
MARJOLAINE. Toi, Nicolas, range CCS outils, et vivement!... j'aime pas les paresseux.
NICOLAS. Oui, la bourgeoise.
MARJOLAINE. Monsieur le vicomte, passezmoi doue c'tc boite de foin ?
LE VICOMTE, allant prendre une boite de foin. Avec plaisir, mon petit ange... voilé... [A la Comtesse.) Hein? Comme elle fait marcher tous ces imbéciles I..
Il va porter la botta do foin A droite.
LA CO.MTESSE, bas à Nicolas. Je vais le laLsser avec elle... songe aux cent louis!
NICOLAS. Vous avez dit deux.
MARJOLAINE. Marne la comtesse, n’oubliez pas que c’est fête ce soir... on danse sur la grande |)elüuse, cl vous verrez Pclit-Jean... c’est un ménétrier qui n'a pas son pareil.
PETIT-JEAN, arec feu. Ah! daiii!... pour vous faire danser... pour lâcher d’ vous plaire., je in’ mettrais dans l' feu !...
MARJOLAINE, à part. Pauvre garçon!...
c’est l’plus bétc... Eh bien, c’est p’t-élrc celui qui m'aime le mieux. {Haut, ô Petitjean ) Allons, va-t'en.
LA i:0«TEUf
Air delà téri.
Arec vous, gentille Marotaine,
J'irai me Jisiroire c« si»ir.
MARJOI.AIXS.
AU l du bal c’est vous qui »'rez la reitio.
LA C011TEs<^e.
Adieu, petite, au revoir!
HAHKli Al^E.
Des seigneur* daigoeront sous l'ombrage Partager les plaisirs du village;
Pour nous quell' faveur !
Mes amis, quel bonheur!
Lt surtout quel honneur!
Ah!
ENSEMBLE
LA rOMTESSE ET I.C VTCOMTr..
Avec vous, gentille Marjolaine,
J’irai me distraire ce soir.
Pour vous tous, mananU. la bonne aubaine !
^'ous daignerons aller vous voir t
MARJOLAI.XE, XICOLAS, PETIT*JEAX.
A II! du bal c’est vous qui s'rez la reine;
Venez vous distraire ce soir.
Pour nous tous, mes amis, quelle aubaine !
Des seigneur* viendront nous voir 1 La Comtesse sort en donnant le bras au Vïcomta. Petit- Jean sort parole fond. Sieotas reste sur Vavant-scène, et semble rkercher ce qu’W va dire. Marjolaine remet (in meuble d sa place.