‹ Marjolaine, vaudeville en 1 acteChapitre 7 sur 20 · NICOLAS, MARJOLAINE · texte numérisé non relu

NICOLAS, MARJOLAINE

Nicolas, apr>M avoir regardé si tout le monde est parti, se rapproche de Marjolaine cl change tout & coup do lan> gage et de manières.

Nir.or.AS. Eh bien , Marjolaine , von.s connaissez mainlenant ma cousine... . beauté, noblesse, fortune... elle a tout pour plaire, et je TOUS la sacrifie I

MARJOLAINE. Ah ça, mais, monsieur le chevalier, vous ne l’aviez donc jamais vue?...

NICOLAS. Pas depuis son enfance...

MARJOLAINE. Mais c’est qu’elle est jolie comme un petit cœur... Et puis ces grandes dames vous ont des petites manières de marcher et de vons regarder... (^Ellc penche sa tête, s'é rente atec sa mainelfait detsxoutrois pas d'un air d'importance comme la marquise.) Bonjour.. . bonjour, petite... {D'un ton naturel. ) Mi ! vrai, vous feriez bien mieux d’être amoureux d’une belle personne comme la comtesse et de vous désentichcr d’une paysannede rien du tout comme vot’scrvante.

NICOLAS. Renoncer è loi. Marjolaine !...

MARJOLAINE. Voyons , monsieur le chevalier, parlons raison nn petit instant. Il y a six mois , quand vous êtes venu me supplier de TOUS prendre à la ferme, j’ai pas osé vous refuser, parce que le fds de noi’ seigneur... fallait avoir des égards... Et puis vous aviez l'air si malbeurcnx. .. si amoureux... ça Qatte

toujours une femme... Enfin, je vous promis le secret, et dès le lendemain Nicolas conduisait la charrue !

NICOLAS. Et j’espère que je m’en acquittais bien pour un oQieierde dragons!

MARJOLAINE. Uieu ! que j’ai ri des fuis en vous regardant!

NICOLAS. Méchante !

MARJOLAINE. Vous poussiez des soii|>irs à fendre les pierres... et partout où j’allais, j’étais sûre de vous trouver sur mes talons.

Mais tu n’ m’attraperas pas, Nicolasl... qne je me chantais tout bas; Marjolaine ne sera pas si niaise que de t’écouter!... Et puis j’espérais toujours que le temps vous guérirait de votre folie.

NICOLAS. Eh bien ! tu l’es trompée. Marjolaine, car je t'aime comme le premier jour !

MARJOLAINE, à part. C’e.sl vrai que le temps n’ l'a pas changé.

NICOLAS. Et toi, tu es restée insensible !

MARJOLAINE. Oui, parce qu'une pauvre fille comme moi n’est |vas faite pour un riche seigneur comme vous .. parce que je ne voulais pas qu’il m’arrivât ce qui est arrivé à la pauvre Jeannette.

NICOLAS. Jeannette?

HARJOI.AIXE.

A\n: l^syeus (Vmnemére.

On enviaitsa beauté, son bonheur;

Chacun liifait en la voyant si «âge : ‘ ^ s

Oui, c'ast rraiment la perle du village;

Heurrut eeini qui gagnera aon c«t>ur...

Mai«. jour fatal pour la pauvrette I En beau seigneur vint, hélas I au pay* ,

Jura de u'aimer que Jranoette;

Puis ils partirent pour Paris.

Quant vint l'instant de t|uiUer sa chaumière Et d’embrasser 'sa bonuf vieille oièrc ,

Elle pleure... pleura pendant on jour...

Puis elle oublia tout... oui, tout, pour son amourt NICOLAS. Eh bien?

MARJOLAiXr.

UEI'SIÊME COCfLET.

Deux ans après, sur le bord d’un cbemio.

Une femme, un enfant couchés dans la poussière Mouraient tous deux de fnùd et de mi<ière;

Le rieux pasteur les voit, leur tend la main...

Ah I qu’ai-je vu I... c'csl Jc.innelle... c'csl elle I...

Quel cliangrmeol!... parle donc... dis'*... pourquoi?..

— Il in’a trompée ! ô douleur éternelle!...

Vite, au hameau, guidez*moi.

Vous vous taisez 1... hélas 1 dans ma chaumièro Pour me chérir n’aurais>je plus de mère ?

Pleure, enfant, pleure i présent chaque jour.

Car Dieu t’a tout repris, ta mère et ton amoor l

NICOLAS. Mais moi, Marjolaine, je n’ai jamais songé à te tromper, et si tu avais consenti à m’.vimer un peu, ce n’est pas ma maîtresse, c'est ma femme que j’aurais conduite à Paris.

MARJOLAINE, cHiiie. M’éixiuscr!. ..vous!...

Ah I... vous savez bien que c’est impussibic. ..

s MAGASIN

nn SC moquerait trop de moi et de mes maiiièrcsà Paris. .. Tcner., monsieur le chevalier, vous Otes comme tous les autres, vous lu’aimez parce que je ne veux aimer personne, et si, ((uelque jour, je vous disais uni, c’est vous alors qui diriez non !

MCOLAS. Peux-tu le croire, quand, pour le plaire , je m’cx|)ose à devenir la risée de tons mes camarades, si l’on apprend que sous ce costume j’ai passé six mois à soupirer comme un recrue ?

MAntOLAiNE. üah!... laissez donc, ils en feraient tous autant.

NICOLAS. Et ce maudit vicomte... quand il me rencontrera... il en fera des gorges | chaudes.

MARJOLAINE. Lui!... sovez donc sans crainte. . . El tenez, s’il ne faut que cela pour vous rassurer, je promets qu’avant ce soir il aura lait comme vous. I

NICOLAS. Lui.. . oli ! tu ne le connais pas. | MARJOLAINE. VOUS m’en déliez. .. Eh bien !

vous verrez!

NicoL.AS, voyant la Comtetu qui parait au fond et tes ohserve, bas. Ehut!... la comtesse.

.«ARJOI.AINE. La comtesse!

NICOLAS, Août d’un Ion paysan. La bourgeoise !... .si vous vouliez m’aimer tant seulement une miette! (Das.) Vite, un bon souf- |

llet. . I

jlARJOr.AlNE, à part. Un soulllct !... je I n’ose pas. i

Ni'.oLAS. La bourgeoise, je suis comme un gros las de braise, (bas.) La voilà, la voilà. MARJOLAINE, hésitant. Eb bien...

NICOLAS, lias. Allons donc,., allons donci .marjolaine. Tiens, voilà pour te rafraîchir, imbécile.

Elle lui donne un souUlet, puis elle sort. j

SCÈMi VllI.

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