‹ MARMION SUIVI DE LA DAME DU LACChapitre 24 sur 33 · HÉLÈNE · texte numérisé non relu

HÉLÈNE

« Non, Allai) , non , un prétexte ausi ingénieux ne saurait assoupir mes craintes qui veillent. Lorsque avec un accent tendre et solennel il me donna sa sainte bénédiction en me quittant, les pleurs qui coulèrent de ses yeux ne purent changer sa haute et ferme résolution. Mon âme est faible ; elle est celle d'une femme, et pourtant elle peut retracer l'image de la sienne, comme le lac, dont le vent le plus léger peut troubler la sérénité, réfléchit dans le cristal de ses flots le roc invulnérable. Douglas apprend que la guerre va tout mettre en feu ; il se croit la cause du combat. Je l'ai vu rougir, Allan , lorsque ton rêve menteur a présenté Mal* colm Grœme chargé de fers que moi-même, disais-tu , je lui attachais. Crois-tu qu'il ait pensé que ce présage dût s'accomplir ? Oh ! non ; c'étaient d'autres idées qui l'absorbaient alors ; il s'alarmait pour le jeune homme, comme aussi pour Roderiçk ; car , il faut être juste envers lui, envers cet ami si fidèle, tous deux sont en péril, et c'est pour notre cause ! Ménestrel, Douglas n'a pu résister à une pareille situation. Pourquoi d'ailleurs ce présage solennel : si nous ne devons plus nous voir sur la terre nous nous retrouverons dans les cieux? Pourquoi m'a-t-ii recommandé , si le soir ne nous ramène mon père , de me retirer au couvent de Cambus-Kenneth et de m'y faire connaître ? Hélas ! il va se jeter au pied du trône d'Ecosse et acheter le salut de ses amis au prix du sien ; il va faire ce que j'eusse fait moi-même si la fille de Douglas avait été un fils ! »

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