RÉALITÉS
Les hommes éminents qui fondaient de si grandes espérances sur l'organisation d'une police francoespagnole dans les ports marocains ont lieu d'être satisfaits : cette police a fait ses débuts.
A Casablanca les zouaves français d'Algérie ont attaqué les tirailleurs espagnols du Rifî : il y a eu des morts et des blessés. Quand on a porté plainte au chef militaire français sa réponse n'a pas paru satisfaisante, et le gouvernement espagnol a adressé une courtoise mais sérieuse réclamation au gouvernement français.
Au Sénat espagnol, le 21 mai, le général Ochando a lu une lettre qui lui avait été écrite de Casablanca par un officier qui se plaignait durement de l'indiscipline des zouaves algériens. Le 23 mai, le duc de Mandas a fait une interpellation et le ministre d' État lui a répondu : les deux orateurs ont exprimé la conviction que justice serait faite et que ce désagréable incident se terminerait d'une façon satis-
faisante ; mais ils ont ajouté que si par impossible il en était autrement et si l'on en devait arriver à prendre des résolutions sérieuses, « le gouvernement espagnol aurait à en informer les puissances signataires de l'acte d'Algésiras ».
La réponse du gouvernement français ne s'est pas fait attendre ; on s'est empressé de faire droit à la réclamation espagnole. Une note du quai d'Orsay a reconnu les torts attribués aux soldats algériens : le zouave qui a tué un Rifîain passera en conseil de guerre ; les autres agresseurs sont condamnés à soixante jours de cellule ; des mesures seront prises pour éviter le renouvellement de pareils faits. L'incident est clos et les bons rapports entre la France et l'Espagne ne seront pas altérés.
Mais, il faut le reconnaître, le commencement de ce simulacre de police franco-espagnole dans les ports marocains est plein de promesses pour l'avenir !
D'après l'acte d'Algésiras, cette police devait fonctionner pendant cinq années ; dix-sept mois ont passé déjà et elle n'est pas encore organisée. Nous continuons à espérer qu'elle ne le sera jamais.
L'arrivée de Moulay-Hafid à Méquinez est aussi un événement qui met la France en face d'un problème difficile.
A toutes les erreurs passées on a ajouté celle de prendre parti dans les luttes intérieures dynastiques du Maroc. La sagesse la plus élémentaire conseillait cependant de garder une stricte neutralité dans la querelle des deux frères.
Que fera-t-on si Abd-el Aziz est destitué par ses sujets?
Certes, nous comprenons toutes les difficultés qui ont été créées au gouvernement français par un passé et par des précédents dont il n'est pas responsable ; mais il avait encore les mains assez libres en ce qui concernait une intervention dans les luttes intérieures entre les divers prétendants et il n'aurait dû s'y engager sous aucun prétexte, car la nature de cette intervention l'oblige à faire précisément tout le contraire de ce que nous avaient dit M. le président du conseil et M. le ministre des affaires étrangères.
Dans les pays organisés, les révolutions triomphent ou sont étouffées en quelques heures. Il n'en est pas ainsi au Maroc. Les deux sultans pourront rester longtemps face à face et l'anarchie se prolongera. Mais, par suite de la politique adoptée par la France, la guerre civile marocaine, qui ne devrait nous concerner en rien, devient pour nous un sujet de complications et de dépenses sans fm. L'Espagne a été plus habile, car elle s'est arrêtée à temps en refusant de collaborer
à l'action militaire que nous avons entreprise.
On a vu que sir Edward Grey a dit à la Chambre des communes que l'Angleterre « ne pouvait pas reconnaître deux sultans à la fois ». Ces paroles n'engagent pas l'avenir. Le gouvernement anglais sera libre de reconnaître Moulay-Hafid le jour où il aura triomphé et où son frère sera destitué ; jusque-là il reste dans l'expectative. De là à lier sa cause à celle d'Abd-el-Aziz ainsi que nous l'avons fait, il y a loin : il y a toute la distance qui sépare la sagesse de l'imprudence!
On ne peut nier, en effet, que la cause de Moulay-Hafid gagne partout du terrain et qu'Abd-el- Aziz, par suite de son entente avec la France, a perdu le peu de prestige qui lui restait. Non seulement sa cause n'était pas assurée du triomphe, mais en admettant même qu'elle ait pu obtenir quelque avantage pendant que nos troupes sont au Maroc, il est incontestable que le mouvement de réaction contre elle se ferait sentir d'autant plus fortement que nos soldats seraient partis.
La France se trouve dans une situation dont elle a systématiquement refusé d'envisager les conséquences, malgré les avertissements répétés qui lui ont été donnés depuis 1903.
En soutenant Abd-el-Aziz elle soulevait contre lui tout l'Islam ; en se déclarant contre Moulay-
Hafid elle l'obligeait à s'appuyer sur l'élément marocain qui hait les Européens.
C'était commettre une faute que d'accuser chaque jour Moulay-Hafid de représenter l'élément xénophobe. On a pu voir à l'époque de ses premières déclarations qu'il faisait des efforts pour éviter l'hostilité de la France. Mais on l'a considéré comme un ennemi et on l'a combattu de toutes façons, en même temps que l'on fournissait de l'argent à Abd-el-Aziz : le résultat de cette politique est que les populations marocaines semblent, pour la première fois, s'unir dans un sentiment national. Nos erreurs nous coûteront cher. Le rêve de la pénétration pacifique aboutit à une réalité : l'unité marocaine se fait contre la France !
Nous avons enregistré l'aveu ofïïciel de la grande répercussion que les événements de l'Ouest ont eue dans le Sud-Oranais. C'est la condamnation la plus explicite de la politique marocaine. Les choses marchaient bien dans le Sud-Oranais, quand l'action de Casablanca est venue créer partout la confusion et le désordre.
Maintenant le drapeau est engagé à l'est et à l'ouest, au nord et au sud. Comment trouver les moyens de s'arrêter? Nous ignorons d'ailleurs tout
ce qui se passe en dehors du rayon occupé par nos soldats ; mais il est évident que la situation devient chaque jour plus compliquée et plus grave. Le nord est au pouvoir du Roghi ; le sud est révolté ; l'ouest, en pleine insurrection, et Moulay-Hafid est près de Fez.
Les journaux nous ont annoncé que le général d'Amade a reçu de nouvelles instructions : il doit se retirer sur Casablanca et retirer peu à peu ses troupes. M. Cambon a notifié ces modifications à la Wilhelmstrasse et on lui en a témoigné une vive satisfaction. C'est là un changement radical dans notre politique marocaine ; mais les difficultés pour réaliser ce retrait seront grandes. Allons-nous conserver tous les postes de l'intérieur et rester dans cette prison de Casablanca, condamnés à une immobilité absolue, ne pouvant ni avancer ni partir?
Si tel est le résultat de notre action militaire, on conviendra peut-être avec nous qu'il eût mieux valu ne pas l'engager.
La réception qu'on a faite à Berlin aux délégués de Moulay-Hafid nous a donné l'occasion de commettre une imprudence de plus. Elle n'aurait pas dû nous surprendre ; elle était la continuation de
la politique que le gouvernement allemand a, dès le commencement, adoptée.
Personne n'étant en mesure de prévoir exactement quelles déviations peut subir tout à coup cette ligne de conduite, la menace d'une surprise désagréable est constamment en perspective. On est porté à voir dans chaque geste de l'Allemagne le germe d'un conflit possible, et cela fait disparaître toute tranquillité dans les rapports.
Cependant, il était inutile et même imprudent de déclarer que la réception des délégués de Moulay-Hafid par un fonctionnaire allemand serait un acte « inamical » pour la France.
Un journal français qui passe pour officieux s'est servi de cette expression et a ajouté en parlant de la réception, alors prochaine, qu'elle était « fâcheuse pour les intérêts européens » ainsi que « peu obligeante pour la France », et que peut-être au moment où les délégués seraient reçus officieusement à Berlin arriverait la nouvelle de « l'anéantissement de leur maître )). On avait évidemment d'autres informations à la Wilhelmstrasse.
Quelques journaux allemands ont prétendu que l'article de ce journal a été la raison qui a déterminé le gouvernement à recevoir officieusement les délégués de Moulay-Hafid. C'est peut-être un peu excessif. Quoi qu'il en soit, ces articles ont fait une mauvaise impression à Berlin.
On aurait dû soutenir dans les journaux français la thèse que la France se désintéressait absolument de la lutte entre les deux frères.
Si demain le triomphe de Moulay-Hafid est définitif, ne faudra-t-il pas traiter avec lui? Et dans le cas où Moulay-Hafid n'arriverait pas à dominer entièrement au Maroc, pourquoi ne pourrait-il pas faire ce qu'a réalisé le Roghi, s'établir en permanence dans une partie du territoire?
C'est une faute inexcusable que d'avoir ainsi pris parti pour l'un des combattants.
Au reste, plus nous nous engageons dans cette aventure, plus elle revient à ses termes primitifs. Nous ne pouvons rester éternellement au Maroc et nous avons agi de telle sorte que le retrait est impossible ; la situation est sans issue.
La seule politique sensée était celle du statu quo; nous n'avons cessé de le répéter à la Chambre. et à cette place. Nous avons toujours pensé que la France entrait dans une voie néfaste et qu'il y faudrait marcher sans but défini, à la dérive et au hasard des circonstances.
Si une autre ligne de conduite avait été possible au Maroc, il est de toute évidence que l'Angleterre l'aurait adoptée et suivie depuis de longues années, au lieu de nous abandonner si aisément, en 1904, une place que la France ambitionnait avec tant
d'inconscience, alors que la Grande-Bretagne en signalait si explicitement les dangers.
Il eût été cependant bien facile, à cette époque, de ne pas fausser la politique de la France en mêlant la malheureuse affaire marocaine à notre cordiale et précieuse entente avec l'Angleterre.
Comte DE Castellane,
Député.
Le Gaulois, 1^' septembre 1908 : HEURE DÉCISIVE
L'aventure marocaine devra parcourir tout son cycle.
Pour se bien convaincre qu'elle conserve toute l'identité de sa nature et que les divers événements ne changent en rien le fond de son caractère essentiel, il suffit de l'étudier à travers ses phases successives : ces phases varient chaque jour, il est vrai, mais l'aventure reste la même depuis le commencement, circonscrite dans un cercle fatal que rien ne pourra rompre.
Aujourd'hui apparaît clairement à tous l'absurdité de cette première formule inventée par ceux qui voulaient dissimuler leurs desseins de conquête et naïvement acceptée par les instruments aveugles et crédules de cette dangereuse politique. La pénétration pacifique ne peut plus tromper personne ; le nom même ferait sourire actuellement ceux qui l'ont introduit dans le vocabulaire diplomatique ; ses défenseurs les plus
ardents confessent que la chose est définitivement discréditée ; c'est un chiffre qui n'a plus aucune valeur dans le commerce international : la pénétration sera armée ou elle ne sera pas.
Le problème marocain ne peut avoir, dans l'avenir, que l'une des deux solutions indiquées dès le premier moment par ceux qui n'ont été les dupes d'aucune illusion : l'abstention ou la guerre.
Cette abstention nous l'avons toujours conseillée ; mais on a préféré nous mener à la guerre. Les coloniaux la voulaient. Ils ont accepté toutes les solutions et sont devenus partisans de tous les expédients à la condition que les troupes françaises fussent maintenues au Maroc. Ils savaient bien que, malgré toutes les protestations pacifiques, et quels que soient les ministères, les événements conduiraient inévitablement à engager le drapeau, et qu'une fois le drapeau engagé, le reste viendrait de soi-même.
Le drapeau a été engagé, en effet, le jour où nos soldats ont été débarqués à Casablanca.
On a fait la guerre ; on a conquis la Chaouïa ; on a exalté les résultats glorieux et les avantages pratiques de cette conquête. Quelques journaux ont établi le bilan des bénéfices incalculables de ce qu'ils appelaient « la pacification de la Chaouïa » ; on a escompté le succès des forces employées, accumulant les promesses si notre intervention en
faveur d'Abd-el-Aziz lui fournissait les moyens et les sommes indispensables pour obtenir la victoire ; et on se plaignait amèrement quand les ministres semblaient vouloir lui ménager les uns et les autres !
Enfin le gouvernement français a fait sortir le Sultan de Fez ; il l'a conduit à Rabat, puis il l'a fait sortir de Rabat pour entreprendre la marche sur Marrakech. Cette marche, — admirable dans les feuilles de la presse coloniale, — a été désastreuse à travers les tribus. Le dénouement est une déroute finale, avec la fuite d'Abd-el-Aziz et la victoire suivie de la proclamation de ce même Moulay-Hafîd que le ministre des affaires étrangères nous a représenté, dans tous ses discours, comme le pire ennemi de la France et l'obstacle irréductible à toute influence européenne.
La défaite du Sultan qu'on a voulu soutenir contre son peuple est un grave échec pour le gouvernement français. Sans doute on a commis bien des fautes ; mais il ne faut pas oublier que la plus grande de toutes a été l'entreprise elle-même. La logique du mal est aussi inflexible que la logique du bien, et l'erreur initiale de cette conception a produit ses conséquences naturelles ; contre elle, aucune sagesse n'aurait pu prévaloir, et, dès lors que l'aventure suivait son cours, tous les chemins devaient mener au désastre.
Moulay-Hafid est aujourd'hui le Sultan du Maroc. Le fait ne peut plus se discuter.
Il a le choix entre deux politiques à suivre : ou accepter la conférence d'Algésiras avec les conventions et les accords internationaux, c'est-à-dire l'entente avec les puissances, ou refuser de se laisser guider par l'Europe.
Dans le premier cas, en acceptant tout ce qui a causé la perte de son frère, Moulay-Hafid deviendra un second Abd-el-Aziz, et le problème se posera exactement dans les mêmes termes que par le passé : le parti colonial exigera que la France s'engage avec le nouveau Sultan contre ses sujets.
Si, au contraire, Moulay-Hafîd n'accepte pas nos conditions, il est évident que nous devrons le combattre.
Dans les deux cas, c'est la guerre : la guerre contre le peuple marocain ou la guerre contre le Sultan.
Et cependant, si l'on pouvait espérer un retour à la raison, si le bon sens et la modération s'imposaient au moment de cette crise décisive, si nous renoncions aux illusions et aux extravagances qui, depuis six années, ont constitué le fond de notre politique marocaine, nous pourrions trouver dans la victoire de Moulay-Hafid et dans son avènement une occasion précieuse de rectifier notre ligne de conduite et d'ouvrir une meilleure perspective.
La fortune nous offre une chance que nous n'étions pas en droit d'espérer ; si nous la laissons échapper, toutes les difficultés et les sacrifices du passé n'auront été que le prélude des complications qui nous attendent.
Elles sont graves. Aujourd'hui même le choc prémédité, dans le Sud-Oranais, par des hordes sauvages et féroces qui se préparent à attaquer nos troupes, n'est qu'une conséquence de la fausse conception de notre politique africaine.
Nous repousserons l'attaque de cette harka qui sort de la région du Tafîlalet ; mais ce nouveau sacrifice de sang et d'argent nous coûtera cher !
Notre action au Maroc a eu pour justification, aux yeux de plusieurs, la nécessité de fermer l'accès de l'Algérie aux ennemis qui pouvaient attaquer nos frontières ; or, le résultat de cette action a été de susciter contre nous des ennemis qui ne songeaient pas à nous faire la guerre. Moulay-Hafid, se voyant combattu par la France, a soulevé contre elle ces tribus du Sud-Oranais, qui nous inquiètent avec raison aujourd'hui. C'est notre politique dans le Nord qui nous vaut le déchaînement du Sud et la menace insolente de ces masses fanatisées.
La solidarité marocaine, qui n'a pas existé en faveur du Sultan, s'est créée contre nous. Nous avons voulu châtier le Nord, et le Sud nous répond.
Nous ne nous lasserons pas de le répéter : l'heure est décisive. Si nous savons profiter des contingences favorables que nous offre l'étrange ensemble des circonstances présentes, tout peut encore se réparer ; mais si nous nous obstinons dans la voie des anciennes folies, il sera impossible d'éviter le retour des anciennes déceptions.
Les fautes commises sont aujourd'hui reconnues même par les partisans les plus déterminés de la politique ministérielle ; ainsi on nous a dit qu'en favorisant Abd-el-Aziz le gouvernement français l'avait compromis et que cependant il ne l'avait pas assez soutenu pour lui donner de Tautorité ; on reconnaît donc qu'Abd-el-Aziz a été favorisé, et, bien qu'il ne l'ait pas été dans la mesure qui aurait pu satisfaire les exigences du parti colonial, il est évident que la stricte neutralité dont on a tant parlé n'a pas été observée ; il suit de là qu'à l'heure de son triomphe, Moulay- Hafid oubliera difficilement la fin de non recevoir absolue à laquelle les délégués se sont heurtés à Paris ; le contraste qu'elle offre avec le prévoyant et prudent accueil de Berlin n'est pas à l'avantage du gouvernement français.
Le Sultan victorieux, proclamé à l'unanimité
par son peuple, exerçant l'autorité suprême qu'il assume en ce moment par la force des événements et la volonté des ^Marocains, a le pouvoir de faire disparaître les troubles que les puissances ont en vain tenté de réprimer. Il peut rétablir l'ordre, — dans la mesure où l'ordre est possible au Maroc, — sans le secours des soldats étrangers et de la police européenne qui, loin d'assurer la paix, seront toujours un élément d'antagonisme, de haine et d'anarchie.
Ce qui est nécessaire au nouveau souverain, comme facteur indispensable pour calmer le fanatisme de ses sujets, c'est le retrait des troupes étrangères. Il faut que le peuple de Moulay-Hafid puisse voir dans l'acte de sa proclamation la reconstitution de l'autorité chérifienne et la renonciation à toute protection européenne.
Le gouvernement français a fait, à Algésiras, une question capitale de la création d'une police et du rétablissement de l'ordre dans les ports par les troupes françaises ; or, l'ordre n'a pas été rétabli, et le Sultan qui s'est appuyé sur l'Europe a été chassé. Nous serions impardonnables si, après de telles expériences, nous retombions dans les mêmes erreurs.
D'ailleurs, si nous voulons que Moulay-Hafid accepte sincèrement l'acte d'Algésiras, commençons nous-mêmes par en respecter les clauses prin-
cipales, qui concernent l'indépendance souveraine du Maroc et l'intégrité de son territoire. D'après Tacte d'Algésiras, aucune puissance ne peut occuper un territoire marocain. Chargeons donc le nouveau Sultan de rétablir, par ses propres moyens, Tordre et le calme dans son empire ; lui seul peut et doit en répondre. En agissant ainsi la France fera de lui un souverain véritable, au lieu d'un protégé sans autorité et sans prestige. La force doit lui venir de ses sujets ; toute autre force ne sera qu'une faiblesse pour le Sultan nouveau, comme elle l'a été pour le Sultan déchu.
Si la France, adoptant enfin une attitude habile, parvient à s'assurer la gratitude de Moulay-Hafid, l'agitation xénophobe du Moghreb cessera.
Si, au contraire, l'ancienne politique se renouvelle avec sa police, ses soldats, son aspiration à intervenir, les troubles continueront et le problème marocain n'aura pas d'issue.
Comte DE Castellane,
Député t