‹ Mars; (volume 2)Chapitre 19 sur 91 · DU DUEL · texte numérisé non relu

DU DUEL

En d'autres temps» 3 y eut une émulation de mourir, mais pouf Thonneur seulement. Et encore aujourd'hui si un jeune nomme était jeté dans une {fuerre publique de discours avec un spadassin, je ne vois pas comment je le détournerais d'aller au combat réel, hors duquel les affirmations du courage sont ridicules et même méprisables. Heu' reusement nos mœurs protègent ici le promeneur, s'il est seulement poli. Mais enfin si Ton est étourdi, ou maladroit, et si Ton s'en tire par la colère, comme le jeu des passions l'explique si bien, il iaxit payer de son sang ; le froid raisonnement n'a aucune puissance alors contre la crainte d'être méprisé ; et les témoins, en ces aventures, peuvent seulement adoucir les conséquences. Ils s'y emploient toujours, et, dans les afiaires d'honneur, nul n'est prodigue du sang des autres.

Or le courage est si évidemment la principale vertu du mâle de l'espèce, et celui qui ne sait pas vouloir contre un danger certain est tellement au-^lessous de son rôle protecteur, qu'il est impossible que l'admiration^ n'aille pas au courage gratuit, quand il ne ferait que s'affirmer lui-même par des actions non ambiguës. Et les fenunes seront les plus décidées, par ce besoin d'admirer qui est la poésie de l'amour. En voilà bien assez pour aue la mode des duels ait tenu contre une répression impitoyable. L'honune n'a point changé là^-dessus, et ne changera point. Et il est dair que, par la contagion et l'entraînement, un peuple est encore plus redoutable qu'un homme, dès qu'il se croit méprisé. Par ces puissants ressorts, la guerre est toujours possible.

J'ai admiré ces jeunes qui y couraient, soucieux de n'être pas de*vancés par la noblesse de tradition, et de faire voir que le sang plébéien est généreux de lui-même aussi. J'ai admiré beaucoup moins les assistants, quels qu'ils fussent. Respectons les Douleurs Voilées. Toutes les fois que j'ai surpris, en ceux qui ne combattaient point, le conten-

tement d« soi, la jotc cte commander ou k pbdsir d« vaincre, j'ai méprisa. Tout plaisir est vil qui fleurit sur la mort.

Que dire alors de ces o»n^ens vieux ou fatigués, qui, de la jeunesse des autres, disaient arme et menace, et qui se donnaient le honteux plaisir de mépriser et d'insulter l'ennemi, sachant que d'autres paieraient > J'ai saisi plus d'ime fois, au temps de la paix, cet étrange regard "tudinaire, fixé sur moi et mesurant mes quarante ans 3ui, tu cherches la paix; et tu feras U guerre, parce que Il y a du Recruteur dans cet ceil, et de l'enfant méchant liait point xai en^t méchant ; mais ne lui dmiiez pas luvemer. Peut-être tous les Ubles sont-ils guerriers, issez amère, peut Stre btHine k tire pour tes femmes, qui ^bles, mais autres. Leur faute serait peut-âtre d'agir Rimes faibles, et de menacer en laissant à d'autres de les pensent une minute k ce rôle honteux qu'ont joué ques-unes. A presque toutes il a manqué peut-âtre un Mssif , qui saisirait mieux chez le héros timide les signes i. Mieux assurées, alors, de la force d'âme masculine, lient plus l'éprouver en ces massacres qui l'anéantissent te triomphe des faibles et des poltrons.

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