‹ Mars; (volume 2)Chapitre 2 sur 91 · AVANT-.PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-.PROPOS

Som la protection^ je le vaudrais, du bon Hercule, le seul dieu qui soit vénérable, fai dessiné ici le visage ambigu de Mars, dieu de la guerre. Scrupuleusement, en vue de n offenser ni la Patience, ni le Courage, ni la Justice, fai suivi la sagesse de ce double mythe, par où les anciens font voir quau milieu même des combats ils nont jamais confondu deux hommes que pourtant Nature nous offre toujours attachés et mêlés. Laissant donc r Hercule-nu, au cou penché, qui observe et fait, fai suivi et retracé en ses attitudes le dieu vaniteux, triste et méchant, droit dans le costume, et tête leûée, sans méprendre à ce r^ard équivoque, oà la peur menace.

Vénus est jointe à Mars dans Fantique allégorie. A bon droit. Et ce langage muet est aussi prophétique, puisque Vukain guette leur rêve charmant, jouant déjà par un lien de fer ï ivresse des passions à son art mécanique. Mais, dans mon analyse, sévère en tous les sens, et trop abstraite peut'4tre, la forme féminine s est trouvée dissoute. Car cest en Fhomme infatué que la femme prend puissance de nmre. Aussi cet œil combien, ces ruses sans projet, cette flatterie du faible, cet art Jt orner le plaisir, tous les mensonges enfin de V dément subordonné, sans oublier la peur essentielle, tout cela, oui est grâce de nature, s exprime en Mars par la Nullité In" flexible. D un côté F Amour qui se dumge en haine vide Fesprit de toute substance ; mais aussi Fodieux en la femme est si absolument trompeur que Fart seul y trouve objet, par de fantastiques apparences. Doûc Liluli suffit.

Mais Mars a plus de consistance, car il fait système de tout, reprenant en projets et décrets ses cris incohérents^ et prànéditant la convulsion^ Il fallait vaincre cette redoutable Apparence. Le voilà donc ce Monstre ici en morceaux, et pourtant reconnaissable si fai su rassembler ici et là ses traits hétérogènes en poésie courte.

Après VcaxÂr bien considéré deocnt toi, apprends, lecteur, comme f essaie, à le défaire en toi-même, déliant, nommant, et renvoyant chaque élément à sa place. Et ne f effraye pas de toi'-même si tu te vois guerrier au miroir de Vénus. Mais souris plutôt à ta propre image, qui est celle d'Hercule.

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