DES PASSIONS
Il faut que fexplique encore de plus près l^idée essentielle cU ce livre, V qui est que^ ce sont les Passions» et non les Intérêts» ipui mènent îe f\ monde. Et je suis surtout disDosé i y revenir lorsque )e pense à ces descriptions si incomplètes de la Nature Humaine qui ont cours miin'tenant» d'après le squelles toutes nos actions s'e^liqueraient par un ^&^ l ^somSD plus ou nK)m&.j^i^Bfii^i Si Toni^rend terciigfe^ ainsi» il y a un tel oontrasteenti^ hommede ces livres et Vhùmtm des tranchée» que l'on veut imaginer quelque mira<^ surhumaini par où revient Yidée toujours si puissante de la guerre décrétée surhumaine'ment» et par oonsequent inévitable. C'est pourquoi je M po^rais jdtnais expliquer trop longuement le mécanisme des Passions et sed redoutdUe^ enets. Il ^ut ^ ^^^Sl^à ■ qua y^ML^^^^flUff Ic ij^'^*' s^^^^t de k chose est dam \é^l^M^4pPo^Sfi^ t^Dbsca^SI et aeiex cachée "/ maJfiré 1 apparence»^ Ln attendajiFque vous ayez ^àm |et s^!is de ce protond ouvrage» inexpliqué ici la mâme doctrine surtout piur dc^ exemples» et sans venir au détail de la structure du corps humain.
Je dois dire d'atx>rd là-dessus que cet homme si souvent déarit# qui suit en toutes ses actions les calculs ^ Tint&êt» je ne 1 ai jamais ren<^ contré. Chacun a éprouvé plus ou moins les étranges ^é^^|fe|j^^S on peut mourir d'amour, vouloir mourir d.am€mr, voiiioir tuer et tuer i ce qu'on aime, ce qm revient à se jeter, par convulsion et révolfé, dans >s un malheur phis profond et plus irrémédiable encore. Observez bien ^ en quel sens ces fureurs sont guerrières, au sens entier du mot. Oui le jaloux s'élance intrépidement contre son propre intérêt, comme s*il prenait plaisir à se déchirer lui-même. Je n'insiste pas sur les farouches plaisire de la vengeance, dont je ne puis guère parler que fiargaîdifer; . mais il est assez connu que ce sentiment fut accepter de grandes souffrances» avec l'espoir d'en inspirer de pires* Il est aate^ clair aussi
qu*en toutes ces passions, il y a, dans le fond du cœur, un pressenti*ment de l'acte redoutable, et une sorte de fatalité qui fait horreur. C'est moi, et pourtant c'est plus fort que moi, ce que le mot Passion exprime si bien.
La colère est la forme commune des passions dans leur paroxysme ; de toutes, même de la peur. Et c'est là qu'on peut voir comment l'homme arrive vite à oublier squ intérêt prudemment calculé, et même sa propre conservation. Il est ordinaire qu'une colère, même née de petites causes, nous porte à des actes extravagants, comme de frapper, de briser, et même d'injuri er des choses. Et j'ose dire que le plus pro-
ond deCJa colère est la colère d être en colère>et de savoir qu on s y jettera, et de la sentir monter en soi comme une tempête physique. Le mot Irritation en son double sens, explique assez cela, si l'on y pense
vec suite. L'enfant c rie d e plus en plus fort principalement parce
Je veux encore vous rappeler quelques folies des passions, toujours contraires à l'intérêt et souvent à la conversation ; parmi lesquelles les folies de la peur ne sont pas les moindres, car la peur ai^ yipr^nte tmi^ ^/jours le danger, comme on voit dans une barque. Les discuteurs s irntent pr^que toujours jusqua ianceraes mots quils regrettent. Le joueur, le parieur, le buveur se jettent bientôt à leur passion comme au gouffre, avec l'idée, il me semble, qu'ils sont destinés à cela, condamnés à cela, et qu'il vaut mieux y courir. C'est un vertige à proprement oarler. N'avez-vous pas connu aussi des plaideurs qui plaidaient par fureur, presque sûrs de perdre, mais avec la joie de ruiner aussi l'autre ? Certes on pourrait bien dire, et non sans vraisemblance, que les procès naissent de la rapacité. Mais il y a une poésie aussi dans les procès ; et quand on aurait médité comme il faut sur l'huître et les écailles, on ne serait pas encore protégé contre l'obstination plaideuse, qui se noie en noyant l'autre. N'est-ce pas la guerre en petit ?