‹ Mars; (volume 2)Chapitre 86 sur 91 · PAR LES CAUSES · texte numérisé non relu

PAR LES CAUSES

Où tendent tous mes discours ? A faire connaître ia i cames relies, ce qui détournera du Fatalisme religieux, est hxn fort, et voici par quel mélange. D'un côté ceU périodique, que chacun déplore et à laquelle chacun coti fait par des volontés humaines, et contre les volcHités hu suffirait de nier et qu'on ne peut nier ; que l'on prévoit arrive que mieux ; qui réussit par les précautions que l'or elle : qui s'impose parce qu'on la craint ; qui, parce qu e comme une fïjlie. Et cela jette, les uns dans l'attente i autres dans une im[>atience à marcher selon le destin. I autres pensent, à la manière de Tolstoï, que 1 histoire quelque loi cachée et inéluctable ; ainsi le Surhumain ! dessus des fumées.

D'un autre côté le souvenir des héros morts, la gloi et les parades éveillent, dans l'âme la plus froide, des et cibles ; la force humaine est adorée ; j'insiste ; non j acceptée comme nécessaire, mais bien réellement adorée le seul culte à présent ; aucune autre religion ne modèr celle-là ; et qui ne trouve pas d'incrédules parce qu'elle d'insensibles ; le seul moyen d'échapper k cette fête < était de n'y pas aller. Par de telles émotions que le sou^ bien, la Fatalité est embellie. I! se forme une mystique d un fanatisme. Un pessimisme enthousiaste, telle est i doctrine.

Contre quoi je dis qu'il faut comprendre par les cause contre l'émotion, qui est esthétique, analyser le rythir comprendre le prix de l'ordre humain, pour l'homme encore plus pour l'homme acteur ; saisir ce singulier

pourtant explicable, d'après lequel, les émotions faisant preuve, le culte fait être le Dieu. Imaginer donc, et préparer dautfes. fêtes. 11 est eftrayant de penser que la masse ne œnnaît pas d'autre mystique agissante que la militaire. Gir le beau est souverain sur tous, et ainsi notre laide industrie est bien plus nuisible qu'on ne croit.

Pour ce qui est maintenant de ces guerres toujours annoncées, toujours préparées, et de ces mauvais prophètes auxquels l'événement donne enfin raison, dites-'Vous d'abord qu'autant qu'ils persuadent» l'év^ement arrive, puisqu'il arrive par les bonunes. Et surtout comprenez pourquoi; tous ceux qui aiment le pouvoir aiment la guerre au fond d'eux-mêmes, et ainsi, sans se l'avouer toujours, mettent toutes leurs espérances dans le Grand Jeu traditionnel, où en etfet les G>nseils de Guerre et les G>nseâs de Paix vont k la même fin ; et que, par la négligence des citoyens, ce sont toujours des honunes de cette espèce qui dirigent les choses humaines, qui les expliquent, qui les annoncent. Que les chefs de giMrre vont à la guerre en esp^ance, non pas seulement parce que la menace de guerre leur donne puissance, mais aus^ parce que la guerre même les fait rois, sans contrepoids» contre un risque acceptable, et d'autant moindre au'ils sont plus avancés en l^e et en grade. Par ces vues apparaissent les remèdes, à U portée de chacun ; car il suffit de se refuser à croire. Encore une fois, dire non.

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