‹ Mars; (volume 2)Chapitre 88 sur 91 · VOULOIR · texte numérisé non relu

VOULOIR

Relisant ces jours-cî rimmortel Phédon, je revenais à ces penseurs

sans courage, qui sont toujours à attendre quelque preuve qui les dispenserait de choisir. Trop commode, si nous étions une mécanique à penser, et si la Justice et la Paix, aussi bien que les autres Idées pures et sans mélange, étaient de force à vaincre les doutes et à subjuguer l'âme. Mais Socrate ne voulait point dune âme esclave ; et personne n*en voudrait, de ce triste penseur qui dirait : « La Justice est la plus forte ; la Vérité est la plus forte. »

A bien regarder, et comme le puissant Descartes l'a si bien dit, les Idées sont faciles à concevoir, mais difficiles à accepter. C'est que pendant que nous attendons leurs preuves, elles attendent notre choix. Nullement semblables à ces cailloux petits et gros qui s'imposent si bien par la blessure ; ceux-là existent terriblement ; oh oui ; ils n'ont pas besoin de notre consentement. Pesant sur nous, et nous faisant violence ; indiscrets, pressants. Et l'injustice de même, et la guerre de même ; par les faits innombrables, et par ce genre de preuves qu'on peut tirer des faits, elles se répètent et crient à nos oreilles que la Justice n'existe pas par elle-même. Cependant la Justice et les autres Idées, et le Droit, et la Fraternité et la Paix attendent comme suspendues. Elles attendent que nous les choisissions et voulions. Par notre volonté seulement elles seront ; le Verbe s'est fait chair, une fois. C'est un modèle. C'est un miracle qu'il faut refaire, et qu'il faut maintenir. Laissez aller les choses, vous aurez un mécanisme et une violence inévitablement. L'Esprit seul peut faire la paix ; toutefois non pas sans vouloir. Mais les hommes sont mal instruits. Instruits par les preuves de fait, qui certes n'ont pas besoin d'un consentement. Instruits de ce qui est, sous l'idée qu'on peut bien changer ce qui est par industrie, mais à la condition de l'acœpter et de le servir d'abord. De là ces

la Famille porte tout. Mais ce n'est que la condition inférieure» grande seulement par ce qui la dépasse. Riche de promesses ; mais incapable de fleurir d'elle-même en honunes ; en animaux seulement. Elevée et tirée hors d'elle par l'amitié et par la coopé ration, mais toujoiu^ retom-* bant à la nécessité biologique, fTtli'ff pf^* m^r^'anlTWjvmr. gui^ d^Vr ronné, n'est n"^rfflljiBfrt Jilliirr^lf- 11 f&ut cette grande secousse de la rame, qui les remet a hauteur de pensée.

Mais qui ne peut les y tenir. La Patrie ne serait qu'une horde, sans

les TggMl Ifiiji rwiWliBfij} t*ncore arïîmiae, cette tureur de mounr.

onnee seulement par les idées et inventions humaines ; généreuse par l'I^umanité. Découronnée, la Patrie retcnnbe à la nécessité biologique, sous l'idée de race. Et l'idée de race se détruit comme idée, puisque la nom&l^xle race suffisant a tout,ni^ufeimpul8ion est vraie et bonne. De là cette prodigieuse sottise, et ridicule, et mortelle pour la Patrie même, chez ceux qui se limitent là. La Patrie sans ^ couronne, c'est quelque chose d'animal encore. Une Patrie est pensante et puis-

;^mànte peLT y^J^^ Non point par 1 Humaniteen espé-

iPance, mais par Inumanite présente. Le choix est déjà fait. Qui ne sent plus l'Humanité réelle, comme au bout de ses doigts, celui-là n'est plus un homme. D'en bas vient la Force, j'en conviens ; mais d'en haut la Lumière. Une force sans pensée fait rire. Ce n'est que folie animale. Comme on voit en ces peuples naïfs que les petits sociologues admirent. Mais ces peuples sont ignorants et cruels, et sans aucune puissance. Preuve que ceux qui subordonnent la Patrie à THuinanité

î /sont dans levrai. a parler strictenient.Mjiaiis,jLUCune hv^ Car

'/ Teiprit d Archimede est la lorce des torces.

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