‹ Mars;Chapitre 32 sur 99 · DES SOTS · texte numérisé non relu

DES SOTS

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L'ImnôTlOiiçe convient niix aots^ M^a on ne natt point sot ; non que je croie que tou^ lea honfunes naissent égaux ou semblables ; tout au contraire JQ croit w'S y f^ une perfection de chacun» qui lui est propre, çt q^ est absQliymnt pelle et louable, sans qu'il y ait lieu de décider lequel vaut le mieux d'un berger parfait ou d*un ingénieur parfait ; jg

ces eomparaîafma n'ont point de aens. Tout homme est parfait autant O

qu'il dév^oppe sa nature ; et tout homme est sot autant qu'il imite. P

Et comme I Imp^ftanee se gonfle de tout ee que les circonstances lui ^

apportent, et fait iabot de tout, il faut dire que Tlmportanee rend sot. ^

Ç'ast poiir^^ ift n*ii)iurie en oes prç^ios aucune nature d'homme ; ^

ÎQ n'f^ fâ m h dss outrea vides,

Cette imfrQi bi^n elairemenf. sous nws yeux, a défiait son propre ^n^ k dirak mieuis ^m prwre paraîtra, Premièrement elle a séparé av^ vifskmi^ hf ImportAnl^» Ifs a habillés et marqués, Ifis a condamnés à s'imiter les uns les autres ; ainsi Télite s'est rassemblée, fortifiée en 2l

apparence ; l'élite s'est affirmée en importance, et s'est niée en puis*- Z

sance, ce qùà s'est vu dans les actes et dans les discours de Messieurs ^

les Importants, plus ridicules de four en jour par le contentement de soi et par l'approbation forcée, le plus haut Important étant bien clairement le plus sot. Tous, sans exception, ont perdu un peu durent qu'ils avaient, un peu de la science qu ils avaient, un peu de leur grâce naturelle ; beaucoup ont tout perdu. Quelques sots achevés, peut-être, n'avaient rien à perdre en cette redoutable épreuve ; mais il y en a moins qu'on ne croit.

Je n'en vois qu'im, parmi les chefs, qui ait échappé k la Sottise, et parce qu'il n'a point voulu de l'Importahce. Aussi a-t-il terminé la guerre par son énergie propre, et contre les Importants de tout grade, qui feraient durer toute guerre par une secrète affinité entre leiu* genre

de mérite et ce genre d ordre. Et le redouté vieilkrd e^ propre à bien faire comprendre, par contraste, ce que c'est qu*un sot ; car il est aisé de dire ce qui lui manque ; mais c est temps perdu, car rien ne lui manque de ce qu'il pouvait être ; et toute sa nature s'étant développée en liberté et force, par négation et mépris de toute importance, u est donc parfait en sa nature, comme un beau cheval est cheval. Scandaleux et seul en cette société d'outrés vides. Je suis ainsi fait que je ne crains jamais ce genre de tyran, qui tyrannise par la puissance (fe sa nature propre. Les choses humaines Vont ainsi que, quoi que dise ou fasse un tel homme, il affirme toujours ma puissance en même temps que la sienne, et, par sa manière, élève chacun au vrai niveau, et précipite toutes les Importances. Et chacun de nous a pu éprouver, dans le détail de l'action, que toutes les fois que, sous l'Importance, im homme se montrait encore, aussitôt chacun était délié d'esclavage.

Ce qui est odieux, c'est cette Importance qui attend tout des autres et de l'événement ; qui forme société d'approbation, d'imitation, de récitation. Comédienne, emphatique, menteuse. Poussant k la guen^, parce que c'est le règne de l'Iniportance ; mais épouvantée devint leterrible vidage. Aussi, par un jeu d'apparences étudié^s^ cachant le visage terrible. Nomniant cette faiblesse Volonté et Force. Ferme en son Néant. Petits et grands, vous les avez subis, mes camarades ; vous avez rencontré ces formes humaines, décidées à ce qui est ; immuables par le rapport extérieur, comme sont les machinés ; creux, inertes, liehês, impitoyables. Ep eux s'exprime l'esprit de la guerre, négateur de soi et mécanique essentiellement, jusqu'à ce point qu'ils se prépaient maintenant à dire qu'ils l'ont voulue ; ainsi se consommera l'abdication.

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