‹ Mars;Chapitre 33 sur 99 · DE L'HISTOIRE · texte numérisé non relu

DE L'HISTOIRE

Qui écrira Iliistoîre rédle de cette guerre ? Mais premîèremait le témMgnage des officiers doit être rejeté, car ils nont vu que leur pou* voir. Et de plut il faudrait trop deviiier, car presque tous les documents sont (aux, et volontairement iaux ; il faudrait donc exposer seulement les résultats qui sont de notoriété» et les rattacher directeihent à des àùiaes supposées» mais d'ailleurs systématiquement niées. Ce ne serait l j^

qaun pamphlet, et trop facile à réfuter ; sans compter que Imteur O

de cette histoire réelle devant être étranger au m<mde militaire et aca-* Ç

démique, serait méprisé et même ignoré. Il vaut donc mieux s*en tenir k l'analyse des causes, d'après l'observation de la conunune nature h

hiunaine, contre quoi les faits ne peuvent être allégués, puisqu'il s'agit de les expliquer tous, quels qu'ils soient. Et le fait tout nu ne décide ^

rien ; par exemple des honunes courent ; mais s'ils fuient ou s'ils ;*

attaquent, c'est ce que le fait ne dit point. C'est pourquoi, au lieu ^

d'essayer' de prouver, je propose. Et que chacun, de bonne foi, lise les U

faits d'après cela. ... ^

Le trait dominant chez les chefs,^ autant que j'ai pu voir, c'est la Z

paresse, fruit du pouvoir absolu. Faire travailler les autres, faire sur-* «^

veiller le travail, faire juger les surveillants et même le travail fait, tel est le métier de chef. Par exemple celui qui ordonne de creuser un abri, en tel lieu, ne saura jamais qu'on a rencontré du roc et usé des pioches ; il n'y pense même point. Et cette méthode, qui rend ingénieux, patient et obstiné celui qui exécute, produit les effets contraires en celui qui ordonne, car il ne s'exerce jamais contre le roc, ni contre l'eau ; il s'exerce seulement contre l'homme ; mais, par l'institution militaire, la discussion n'étant pas permise, et la révolte étant punie de mort, il n'y a point de vraie résistance ; le moyen est simple et toujours le même ; aussi fait-'il des esprits enfants. Ainsi la volonté, l'esprit d'observation

et de vigilance, le iOgjêiTieht dnfiil ié retifeiit de céUK qui ordonnent. De là des erreilr^ iilcfoysibles, tt qui même aCchbleht Te^prit, tant qu*on ne remonte pas aux causes.

Une conséquence de cette Somnolence Essentielle, c*est que l'actif vite politique seule {ait marcher la guerre, qui par elle-même tomberait à un massacre diffus, sans progrès et sans fin, comme on a vu en de longues périodes. Car le pouvoir suffit au chef ; il en jouit à chaque minute ; les signes l'occupent. Cet ordre rétabli, cette Importance restaurée sont aussitôt des fins, et la véritable fin est oubliée. J'ai vu de jeunes officiers, et qui ne pensaient pas assez aux Pouvoirs, chercher de bonne foi si une batterie ennemie était ici ou là, au lieu d'examiner si c'était un commandant ou un colonel qui disait qu'elle était ici du là. Mais c«6 étoumeâux n'avancent point. Aussi voitHon cjUe la guerre est aimée pour elle-même par l'Ambitieux, qu'il né songe jamais réellement à la terminer, et qu'enfin les moyens d'industrie et nou^ veaux qui ne tendent point à fortifier lès Pouvoirs^ mais à vaincre, inspirent à tous ks chefs qui sont vraiment chefs une défiante et mèmk une aversion qu'il faut comprendre. Sans quoi le citoyen reste accablé par le spectacle de la chose meurtrière» stupide, inhumaine ; dont inévitablement il accuse quelque Fatalité supérieure.

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