MONSIEUR L'AUMÔNIER
Porleraï'ie des aumôniers k trois galons ? Il le faut bien ici à me défendre contre des passions vives. Cette guerr chez tous les Politiques de l'Eglise un espoir immense. C'éti de la terreur et de la mort. N'oublions pas les petites cau& contribué aussi à jeter les curés et les moines dans une belliqueuse. Opposition au gouvernement laîdsateur, et i aux radicaux et aux socialistes. Flatterie h l'aristocratie miii le prêtre est cbez nous le précepteur ordinaire. Espoir aussi i cfiangement «près une grande catastrophe ; si uk-dessus trompés ou non, nous le verrons bien. Toujours est'il que à trois galons, coiffé de son ridicule bonnet de police, s'es dans les rues du village, tirant son cheval par la bride, sali nellement, mais avec la rudesse militaire. Ces effets du thé semblé horribles. Et ici, contre ces insignes du pouvoir le p portés avec arrogance par les représentants du pouvoir s; n'ai pu me priver d'être insolent. En revanche j'ai fait amit prêtre héroïque qui ne portait point de galons du tout. Mai n'est que comédie, bien ou mal jouée ; affaire de goût. Qu'; chevet d'un mourant ? Que s'y passe-t'il ? Je ne sais ; je n inventer. Mais deviner plutôt le ressort caché de cette polit siastique, qui pousse k la guerre, et qui jouit de la guerre, cor de l'Evangile.
II y a un certain esprit religieux, qui n'est pas le meilh s'accorde avec la guerre par le dessous, comme on peut vo bon nombre d'officiers que je prends pour sincères. D'abord que l'homme n'est pas bon, et, en conséquence, que l'éprei dure est encore méritée. Aussi l'idée que, selon l'impénétr* de Dieu, l'innocent paie pour le coupable. Enfin cette idée
notre pays, léger et impie depuis tant d innées, devait un grand sacrifice. Sombre mystique de m guerre, qui s'accorde avec Fcnnui, la fatigue et la tristesse de Tâge.
Autre idée, non moins mystique malgré Tapparence, mais plus commune et plus redoutable, c'est que ces grands mouvements des peuples ne dépendent pas plus de notre volonté que le vent, la pluie ou e volcan. 11 raut faire plus d*une fois le tour de cette idée, à laquelle Tolstoï prête sa poésie contemplative. Mais qui ne voit que cela revient à s'abandonner aux passions, k les oonsidérer même» à la manière des héros d*Homère, comme le signe des Dieux ? Mesurez, dans ces âmes Sibyllines, la puissance d'une colère que l'on prend comme un signe de ce qui va être, et de ce qui va être par cette colère même. Les âmes passionnées agissent tontes soi» cette Idée Fataliste* Mais combien l'ivresse fanatique est encore plus puissante kursque la passion se multiplie dans la foule et rebondit d'un homme à 1 antre, en cris, en gestes, en actions l C'est alors qu'ils disent et qu'ils pensent que Dieu ^ est avec eux ; et peut-être, comme Proudhon le pensait, l'idée de Dieu
I vient-«lle justement de là. « Dieu le veut » est un cri de guerre qui
^ exprime ^pios d'une vérité.
I J'ai observé plus d'une fcHs un prêtre ou un pasteur, plus décidés, plus
J frivoles en des fnropos purement militaires, que ie ne croyais possible
q pour un homme. C'était mieux que de vieux hommes de guerre m"
^ durcis par vingt campagixes. Il y avait une espèce de modestie et tin
silence de la doctrine devant œtte réalité oraculaire.