‹ Mars;Chapitre 59 sur 99 · DE LA MISANTHROPIE · texte numérisé non relu

DE LA MISANTHROPIE

Un koRttie de cbK]UUite ans, cet âge est sans pitié, disait auprès six mois ^cle guerre : « Il fiait bon ^irre ai ces tenqisKâ. > U voulait dire que ccftfee lx«¥e jeunesse lui réchaaflait le coeiur, et que» par radnûra" taon, il J^ trouvait délivré de la tnstesse* U serait bien facile de 8*inclinier là-dessus, en disant que le pJaisir du spectateur, en tous les jeux violents, est un plaisir de lâche. Et tout scddat a souhaité» un jour ou an autre;» que les civils reçoivent aussi quelques coups, qui les détournent de ae réjouir du malheur d'autrui. Mm ces aigres sentiments doivent être oubliés, ou mieux, dissous par une exacte analyse* La guerre vient principalement de ce que Ton suppose trop vite une méchanceté duis les autres* Jugeons donc avec faveur œ bilieux grisonnant.

U y a uflie crise d'a|^, chez k nale de Tespèce, et qui termine tout à fait sa jeunesse. Les anciens, plus attentifs que nous à la nature humaine, parce qne les sdenoes les accablaient moins, écrivaient volon-* tiers sur 1 art de vieillir. C'est un fait assez connu que le vieillard loue sa jeunesse et blâme ce qui Tentoure. C'est un effet de l'expérience qui enlève, comme on dit, beaucoup d'illusions ; mais c'est un effet aussi des humeurs, qui disposent aux passions tristes, et enfin d'une avarice vitale, qui détourne de croire à la générosité.

Voilà un homme qui, selon la vraisemblance, a éprouvé en lui-même l'élan du courage et le mépris des petits intérêts, cette poésie enfin qui rend la vie belle. Il a changé et il croit que ce sont les hommes qui ont changé. « U n'y a plus de foi », c'est le mot de la cinquantaine,^ si elle n est pas soutenue, par des principes fermes, contre la nature défaillante. De quoi le naïf accuse les moeurs, les lois, les romans, les journaux, tout excepté lui-même. Il ne manque pourtant jamais de héros en aucun temps, contre le feu ou contre l'eau ; ni d'enthousiastes pour la justice. Mais cet oeil fatigué voit les choses en grisaille. D'où vient que

expérience arrivent presque toujours k cette doctrine laquelle l'homme n'agit jamais qu'en vue de sa propre !Iette brillante perspective, au bout de laquelle se nwHitre Ue, conduit à des rêveries peu agréables qui réagissent ur un estomac déjÀ fatigué. Tous les dangers sent grossis, ontre lesquels le courage des jeunes peut seul quelque est usée ; ta France est vieille ; déjà ils voient l'ennemi e. J'ai entendu plus d'une dédamation de ce genre, et me les poltrons sont redoutables ; car la jeunesse doit on fouettée, et rafraîchie, non échauffée. Ces vieillards e feu.

je comprends que l'expérience décisive, les espérances

!>reuves accumulées, l'impossible devenu ordinaire, que e les guérisse de cette ptauvre sagesse ; et même je crois alors en eux, par la contagion, par le bonheur d'admirer,

nécessité, comme un supplément de vie qui noie leurs lira oue c'est être brave k peu de frais ; mais ils n'espé' nt d eux-mêmes. Je crains les faibles.

un récit qui n'est sans doute pas plus vr^ que tant lons-le comme une. scène de théâtre. A un conseil de ^aux expliquaient qu'un succès d'importance, mais non

coûterait cent mille hommes. Ils ne décidaient point, usiaste dit : « 11 ne faut pas hésiter. Payons œ qu'il faut ind Chef, vieillard non sans défauts, certes, mais assurér, regarda un bon moment celui qui venait de parler, et

silence est beau, u Nul ne m'a condamné à faire l'acteur lit MarcAurèle.

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