LACHES PENSEURS
Mes maîtres ont bien gagné leur argent. Je dis tous. Il est vrai que le seul qui ait eu de la grandeur laissait voir un beau secret ; mais il le cachait trop, à lui-même aussi, d*où Tempire qu'il laissa prendre à sa propre fatigue ainsi qu*à des passions militaires, ce qui fut scandale pour moi enfant ; mais impénétrable. Paix sur celui-là qui, dans la réflexion du moins, ne s'avilit pas. Mais les autres furent lâches, travaillant de pensée à accepter tout et à s'accepter eux-mêmes dans leur être immécÛat. mon Mépris de jeimesse, enfin je te reconnais.
Imaginez un psycholosue, si vous pouvez. C'est un historien de l'âme, pour qui penser n est rien de plus que savoir ce qu'on pense. Cette froide lumière dont il s'éclaire ne fait rien et ne change rien. Quand il faudrait agir, il décrit ; quand il faudrait vouloir, il cherche à prévoir. Disant en guise d'opinion, et ce faible mot est encore trop fort : « Voici ce que je pense pour le moment ; je ne garantis rien ; quelque fait nouveau me changera un peu et peut-être beaucoup ; je ne sais pas tout et je n'ai pas tout lu. Voici trente opinions sur Platon ; elles s'accordent mal ; je le regrette, mais je n'y puis rien ; c'est ma fierté de n'y rien pouvoir. Il y a un régent anglais, il y a un pédant allemand qui ont écrit quelque chose que j'ai lu, et il faut que ces choses prennent place en mes pensées ; bien ou mal» voilà où en est cette marqueterie pour l'instant, rreuve i|ue je suis savant et très savant. »
Chose étrange, ces penseurs mourants ne retrouvaient quelque énergie que pom* renvoyer à leur barbarie les héros de pensée qui, chacun à sa manière, ont dit ou laissé entendre que Penser c'est Vouloir, conune Platon, Zenon, Descartes. Car, se réveillant un peu, ces penseurs fatigués allaient jusqu'à dire que supposer l'homme libre, fût-ce en ses pensées, c'était une bien grave supposition, et bien gratuite. Cela ne me naraissait que misérable, et je trouvais seulement qu'ils mettaient un bien long temps à mourir.
Ces mourants anl tué beatiooup d^^iAmes» EsAydns de suivre ces penseurs sans Jugement dans les Iîm{>es où 3s veulent nous promener. Adorateurs du Fait, en eux-mêmes et autour d eux. Décomposants et décomposés, d après la sévère loi qui exige que les parties aient encore I des parties. Amsi laissant agir en leurs pensées toutes les forces exté-
rieures ; et donnant à la Nécessité figure de Raison. Non pas seulement en ces choses qu'il faut subir, comme la pluie ou la neige, mais ^ en ces choses qu'il mit vouloir et qui ne seront que si on les veut,
conune Justice et Paix. Le tout mêlé. Tfavail de Haute Police» que je n avais pas assez compris, mais qu'ils m*ont assez expliqué en ces tristes années.
^ HéSmiciè triste», pr<yf<mdémexit tristes par cette pensée omveirti a
 téus Vents ; et, fauté d'ortln^s bien nrécîs, pensant leur phipi^ humeur,
"i et se rêjiftrdânt vieillir au dedakis. Toute Kireur s augmente àh i|ueUe
^ eM aeèeptéè ; la loi de ces pensées sans couri^ est qu'elles vont i un
'^ genre èe ^né^e, ddtit TandMtion, Tintéiét tet la pudeur le6 «ardent mal
Ausu ài-je Vu T^us d'une colère dans ces yeicc inquiets. 0>ntm tout
Wi
^ ée qui espère, contre tout ùe qui ose, contre tout ce qui veak. Cei^tre
' jeunesse ^i reste jeune \ contre vieillesse qui reste jeun^ £ux aigres^
^ ambitieux^ àoeablé^, égarés^ Maïs ia Force extérieure,, avec son vrai
visage etrnti^ les a délivrés par la puissance de l'Ondhre Ecrit. Ainsi trouvât leur être vrai, en oe déchaînement mécseaûque^ ils tsiit retrouvé p^issfttKe en k So^imissieti Forcenée. Ce n'est pas ici un portrait» mais plutôt un miroir pour chacun. Car qui «st «ans fiaiKe >