‹ Mars;Chapitre 60 sur 99 · LACHES PENSEURS · texte numérisé non relu

LACHES PENSEURS

Mes maîtres ont bien gagné leur argent. Je dis tous. Il est vrai que le seul qui ait eu de la grandeur laissait voir un beau secret ; mais il le cachait trop, à lui-même aussi, d*où Tempire qu'il laissa prendre à sa propre fatigue ainsi qu*à des passions militaires, ce qui fut scandale pour moi enfant ; mais impénétrable. Paix sur celui-là qui, dans la réflexion du moins, ne s'avilit pas. Mais les autres furent lâches, travaillant de pensée à accepter tout et à s'accepter eux-mêmes dans leur être immécÛat. mon Mépris de jeimesse, enfin je te reconnais.

Imaginez un psycholosue, si vous pouvez. C'est un historien de l'âme, pour qui penser n est rien de plus que savoir ce qu'on pense. Cette froide lumière dont il s'éclaire ne fait rien et ne change rien. Quand il faudrait agir, il décrit ; quand il faudrait vouloir, il cherche à prévoir. Disant en guise d'opinion, et ce faible mot est encore trop fort : « Voici ce que je pense pour le moment ; je ne garantis rien ; quelque fait nouveau me changera un peu et peut-être beaucoup ; je ne sais pas tout et je n'ai pas tout lu. Voici trente opinions sur Platon ; elles s'accordent mal ; je le regrette, mais je n'y puis rien ; c'est ma fierté de n'y rien pouvoir. Il y a un régent anglais, il y a un pédant allemand qui ont écrit quelque chose que j'ai lu, et il faut que ces choses prennent place en mes pensées ; bien ou mal» voilà où en est cette marqueterie pour l'instant, rreuve i|ue je suis savant et très savant. »

Chose étrange, ces penseurs mourants ne retrouvaient quelque énergie que pom* renvoyer à leur barbarie les héros de pensée qui, chacun à sa manière, ont dit ou laissé entendre que Penser c'est Vouloir, conune Platon, Zenon, Descartes. Car, se réveillant un peu, ces penseurs fatigués allaient jusqu'à dire que supposer l'homme libre, fût-ce en ses pensées, c'était une bien grave supposition, et bien gratuite. Cela ne me naraissait que misérable, et je trouvais seulement qu'ils mettaient un bien long temps à mourir.

Ces mourants anl tué beatiooup d^^iAmes» EsAydns de suivre ces penseurs sans Jugement dans les Iîm{>es où 3s veulent nous promener. Adorateurs du Fait, en eux-mêmes et autour d eux. Décomposants et décomposés, d après la sévère loi qui exige que les parties aient encore I des parties. Amsi laissant agir en leurs pensées toutes les forces exté-

rieures ; et donnant à la Nécessité figure de Raison. Non pas seulement en ces choses qu'il faut subir, comme la pluie ou la neige, mais ^ en ces choses qu'il mit vouloir et qui ne seront que si on les veut,

conune Justice et Paix. Le tout mêlé. Tfavail de Haute Police» que je n avais pas assez compris, mais qu'ils m*ont assez expliqué en ces tristes années.

^ HéSmiciè triste», pr<yf<mdémexit tristes par cette pensée omveirti a

 téus Vents ; et, fauté d'ortln^s bien nrécîs, pensant leur phipi^ humeur,

"i et se rêjiftrdânt vieillir au dedakis. Toute Kireur s augmente àh i|ueUe

^ eM aeèeptéè ; la loi de ces pensées sans couri^ est qu'elles vont i un

'^ genre èe ^né^e, ddtit TandMtion, Tintéiét tet la pudeur le6 «ardent mal

Ausu ài-je Vu T^us d'une colère dans ces yeicc inquiets. 0>ntm tout

Wi

^ ée qui espère, contre tout ùe qui ose, contre tout ce qui veak. Cei^tre

' jeunesse ^i reste jeune \ contre vieillesse qui reste jeun^ £ux aigres^

^ ambitieux^ àoeablé^, égarés^ Maïs ia Force extérieure,, avec son vrai

visage etrnti^ les a délivrés par la puissance de l'Ondhre Ecrit. Ainsi trouvât leur être vrai, en oe déchaînement mécseaûque^ ils tsiit retrouvé p^issfttKe en k So^imissieti Forcenée. Ce n'est pas ici un portrait» mais plutôt un miroir pour chacun. Car qui «st «ans fiaiKe >

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