‹ Marseille et les marseillaisChapitre 14 sur 19 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Réminiscences

A M. Georges Rell

Que de souvenirs votre lettre a réveillés en moi, mon cher Georges !t

Oui, ce Marseille de 1840 à 1845 a disparu, comme la vieille cité des Phocéens, de Milon, le meurtrier de Glodius, du médecin Grimas, des héroïques femmes qui parurent sur la brèche pour défendre leur ville contre les bandes du connétable de Bourbon et du marquis de Pescaire, du traître Libertat, du charmant Nioselles, de Belsunce et du chevalier Paul. etc.

Marseille est une ville qui se transforme d'âge en âge, toujours heureuse sur les bords de sa mer d'azur, toujours active et ne se souvenant le son passé glorieux que pour se donner un présent prospère et se préparer le plus splendide avenir!

Marseille est une ville privilégiée entre toutes. Elle est si favorablement assise entre ces grandes collines qui font de son ancien port un vaste entonnoir où les navires sont à l'abri de tous les vents, de tous les orages, de toutes les tempêtes, qu'elle peut attendre avec une sereine tranquillité tous les futurs contingents. Les hommes viennent et changent, modifient, transforment au goût du jour. La nature n'en a pas moins accompli son œuvre et une œuvre dont il faut toujours tenir compte. Dans l'antiquité les plages de Montredon, le vallon des Offes et, tous ces grands amas de rochers stériles qui s'étendent derrière la colline d'Endoume, n'étaient certes pas tels que nous les voyons aujourd'hui.

Vous qui aimez les grands poètes de la vieille Rome, vous eûtes un jour la fantaisie de chercher ce qui restait de la forêt de pins

décrite par Lucain, dans sa Pharsale, à l'époque où César assiégeait Massilie, refuge des Pompéiens. Je vois encore votre figure quand vous revîntes me porter vos plaintes à la Bibliothèque. De tout cela, il ne reste rien, me ditesvous; pas un arbrisseau.

Je me contentai de sourire de votre déconvenue. Vous étiez fort jeune, mon ami, et la jeunesse est à mes yeux plus respectable encore que la vieillesse. Marseille et toute la Provence vous en réservaient bien d'autres. J y avais été pris comme vous et je trouvais dans vos impressions quelque chose de ce que j'avais éprouvé à votre âge quand je me reportais en arrière de vingt ans.

Et voyez, tout ce que vous me dites aujourd'hui vient confirmer ce que je pensais alors.

Voulez- vous que je procède par ordre?

Vous me rappelez cette promenade que nous fîmes ensemble à l'aqueduc de Roquefavour, le grand travail d'art du canal de la Durance, et au chantier des Taillades d'où l'on extrayait la pierre nécessaire à cette construction cyclopéenne, en tirant un utile parti des grandes nappes d'eau limpide trouvées sous le sol. Cette

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promenade, entre ingénieurs et artistes, il me serait facile de la raconter aujourd'hui avec autant de précision que le lendemain de notre retour. Les moindres détails sont encore présents à ma pensée. Les yeux de la mémoire voient souvent aussi clair que les yeux du corps.

Nous partîmes en assez nombreuse compagnie. Je n'ai oublié ni vous, mon ami, ni ce charmant Robert Taylor, Anglais amoureux de notre Provence et de Marseille surtout où il avait fait aimer le génie, l'activité, et l'industrie de sa nation en fondant cette belle usine que vous avez connue sur le chemin de Toulon, berceau des forges et chantiers de la Méditerranée, — ni mon frère que tout ce qui touche à Marseille et dans le passé et dans le présent intéressera toujours vivement, — ni les quelques autres amis qui avaient voulu venir donner un encouragement aux travailleurs. Je n'ai point oublié surtout que nous avions avec nous les principaux exécuteurs et les vulgarisateurs de cette œuvre colossale, — notamment son inventeur, M. de Montricher, et l'homme savant et spirituel qui l'a révélée dans ses moindres dé-

tails, M. Lepeytre, secrétaire général de la mairie de Marseille. Vous le voyez, j'ai le souvenir fidèle et si le canal ne portait pas, déjà depuis longtemps, les eaux de la Durance à Marseille, si ces eaux n'avaient déjà métamorphosé toutes les campagnes qui forment la banlieue de ma chère ville natale, je pourrais, étape par étape, vous redire cette excursion qui ne fut pour nous tous qu'une succession non interrompue d'émotions et de plaisirs. Nous arriverions ainsi au banquet qui couronna cette heureuse journée, après notre descente dans les tranchées des Taillades. C'est là que vous m'attendez, je le sais. Vous croyez peut-être que je ne retrouverais pas les vers qu'à la fin du repas j'écrivis sur l'album de M. de Montricher? Erreur, mon ami. Ces vers que, selon vous, les échos de la Durance rediront aux passants, — aussi longtemps que le matelot marseillais fera fumer la bouille-à-baisse, — dès le lendemain, M. de Montricher avait la bonne pensée de m'en envoyer une copie écrite de sa main. Je la garde comme un autographe précieux. Car, son œuvre accomplie, M. de Montricher est mort prématurément, lorsque s'ou-

\ raient devant lui les perspectives du plus brillant avenir. Vous le savez, il ne fit aucune attention à la maladie qui rongeait ses organes tant que les travailleurs de la Durance eurent besoin de lui. Et quand il voulut aller refaire ses forces épuisées sous le ciel réparateur de Sorrente, il était trop tard...

Grâce à cette copie Je puis transcrire ici les strophes que vous attendez:

A M. DE MONTRICHER.

Elle s'accomplira cette œuvre grande et belle! Vous avez apporté sur la roche rebelle Le glaive de l'Archange et le feu des démons : L'eau trouve sous vos pas des routes inconnues : Votre main a creusé des sillons dans les nues, Et des abîmes sous les monts !

Je viens de voir assez de montagnes brisées Pour bâtir aujourd'hui quarante Colisées Élevant vers les cieuK un front aérien; Mais vous avez vaincu l'architecte de Rome, Car nous préférons tous l'œuvre qui sert à l'homme A l'œuvre qui ne sert à rien.

Une armée, avec foi, par votre main guidée, Poursuit aveuglément votre invincible idée • La flamme du mineur sort de votre regard ; Grâce à vous, architecte à la profonde entaille, Nous pouvons contempler du haut de notre taille L'humilité du pont du Gard !

Lorsque votre marteau de conquérant s'approche, On sent trembler la terre et palpiter la roche ; Vous courez devant tous, léger comme le vent ; Et, donnant à chacun la récompense due, Vous passez à travers la montagne fendue, Et vous leur criez : En avant !

Marseille ne sait pas que votre main apporte. Comme une coupe d'eau, tout un fleuve à sa porte Sur des arcs triomphaux créés par des volcans, Et que cet avenir qui déjà nous invite Ne sera, dans ce siècle où tout marche si vite, Qu'une semaine de cinq ans !

Je ne serai pas aussi heureux avec les vers que vous me rappelez sur le pont du Gard. Souvent, dans plusieurs de mes œuvres, j'ai eu occasion de parler de cette merveilleuse

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signature que le peuple Romain à laissée pour l'admiration <ios siècles en passant dans nos Gaules provençales, notamment dans Ulric d'Audurze. Mais j'ai oublié les vers, après les avoir publiés clans la Revue de Paris, — en 1834 si ma mémoire ne fait pas erreur.

Au reste ce fut une bien étrange semaine que celle de notre excursion à l'aqueduc de Roquefavour. Si j'avais jamais eu le temps d" écrire des Mémoires, elle aurait occupé une grande place dans mes fastes domestiques. Nous étions à ce moment de l'année si curieux à observer dans notre Provence et en même temps si précieux pour nos campagnes où le printemps méridional toujours fort court va faire place à l'été et à un été torride. Cette époque, qui dure quinze jours à peu près et varie de la fin.de mars à la fin d'avril, est toujours signalée par des orages formidables qui fondent sur la ville de Marseille, et en quelques heures transforment les rues en rivières et les places en lacs. On ne peut plus aller d'un point à un autre que sur des ponts improvisés, et de toutes les portes on voit alors sortir les ménagères une planche à la main pour venir en aide

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aux passants. Gela dure une demi-journée tout

au plus. Les eaux en s' écoulant dans les égouts nettoient la ville plus radicalement que tous les balayeurs réunis par la municipalité et après il n'y paraît plus.

Or, quand nous revînmes de Roquefavour, Marseille venait de subir un de ces orages. Toutes les rues étaient noyées; F atmosphère rafraîchie nous ramenait aux derniers jours de l'hiver. Et comme si le phénomène avait été une rareté, on ne parlait pas d'autre chose dans les cercles et les cafés. Il est vrai que contre son habitude, l'orage n'avait été accompagné ni déclairs ni de tonnerres. Si l'électricité avait joué un rôle dans ce déluge, le rôle avait été silencieux. Ce silence inaccoutumé était ce qui préoccupait le plus les Marseillais, gens habitués comme leurs ancêtres, les Grecs et les Romains à tirer des augures et des pronostics de tous les accidents naturels.

Le lendemain, je fis une visite à mon excellent ami, Gaston de Flotte, dans sa maison des champs, à Saint -Jean -du -Désert. Gaston de Flotte est un poëte qui aime à voir autour de lui tous ceux qui aiment et cultivent la poésie

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et les lettres. Il est depuis vingt ans l'ami de tous les littérateurs Marseillais. Je trouvai dans sa maison et assis à sa table hospitalière, J. Autran, l'auteur des Poëmes de la mer, de Milianah,

qui rêvait déjà d'écrire ses beaux livres la Vie rurale et Laboureurs et soldats, — Sébastien Berteaut qui venait d'être nommé secrétaire de la chambre de commerce, sans toutefois renoncer aux lettres, — Adolphe Carie. qui n'a eu qu'un tort, celui de cacher infiniment d'esprit et de talent dans une existence provinciale obstinée, — G. Bénédit, Fauteur de Chichois, cet immortel chef-d'œuvre de la langue provençale, etc.. etc. Vous nous manquiez, mon cher Georges, autrement vous ne me demanderiez pas où j'ai écrit les vers que vous m'envoyez et que je transcris :

A GASJON DE FLOTTE

Poète agriculteur, aux peintures magiques Qui sans négliger Dante, aimez les Géorgiques, Dites-nous si la pluie a fait du bien au sol... Or, pour moi, j'avouerai que ce bien-là m'ennuie, Car je ne hais rien tant qu'un soyeux parapluie Et j'adore le parasol.

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Du parvis des Chartreux jusqu'à la Cannebière La pluie a ruisselé comme ces flots de bière Qu'on nous verse le soir pendant que nous fumons. Un seul acteur manquait à cette scène humide, Le tonnerre... 11 a pris un naturel timide Ou s'est endormi sur les monts.

Qu'est-il donc devenu, ce sublime tonnerre":' Est-il destitué comme fonctionnaire < Pour avoir mal voté dans la chambre du ciel ? Aurait-il des éclairs d'une couleur carliste? .le n'ai pas vu son nom sur la dernière liste Du bulletin officiel.

Peut-être Dieu qu'on dit à l'image de l'homme A réduit sa maison et s'est fait économe. Il dépensait beaucoup pour ses foudres d'été... Ces tonnerres bruvauts, effroi de notre ville, Il les a supprimés de sa liste civile Car son trésor est endetté.

Ces vers vous disent assez, mon cher Georges, quel était le sujet de notre conversation chez Gaston de Flotte. Je me contente de reproduire les strophes que vous m'avez envoyées. Elles m'ont servi ;i me rappeler des amis ton-

jours chers quoique vivant loin de moi et le public ne me saurait aucun gré peut-être de publier la pièce entière d'où vous avez tiré ce fragment.

Maintenant à mon tour, permettez-moi de vous rappeler les agapes fraternelles qui nous réunissaient si souvent aux tables de Courty, au Prado, à la Réserve, au Château- Vert, à la villa Etienne. Là, que de fois nous nous sommes trouvés Marseillais et Parisiens mêlés ensemble, tous amis, tous heureux de nous retrouver, tous unis de cœur et d'intelligence. La moindre occasion nous servait de prétexte à banquet. Nous saisissions au passage et avec empressement, comme une aubaine, tout ce qui pouvait nous faire déserter la ville et aller, sous couleur de repas champêtre, causer en face de cette Méditerranée, dont la poésie est si grande que Byron a pu l'appeler le plus poétique de tous les océans, — dont le souvenir est si doux !

C'est ainsi que nous échappions au spectacle commercial qu'offrent sans cesse à la vue les rues de Marseille, lorsque venaient clans cette ville où l'Univers passe en détail Victor Hugo,

Alexandre Dumas, son fils, Théophile Gautier, H. de Balzac, Henri Monnier, tous ces hommes dont la France du dix-neuvième siècle est si fière et à juste droit... Et aussi Mlle Rachel et MmeDorval, ces deux grandes reines de l'art dramatique, qui plaçaient Marseille au premier rang de leurs villes bien-aimées !...

Courty, la Réserve, le Château-Yert étaient pour nous des asiles où liberté entière était laissée à la causerie. Si l'on s'occupait de Marseille, là du moins on pouvait le faire avec les grandes pensées que fait naître la vue de ces golfes, sentinelles avancées des ports dans lesquels cinglent sans cesse des navires de toute forme, de toute grandeur, de toute nation. La barque de cabotage suit le même sillage que le lourd bateau hollandais capable de résister à toutes les agressions des flots courroucés, le grand clipper américain ou le fort brick français qui revient de visiter les mers de l'Inde, de la Malaisie et de la Chine, rapportant les plus riches cargaisons.

A ce propos, laisez-moi vous rappeler le jour où, à la villa Etienne, entre deux bains de mer, vous fîtes la connaissance du capi-

taine Montfort. dont vous deviez un jour écrire le dernier Voyage en Chinç.

Nous étions, ce jour-là, fort nombreux à la table d'hôte qui nous réunissait deux ou trois fois par semaine pendant toute la saison d'été. 11 y avait à peine quelques mois que M. de Lagréné, notre ambassadeur en Chine, était passé à Marseille, venant de Grèce. Ii se rendait à Paris pour prendre ses instructions et de là gagner son nouveau poste. Le passage de ce haut fonctionnaire avait fait une grande sensation dans la ville. Le commerce maritime est aventureux de sa nature et Marseille se souvient toujours avec orgueil des armateurs qui ont illustré sa marine à la fin du dernier siècle.

Le capitaine Montfort avait dans son extérieur et dans ses manières de grands points de ressemblance avec le capitaine Mordeille que j'ai eu le bonheur de connaître dans ma jeunesse. Il avait passé la meilleure partie de sa vie sur les grandes mers et quoique touchant au demi-siècle, il n'aspirait qu'à reprendre la route qu'il connaissait si bien des Indes et de la Chine. La passion de sa vie était l'agrandis-

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sèment du commerce français. Missionnaire du

négoce, il connaissait admirablement tous les points du globe où l'on aurait pu établir des comptoirs qui auraient facilité l'écoulement des produits de nos manufactures et contre-balancé l'influence que la marchandise anglaise a su acquérir jusque dans les continents les plus lointains.

Mon frère, auquel il faut toujours revenir quand il s'agit de Marseille, était depuis longtemps lié avec le capitaine Montfort. Naturellement, ce fut mon frère qui nous le présenta en nous annonçant qu'il allait publier dans le Sémaphore quelques épisodes des voyages au long cours du capitaine marchand.

Je suis heureux de pouvoir saisir cette occasion de faire connaître l'homme qui vous confia les papiers de ses dernières expéditions, avec lesquels mon frère et vous avez su rendre populaire en France., des pays et des mœurs qui n'ont plus rien de fantastique. Maintenant ceux qui voudront faire plus ample connaissance avec lui n'ont qu'à prendre votre Voyage en Chine. Ils n'auront pas à se repentir d'avoir entrepris une semblable équipée avec

un homme de la trempe du capitaine Monfort.

A ces repas amicaux, nous étions cosmopolites. Le pilawturc, le carrick indien, le caviar moscovite, les pâtes italiennes, étaient aussi bien venus que le bifteck anglais, le poulet à la sauce Marengo ou toute autre sauce française et même que la poutargue des Martigues et la bouille-à-baisse provençale.

Puisque nous avons parlé de la bouille-àbaisse, disons un mot en passant de la crise que subit ce plat national et populaire, si célèbre à Marseille d'où sa renommée a gagné le monde. Le thon, la dorade, le mulet et le rouget de la Méditerranée, éléments essentiels de la matelote provençale, ont reçu un coup funeste de la locomotive qui a joint l'Océan au lac européen. Jadis et naguère encore, tout le quartier Saint-Jean vivait de la bouille-à-baisse, comme pêcheur et comme consommateur. La criée, puis l'inspection ont d'abord entravé les filets et la marmite. Enfin, un cuisinier marseillais m'a avoué en rougissant que, l'hiver dernier, il lui avait fallu se résigner à composer ses menus avec le poisson de l'Océan ! Oui, le turbot, la barbue, le

saumon, le bar, etc., viennent de trois cents lieues faire concurrence aux poissons de la Méditerranée jusque sur le carreau des halles de Marseille! 0 tempera! ô mores! Si ce désastre se continue, le gourmet de la Joliette sera obligé, pour manger une bouille-à-baisse authentique, de prendre le chemin de fer et de venir la commander aux Frères-Provençaux, au Palais-Royal de Paris. Mais une autre conséquence résultera de cette révolution. Les pêcheurs de Marseille, de Cassis, de la Ciotat, de Martigaes, de La Seyrie, de Marignanne, de la Corse, renonceront à leur métier, et priveront la marine d'une pépinière de matelots excellents. Voilà ce que renferme la question de la bouille-à-baisse. Traitez-la donc avec la légèreté française, si vous osez !

Cela dit, je me fais un véritable plaisir de joindre à ma lettre les vers que je viens d'envoyer à un de vos amis et des miens, M. Charles Monselet. Ces vers seront peut-être de circonstance. Un jour si quelque archéologue les retrouve, il pourra, grâce à eux, faire connaître à nos arrière-petits-fils, ce qu'était la cuisine provençale dans les temps héroïques.

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