‹ Marseille révolutionnaire; l'armée-nationChapitre 1 sur 44 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

C'est au cours de reclierches sui* les bataillons de volontaires nationaux des Bouches-du-Rhône que nous est venue l'idée d'écrire ce livre.

Avant de suivre les bataillons à la frontière, il nous fallait examiner les conditions de leurs diverses levées : organisation primitive, mode de recrutement, état d'esprit des voltjntaires.

Pour ne point négliger l'influence déterminante en l'espèce du temps et du milieu, nous avons dû nous préoccuper de la répercussion dans la nation des événements et soubresauts politiques de l'époque.

Or, en 1790, le pays- était déjà organisé militairement et, les premières levées de volontaires n'ayant eu lieu qu'en 1791, notre étude a porté, au préalable, sur la garde nationale, d'organisation antérieure.

Aussi bien cette étude nous paraissait assez neuve pour tre tentée. Sans être originale, l'œuvre que nous avons entreprise a peu de précurseurs. On ne s'est pas assez occupé jusqu'ici, croyons-nous, de ce qui s'est passé dans le pays, au point de vue militaire, avant le départ des citoyens-soldats pour la frontière. Peut-être cette lacune est elle la cause initiale des principales raisons qui ont fait envisager, jusqu'à nos jours, de façons très diverses, dans les écrits publiés journellement sur les bataillons de volontaires, les mille questions qui s'y rattachent d'une manière plus directe.

Le sous-titre que nous avons adopté : L'Armée -Nation indique assez le sens général de cette partie du sujet.

Mais l'armée nation, dont il est question ici, n'est pas allée aux frontières. Son établissement, ses luttes à l'inté-

rieur, ne sont que la conséquence directe," le corollaire immédiat de l'établissement du nouveau régime, des luttes du peuple contre l'ancien. En réalité, nous appelons : armée-nation la garde nationale elle-même qui s'est levée, selon Robespierre, pour défendre ses droits, sa liberté et sa sûreté.

L'histoire de la garde nationale marseillaise est liée étroitement k celle du peuple lui-même. De là le titre plus complet de notre ouvrage : Marseille Révolutionnaire, que nous avons divisé en trois parties.

Dans la première, le peuple, dès les premiers jours'de la Révolution, sous l'égide de la bourgeoisie, s'arme et s'organise militairement. Il se heurte aussitôt à l'armée permanente d'autrefois, à l'armée du roi qui essaie de lui tenir tête. Mais la Révolution poursuit sa marche. Et. si les chefs résistent, les soldats de l'ancien "régime sont, par la force des choses, gagnés à la cause de la Nation. La garde nationale marseillaise se renforce chaque jour. Pénétration de l'armée et de la nation^ c'est là notre premier livre.

Bientôt le peuple prend définitivement le dessus. Il marche à la conquête de la liberté, terrasse l'aristocratie, fonde la République. La garde nationale marseillaise soutient Avignon contre le pape, désarme la ville d'Arles, renverse le trône du roi au 10 août. L'œuvre des citoyenssoldats paraît accomplie. Tel est le thème du second livre.

Malheureusement, la bourgeoisie recule. La Révolution dépasse le but. Il f-^ut donc l'enrayer et même revenir en arrière. Le peuple est sacrifié. C'est la guerre civile. L'armée des citoyens-soldats ne lutte plus que dans l'intérêt particulier d'une caste. La garde nationale marseillaise sombre lamentablement. Nous le montrons au troisième livre.

La conclusion est aisée à tirer : double devoir pour le peuple, s'il tient les rênes et entend les garder, de fortifier son éducation politique et de développer son instruction militaire.

Mars 1910.

Nous sommes heureux de remercier ici tous ceux qui ont bien voulu s'intéres-er à nos travaux. Nous avons trouvé auprès de MM. les archivistes, bibliothécaires, conservateurs de musée et bibliophiles du département un accueil tout à fait empressé. Des portraits, des estampes curieuses, des documents rares et inédits ont été mis, de la façon la plus gracieuse, à notre entière disposition. Nous avons largement puisé dans des collections particulières. Des concours dévoués sont venus à nous spontanément.

Il est de notre devoir d'exprimer tout d'abord notre gratitude à la Direction du Petit Provençal qui, en publiant des extraits de Marseille Révolutionnaire, a ainsi vulgarisé la lecture de notre ouvrage. C'est de tout cœur que nous savons gré à M. Martin, directeur du journal, à M. Clèrissy, secrétaire général de Li rédaction, de la l)ienveillance qu'ils nous ont témoignée. M. Clèrissy, en particulier, nous a aidé dans notre tâche. Nous l'en remercions profondément. M. Bosmian, du Petit Provençal, a photographié pour nous les gravures, les estampes et des documents. Qu'il reçoiv*^ ici l'expression de notre reconnaissance.

A un autre point de vue, nous tenons à remercier, en tout premier lieu. M. Fournier, archiviste honoraire des Bouches-du-Rhône. M. Fournier ne s'est pas contenté de nous signaler les sources. Il nous a indiqué la marche à suivre, nous a guidé dans nos recherches. Nous avons trouvé auprès de lui un guide sûr, éclairé, toujours disposé à nous être utile.

Dans la reclierche des documents, un concours des plus précieux nous a été otfert par M. Busquet, archiviste des Bouches-du-Rhône. Au cours d'un classement définitif qui vient d'être fait par ses soins, M. Busquet a mis à jour des documents importants qu'il s'est empressé de nous communiquer, tels que deux lettres de Kellermann, la commission délivrée à Carteaux par le général de brigade l'Etenduère, une relation inédite du passage du bataillon du 10 août à Paris, etc. M. Busquet a droit aussi à notre reconnaissance.

Nous devons également remercier tous ceux qui, à divers titres, ont bien voulu très obligeamment se mettre à notre disposition : M. Baret, de la Bibliothèque Municipale ; M. Mabilly. des Archives de la Ville ; M. Riboulet, des Archives des Bouches-du-Rhône ; M. Martin, du Cabinet des médailles ; M. Clerc, du Musée du Parc Borèly ; MM. Paul Arbaud, Ferrier et Moulin, d'Aix ; M. Dauphin. d'Arles, conservateur du Museon Arlaten. Enfin nous n'avons garde d'oublier notre ami M. Villa, instituteur à Saint-Pargoire (Hérault), qui nous a aidé dans la correction des épreuves.

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