GRAINS DE VERITE XIII
Car, écrite pour madame Sarah Bernhardt et reçue d'enthousiasme par elle, Marthe, — on s'en souvient — avait été répétée activement par la grande tragédienne, et celle-ci, dans nombre d'interviews et de communiqués h la presse, avait dit bien haut ses sentiments pour un ouvrage avec lequel — la première étant fixée aux environs du 15 février — elle comptait bien finir une saison théâtrale échéant fin juin (1). C'était prophétiser à Marthe le chiffre honorable de cent trente représentations. A lui seul, l'honneur d'une telle prophétie, tombée de lèvres aussi prestigieuses, écrasait d'avance les moindres holocaustes se préparant dans l'ombre. (Ne suffisait-il, par exemple, à me consoler — si tant est que j'en eusse pu gémir
particulier dont les bruyantes quintes ne se manifestent qu'au cours des répétitions générales et des « premières», — aux effets de la pièce. Ces quintes ont pour but — souvent atteint — d'agacer les spectateurs et de couTrir la voix des artistes. Bien menées, elles annihilent parfois l'émotion de toute une scène. Les tousseurs habiles se recrutent surtout parmi les gens de quarante à cinquante ans, qui écrivent dans les revues déjeunes.
(1) Interview de madame Sarah Bernhardt par M. Jules Huret, dans le Figaro.