ACTE QUATRIÈME
GEORGES
L'hôte de cette maison, c'est moi, monsieur. Que me voulez-vous ?
d'aiguerose
Ma femme, arrachée à mon toit par un rapt, dont vous êtes l'auteur. Pour la ramener à ses devoirs, trois moyens me sont offerts, le premier, de coercition morale, l'ordre que je lui donnerais de me suivre. Ecartons-le, n'est-ce pas ? [Signe tranquillement affînnatif de Georges.) Le second, de la faire prendre par les gendarmes. Écartons encore celui-ci, qui, je le crains, serait sans effet dans l'avenir. Le troisième, je vous l'ai donné à entendre quand ma longanimité se pouvait exercer encore. Vous avez eu tort de n'y point prendre garde, car, à bout de patience, c'est celui-là que je suis obligé de choisir. (// tire de sa poche un revolver et le braque sur Georges, presque à bout portant. Ce dernier^ qui a suivi des yeux la main de d'Aiguerose, écarte l'arme d'un coup prompt et sec, en saisissant le poignet de son adversaire avec une telle force que d'Aiguerose, le bras tordu, tombe sur un genou.)
GEORGES
Canaille ! (// lui arrache le revolver et le jette au
bout de la pièce. L'arme tombe aux pieds de Marthe, qui est entrée, très pâle, et qui la ramasse d'un geste machinal, puis demeure dans V ombre, silencieuse et droite.)
d'aiguekose^ se relevant, cri de triomphe. Ah ! ce cri ! ce crii... le même que tu poussais, Louis Verdun, la nuit où tu voulus assassiner ton chef, à Oran ! Ah ! ah ! je ne m'étais donc pas trompé, tu t'es trahi, nous le tenons, Louis Verdun, le contumax! Ah ! ah ! te voici enfin, toi qu'attend depuis quinze ans le peloton d'exécution !
GEORGES, K'oix étranglée.
Tu mens, chien ! Louis Verdun est mort I
d'aiguerose Les papiers d'un autre ! On la connaît, celle-là ! Elle n'est pas neuve ! Ça ne tient pas contre les témoignages que nous allons recueillir, mon petit! Allons, fais bonne figure, c'est couru !
GEORGES, serrant les poings.
Tu ne sortiras pas d'ici !
d'aiguerose
C'est loi qui n'en bougeras pas, car je te pré-