‹ Marthe; pièce en quatre actes. Représentée pour la première fois à Paris ... le 28 mars 1899Chapitre 146 sur 149 · ACTE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIÈME

viens que depuis trois jours tu es filé par rues gens et cette maison est observée.

GEORGES, même jeu.

Tu ne sortiras pas d'ici !

d'aiguerose Attention ! Si tu fais un geste, je crie. Il y a du monde sur cette terrasse, des cochers qui surgiront au premier appel, ce n'est pas douteux. Ecoute cependant, je veux être bon. Que ma femme me suive, et je me tais. Je te préviens, seulement que tu seras l'otage. Si, rentrée chez moi, elle a la moindre velléilé de rébellion, je te livre. Parle lui, mon petit, charge-toi de la convaincre ; elle doit bien cela [Sarcastique.) à votre amour d'éternité. Je te donne une heure! Adieu.

GEORGES, les bras croisés, bavrajit le passage. Et tu crois que Louis Verdun accepte de ces marchés ?

d'aiguerose A prendre ou à laisser.

GEORGES

Et... elle ! lu la mesures donc à ta taille

d'aiguerose, faisant un pas pour sortir. J'ai tout dit !

GEORGES, le repoussant i'iolemnient en arrière, et continuant à lui barrer le passage.

Ainsi, misérable, lu la ferais juge, tu lui donnerais à choisir entre son bonheur et le plus infâme des esclavages, entre le travail, la probité que je porte en moi, et la fange que tu es — et tu ne trembles pas ! Non seulement tu m'enjoins, à moi, de défendre mon amour et ma vie, mais tu m'investis d'une mission d'humanité, et tu ne trembles pas !

d'aiguerose, voulant sortir.

Au large !

GEORGES, le repoussant encore.

Tu consacres, en ton cynisme aveugle, les droits formidables de ma conscience, et tu ne trembles pas !

d'aiguerose

Trembler devant tes droits de conscience ! Quand j'ai ceux du plus fort !

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