‹ Marthe; pièce en quatre actes. Représentée pour la première fois à Paris ... le 28 mars 1899Chapitre 24 sur 149 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

GILEQUAIX

Je dis que vous en faites de belles !

LA BERRONXiÈnE

Moi?

GIL2QUAIX

Vous. N'est-ce pas vous qui êtes cause de l'accident ?

LA BERROXNIÈRE

Jamais de la vie! C'est mon automobile!... Ou plutôt, ce sont les chevaux de madame d'Aiguerose. [Gilequain le fixe, un peu ahuri.) Certainement ! Pourquoi garde-t-elle des chevaux f[ui prennent peur devant les automobiles ? En voilà des sales bêtes !

GILEQUAIN

Pourquoi menez-vous une automobile qui fait peur aux chevaux ?

LA BERROXXiiîRE

Ce n'est pas la même chose. Voyons, vous ne pouvez pas nier que si certaines gens avaient la sagesse de ne pas sortir en voiture attelée, les chevaux ne s'emporteraient pas.

GILEQUAIN

... Plus mal.

LA lîERRONNiÈRE

Ne discutons plus, je vois que vous êtes contre les autos.

GILEQUAIX

Non. Je suis pour les chevaux.

LA BERRONNIÈRE

Vous êtes un l)arbare, uai malgache, un cannibal, un... [Il dierche.) un intellectuel !... Et le progrès ?

r.ILEQUAIN

Il pue.

LA BERRONNIÈRE

Pour ceux qui ne veulent pas marcher avec lui. L'odeur de l'essence n'affecte pas les humains qui roulent sur l'automobile, mais ceux qui s'obstinent à se servir de leurs pieds.

GILEQUAIN

Vous oubliez ceux qui n'ont pas autre chose à leur disposition.

LA BERRONNIÎÎRE

Ceux-là en flairent bien d'autres! Parfum pour

Page 1