ACTE PREMIER
GILEQUAIX
Je dis que vous en faites de belles !
LA BERRONXiÈnE
Moi?
GIL2QUAIX
Vous. N'est-ce pas vous qui êtes cause de l'accident ?
LA BERROXNIÈRE
Jamais de la vie! C'est mon automobile!... Ou plutôt, ce sont les chevaux de madame d'Aiguerose. [Gilequain le fixe, un peu ahuri.) Certainement ! Pourquoi garde-t-elle des chevaux f[ui prennent peur devant les automobiles ? En voilà des sales bêtes !
GILEQUAIN
Pourquoi menez-vous une automobile qui fait peur aux chevaux ?
LA BERROXXiiîRE
Ce n'est pas la même chose. Voyons, vous ne pouvez pas nier que si certaines gens avaient la sagesse de ne pas sortir en voiture attelée, les chevaux ne s'emporteraient pas.
GILEQUAIN
... Plus mal.
LA lîERRONNiÈRE
Ne discutons plus, je vois que vous êtes contre les autos.
GILEQUAIX
Non. Je suis pour les chevaux.
LA BERRONNIÈRE
Vous êtes un l)arbare, uai malgache, un cannibal, un... [Il dierche.) un intellectuel !... Et le progrès ?
r.ILEQUAIN
Il pue.
LA BERRONNIÈRE
Pour ceux qui ne veulent pas marcher avec lui. L'odeur de l'essence n'affecte pas les humains qui roulent sur l'automobile, mais ceux qui s'obstinent à se servir de leurs pieds.
GILEQUAIN
Vous oubliez ceux qui n'ont pas autre chose à leur disposition.
LA BERRONNIÎÎRE
Ceux-là en flairent bien d'autres! Parfum pour