ACTE PREMIER
l'ai terrassé... J'étais fou!... Ah! le temps m'a manqué... On intervenait!
SlAUTHE
Le conseil de guerre !...
Peine de mort !
Dieu merci!... Vous étiez loin quand le jugement...
GEORGES
Au fond des brousses, grâce à des gardiens complices, un déguisement d'indigène et ma pra- > tique de l'arabe !...
MARTHE, tremblante.
C'était vous !... vous !...
GEOKGES
J'ai pu gagner l'Egypte, courir le monde, lutter, vouloir. Et c'est fantastique, dès lors, cette course d'un don mystérieux, le don d'apprendre, cette course vers une étoile !
MARTHE, Jtallucinée.
C'était vous I... c'était vous !...
GEORGES, comme en songe.
Se retrouver, cinq ans après, dans l'Amérique du Sud; y joindre une amitié, une affection, presque une fraternité... Georges d'Espar, un être aventureux, impulsif, obsédé par la science... — comme moi ! Et la fortune !... la fortune jaillie du sol... L'or... L'or tout-puissant !... La féerie!...
La Providence !
Le mystère ! Les volontés insondables et qu'il ne faut pas interroger... Voyez plutôt... Un jour, d'Espar fut victime d'un accident mortel...
Je comprends ! je comprends !... il savait...
GEORGES
Il savait ! Il m'imposa la substitution...
Ses papiers ?
GEORGES
Oui. Le mort, ce serait civilement Louis Verdun.