‹ Marthe; pièce en quatre actes. Représentée pour la première fois à Paris ... le 28 mars 1899Chapitre 80 sur 149 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

des placements dans l'industrie. L'industrie de l'avenir, c'est l'automobilisme. Tout de suite, j'ai pensé à vous.

LA BERRONNIÈRE

Je vous sais gré de l'intention. Mais j'ai réuni tous les capitaux.

d'aiguerose Déjà ?

LA BERROXNIÈRE

Mon Dieu oui ! J'estime qu'en affaires il faut aller comme sur les routes. Du quarante-cinq à l'heure! J'ai donc acheté moi-même la moitié des actions. Quant à l'autre moitié, elle a été acquise par un ami.

d'aiguerose Bah !... qui s'appelle ?

, LA BERRONXlilRE

Vous êtes curieux! Georges d'Espar.

L'homme des chevaux emportés. •• Bigre ! un ami de fraîche date !

LA BERROXNIÈRE

Très fraîche. C'est chez VOUS... non, chez la marquise que nous nous sommes liés, il y a un mois à peine. Aujourd'hui, nous ne nous quittons plus.

d'aiguerose Quel enthousiasme !

LA BERRONNIÈRE

En amitié, je vais comme sur les routes, du quarante-cinq à l'heure ! Qnand je ne marche pas, il n'y a personne ! Quand je marche, c'est pour de bon. D'Espar? Mais c'est le garçon le plus intéressant et le plus charmant que je sache. Voilà un homme qui a quelques millions à grignoter. Et savez-vous où il passe son temps ? Dans un laboratoire et dans un atelier de force motrice qu'il s'est fait construire. C'est un savant. Voici dix ans qu'il travaille le problème de la navigation aérienne. Il m'a expliqué ça! C'est épatant ! [Dessin dans l'espace.) Un ballon plus lourd que l'air... en chose... en aluminium... avec des jeux d'hélice et un éperon... et puis un gouvernail à voiles... Ça n'a qu'un tort, c'est que jusqu'ici, ça ne marche pas...

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