CIA 1 ; DR GÉRARD
Si aucune bonne corde ne vibrait en vous, vous n’inspireriez • h Martin que de l'éloignement, mais celte amitié sincère, l’entratnement de la jeunesse, l'appât des plaisirs faciles, -tout cela peut avoir sur lui une influenc e funeste... C’est à voire cœur que je m’adresse et vous mo comprendrez ; j'ai élevé Martin comme mon fils, j’en ai fait un homme honnête, laborieux, intelligent ; eh bien, dites, aurez-vous le courage de vouloir troubler cette vie modeste, ou celui que vous aimez comme un frère doit trouver le repos et le bonheur?
BAWHOCIIE.
Vous avez raison, brave homme! vous l’embrasserez pour mol, mais solidement. [Avec affvndrisseinoit.) Vous êtes bien heureux, vous! dites-lui que je l’aime ni plus ni moins que lui, moi cl Basquino nous nous aimions il y a huit ans... dites lui quo quand il voudra je suis à lui... tète et cœur, bourse et bras, enfin, à b vio, à b mort ; quo si ce gueux de b Livrasse n’a pas été grillé et que je le rencontre, je l’assommerai pour trois, ça le soulagera ce pauvre Martin.
Fasse le ciel que dans votre vie lo bien l’emporte toujours sur lo mal!
En attendant, je ne sais comment diable vous faites pour mo rendre tout honteux, enfin vous savez que le gamin qui a fait le vol... c'est moi, quoi ! Si vous vouliez le permettre... je vous ai dit, j’ai do l’argent et je rendrais...
CLAUDE GÉRARD
Si Martin est absent en ce moment, c’est qu'il est allé rendre cet argent économisé sur deux ans de travail.
Pauvre frère t il a mis deux ans pour gagner... et moi ce que je vous offrais, je l’ai eu en un tour de caries... Vous avez raison, tenez: il vaut mieux aue ce soit l’argent du travail qui paye celte dette-là 1 je comprends que je ne dois pas me retrouver avec
Martin, mais je voudrais le voir, là seulement l’apercevoir, uns •qu’il me voie, lui...
CLAUDE GÉRARD
Allons, soit! il doit partir à neuf heures par le chemin do fer; il commence à faire nuit ; trouvez-vous ici.
BAMBOCUE.
A neuf heures... un peu avant, n’est-ce pas?
CLAUDE GIRARD
Vous entendrez la cloche d’appel du ch emin de fer.
Adieu, brave homme, je no vous offro pas la main... ça viendra peut-être plus tard, mais c’est égal, je ne vous en estime pu moins. (Il s'éloigne en chantant.)
Jt véi* revoir tout à l’heure Martin, suo pauvre Martin.
CLAUDE GÉRARD, Seul.
Malgré les bons instincts qu’on aperçoit encore en lui, j’ai bien tait d'exiger qu’il s'éloignât. Mais déjà lo convoi approche, Martin ne revient pas. ( Jl ta prendre dans fa maison un pttù sac de nuit.; tout est prêt... mais jo ne me trompe pas... j uo- (omit u voix.
Martin, de loin .
Claude Gérard ! Claude Gérard !
CLAUDE GERARD
Il accourt en désordre... qu’a-t-il ?
sciure x.