‹ Martin et Bamboche ou Les amis d'enfanceChapitre 40 sur 104 · RÉC INA · texte numérisé non relu

RÉC INA

Et depuis?

basqcinb.

Depuis je n’ai plus punso à b rivière, puisque b bonno femme i cabrait seule.

née ina.

Mou Dieu! vous êtes donc bien à plaindre?

BASQCINB.

Mail ohl oui...

nécrvA.

Ohl dit es- mai, je vous en piie, qui êtes-vous, quels sont va» pareuls?

Mais c'ost un monde quo vous ne connaissez pas. rkgina.

Dites toujours.

BASOriNR,

Muu père était charron en Sologne, un pays où lo pauvre ne mange jamais b sa faim et a b fièvre pendant fit mois da l’année ; nous étions neuf enfants qu'il Cillait nourrir avec le travail de mon père et celui de ma mhre. Ma mère tomba en paralysie, mon j>èrc eut les fièvres encore plus fortes qu'a Tord inaire. l'n soir, j’avais sept an*, ma mère donnait: nous pleurions tous do faim, parce que le Jour du pain de charité iTctail que lo lendemain; j'étais assise sur lo bord du bine de buis qui servait do lit h mon père, et il me disait tout Uis... I.'houum... l’homme n’est pas venu?... si l'homme vient, quand mémo je dirais, oui, dis, toi, que tu ne veux pas j»ar<ir, quo lu no veux pas suivre l’ homme.

Béarn.

Oh ! mon Dieu ! qu’est -ce que c’était que cet homme? BASQl'INB.

Tout b coup, mon père fil un soubresaut en arrière, et retomba en disant : Oest lui ! ji» me retournai, et jo vis un homme qui vernit d entrer et qui étalait sur une laid du pain, du vin et un pété... tous nous courûmes b lui. Un instant, dit-il, en nous ec* riant, toutes cri bonnes choses np sont pas encore è vous. En mémo temps il lira d’un sac et mit devant moi une petiio robe do soie rnse pailletée d'argent, des brodequins de velours vert et une couronne de fleurs arliflcidlus. Oh 1 que c’est beau ? m'écrieijp. Chat! ne fais pas de bruit, je vais lo incilro cette jolie roba pour OttO iun pire te trouve belle b son réveil... Il m’habilla; flère de ma parure, que met frères admiraient, j'allai au lit du mon père, jV lui secouai la main; il revint b lui. Regarde, père, lui di«ai»-ju Et lui, l'œil plein du terreur, s’écriait : Mou Dieu! pourquoi habillez-vous coite enfant?... Chut 1 dit encore rivornmo; et sur les lambeaux do couverture qui rouvraient mon père, il Ai tomber une à une di s pièces d'argent; mon père me serra dans ses bras en pleurant et en disant avec désespoir : On veut me prendre ma Jeannette. Mais autour du lit l'homme avait amrné mes frères et mes sœurs qui disaient : Papa, nous avons bien faim. L'homme voulut mo prendre, jo me jetai au cou de mon |«èr© en criant Mon père... mon père... jo no veux pas partir, jo veux rester ici... Et mon hère, secouant sa couverture, faisait rouler l'argent h terre .. Reprenez tout, disait-il, mes entants, no mange/ |tfs... lo bon Dieu fera do nous ce qu'il voudra, tuais on no m'enlèvera pas Jeaonclio.

aie (Ni.

Et il vous a emportée?

BlSQUNB.

Que vouliez-vous que fissent uu moribond et une enfant? licou.

Et l'homme?

BASQCIVB.

Cotait lo chef d’une troupe do faiseurs do tours.

Il KO IN V.

Ohl pauvre petite, vous avez dû être bien malheureuse! et personne pour vous consoler l

BASQUE»

Oh! si. un enfant, enlevé lommo mol, un peu plus figé que moi, qui me protégeai!, avec qui jo pailaisdn mou pèru et do ma incre... ce pauvre .Martin ! si bon, si dévoua 1 ibnu.

Martin 1 dites tous? faf par/.) Jo mo souviens, Claude Gérard a raconté 5 ma mère.... [//au t.) Est-co qu’il est resté toujours aveo vous?

BASQCttnt.

Non... noos l’avons perdu trop tôt pour moi...

RECITA

Vous l'aimiez?

Basqutr.

Comme on aime lo moill-ur d -s frères... une ûmo d'or! fiéeiN a, à pari.

Tout le monde l’aimo dune!

RUOCISI.

Tenez, tenez, no parlons plus de tout cela, ou lo fiel va mo rCDirer au coeur.

récita.

Mais depuis longtemps vous miles plus avec ce? vilaines gens?

BABQCMI»

Non, je les ai fuis,., j'ai travaillé... il y a quinze jours encore j'étais dans uno maison honnête «m l’on m'avait accueillie

RÉCITA

El vous l’avez quittée?...

BtIQCtXR.

Un do ces hommes qui s'étonnent qno.l’or n’achète pas lout, m’a poursuivie de scs offres Inuiteusrs... je le repoussais, il ciail sans c« s*o sur mes pas. Fatiguée, dcaespérce, j’ai cherche unasilo ignoré...

récita.

Oh! que je vous aime de ce que vous mo ditcs-là !

BA5QIINR.

Ah! j’avais fui do plus grandi danger®, un ami, un camarade d'enfance, que j'aimais... dont je semis devenue fa femme m les bons instincts do sa nature n*«u«cnt pas trop souvent cédé aux habitudes de sa première vie... Mais, c’est singulier, moi qui ne cause jamais... je vous dis tout cela,

néant.

Cost naturel, puisque nous sommes associées,

BlSQCIM.

Ce n’est pas seulement cola, mais c’est que jo vous s^n» bonne, confiante... A quoi bondir* il d'autres que cette viede desnrJrc® et du mauvais exemples ne m’a pa« souillée... ils no me croiraient pas... mais vous, vous avez foi en mes paroles... et tous mo croyez pure, n’cst-ce pas?. . Uli ! oui, car vous mo tendez la main.

ItÉGttt.

Oui, je vous crois, et vous n'uurez plus de chagrin; je no suis pas encore maîtresse do ma fortune... cependant...

BASQélNE.

Est ce que vous avez cru que je vous demandais l'aumône?

récita.

Ah! pardon ! mais jo pensais...

B 18 QUXE.

Rien, pour moi... d'ailleurs, tout cela va finir...

récita.

Comment?

BASQCIXg.

Je no puis vous le dire... je mis obligé de tenir très-secret... bientôt... demain peut-être... mais pour la bonne femme, tout co quo vous voudrez.

récita.

Vousn’ôles pas tâchée?

BISQl’lTt,

Si peu, que si vous voulez je vais vous conduire près do eetto pauvre tète faible, qui est bien bonne, et bien douce, allez...

RÉCITA

Je la connais, je l’ai vue avarit-vous... Oh ! oui, je voudrais bien la revoir ; mon tuteur doit me retrouver ici, j’ai encore le

temps.

lUJQum, ouvrant la parte en touriant .

C’est un peu haut.

RÉCITA

J'ai de bonnes jambes. (Toute» deux sortent par la parte de rallie.)

sciure vm.

LA I.EVRASSE, SCIPION . Il s sortent de rarriire-boutiqne.

LA LRVRAMtF.

Eh bien ! avez-vous assez écoule ?

sanox.

J’ai entendu ce que je voulais; c'est de la bienfaisance; on pourra peut-être un jour tirer pain de cela.

M U L XV RASSI.

Maintenant, non tous pouvez raVnlendro, j’ai è vous parler aécieufcornrnt. [/J éternue!)

earicr.

Jo l’ai dit eu matin qu'il mo faut de l’argeot ce soir tnto* deux mille louis.

LA LEVRA1SR.

Vraiment ! Quarante mille francs, pas davantage I ici non.

Tu ne to formeras donc jamais? A quoi to sert de fréquenter la fleur des gcniiUhommos pour toujours parler comme un portier... Quiunte tnillo francs, c'est ignoble ! Tu ne peux pat dire deux mille louis?

LA LFVRASSR.

Si fait ! si fait ! Fh bien, Vicomte, par b sambleu ! je ne vota prêterai pas ces deux raille louis, fui de gentilhomme.

SC1PIOX.

Ah ! tu no me les prêteras pas?

LA LEVIUSSI.

Non !

eciriox.

Co sera curieux !

u LCVflASSR.

Vous verrez celte euriosire fa... et qui plus est, mon cher, ▼ous irez en prison, et pas plus tard que demain, ju tu’y décide. ectPiox.

Je n’irai pas en prison, et tu me prêteras de l'argent.

LA LEVRASSB.

Voilât qui est fort...

SOPIOX.

Mais remarque donc, imbécite, qu’rn me faisant mettre en prison, lu rends par cet éclat mon mariage impossible, ot ta creance sur moi est perdue...

IA LEVIUSSI.

Et cV«t avec un pareil bi.an quo vous osez mo demander encore quarante mille francs. .

ictriox.

Dis donc deux mille louis...

LA LIVRASSE

Ah ça, vous me croyez fou ?

sanox.

Et voici pourquoi tu vas me les prêter, c’est que je t'offre 1a signature do mon père...

LA LEVRASSB.

Do votre père l diable! c’est diffi-rcnl! Et cctto signature?... SCI MOT.

La voici !

la levhassk, examinant le papier.

l’no oblixation do quarante mille francs, signée, Comte Dori veau... mais on dirait votre signature...

8CIPIOX.

CVst tout simple; mon é« ritura ressemble icelle démon père ; c'csl un à compte qu'il tu 'a donné pour la corboillo de noces du Hcgina.

LA I.F.VRA5SR, à part.

Du la signature est vraie, ut jo serai payé do ces quarante mille francs, ou elle est fausse, et alors c’est encore bien mieui. [//aul.) K h bien. Vicomte, vous aviez raison, jo ou s prêterai ces deux mille louis... h uno condition...

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