‹ Martin et Bamboche ou Les amis d'enfanceChapitre 50 sur 104 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

RÉGINA, BASQUINE, PERRINE, Régi na entre par la droite au mime moment que les deux femmes. régira, allant au-devant d'elles .

Ah ! que je suis aise que vous soyez venues t j’avais besoin de voir, cota soulage le cœur.

IASQCINV,

Quoi ! mademoiselle, auriez-vous de la peine?...

résina, avec ironie.

Moi?.., moi... riche! moi... libre de ma volonté!., dans ma position, on n’a jamais de peine... (A Perrine.) El la bonne mère... (A Basquine.) Comment va-t-elle?

BA9QU1NE

Le docteur est assez content... il mo semble, à moi-mémo comme à lui, qu’elle est déjà mieux.

RÉGINA

F.tà quoi le médecin attribue-t-il celle amélioration?

tASQcnrs.

Au bipn-ôlre dont elle re trouve entourée, et à une circonftaïuco étrange.

RÉGINA

Quelle circonstance?...

MARTES ET BAMBOCHA

BASQUIRB.

Le jardin du docteur est dominé par une maison do chétive apparence; un pauvre garni, m’a-t-on dit... à l’une des fenêtres do relie maison, elle a sans doute aperçu audqu'un qui a éveillé en elle de vifs souvenirs, car le ganlien la trouvée hier et ce matin en larmes et tendant les mains vers cette fenêtre, où no paraissait plus personne.

Monta .

C’est étrange, en effet. (A Farine.) Eh bien 1 bonne mère, comment vous trouvez-vous?

prbkirk. Elle lui prend Us maint et les baise avec respect .

Bien, bien!. . Et vous?... Oh 1 je vous reconnais bien ! (Elle (onik dans une profonde rêverie.} Je vous reconnais bien I...

régira.

No restez pas ainsi, bonne mère, il faut espérer...

krrirb.

Espérer quoi?...

aioDu.

Le repos, le bonheur, après tant de chagrins.

PERRINE

Des chagrins!... ah 1 oui, je comprends cela... (Elle rfve.) Des chagrins!... il me semble que je me souviens, et que... non, plus rien. (6’ritnce.) D’ailleurs, mon OU viendra...

RÉGIRA

Pauvre femme 1 c’est sons duuto la perte d’un dis qui a causé sa folie 1 (A Perrine.) Bonne mère, vous avez raison, vous le reverrez, votre dis...

TERRINE

Je l’ai vu, hier... ce matin... à la fenêtre; je l’ai appelé... il n’est pas venu ?... (Silence.) Ah 1... dos fleurs, vous m on avez promis...

MÉGIRA.

J’y avais songé... c’est pour vous... (Elle lui donne des Peurs placées dans une corbeille sur la labié.)

ranm».

Oh ! qu’elles sont belles I... (A Règina) J’aime à vous voir et lui aussi...

RÉGIRA

Il faut la distraire. (A Perrine ) Faites pour lui un beau bouquet.

PBBRINB.

Pour lui !... Oh! oui!... Oh ! les belles fleurs !... Je suis contente !...

régira, à Pasquine.

Et vous, ma belle orgueilleuse, vous me paraissez moins triste?..

BASQcnn.

C’est qu’aujourd’hui, enfin, se réalise l’espoir dont jo vous parlais hier; voici mon bulletin, je débute co soir...

régira, avec chagrin.

Sur un théâtre.

basqcirk.

Un théâtre bien éloigné, bien obscur... Oh ! jo vous vois déjà mécontente.

dtilM.

Mécontente, non, mais étonnée, affligée.

BiSQlTlMB.

Vous êtes comme tout le monde; vons cédez aux préventions. Ce matin, déjà, je l’ai éprouvé ; co persécuteur infatigable... mégira.

Eh bien?

BASQUIRB.

Quand il a su, ie ne sais comment, que jo débutais, il m’a crue déjà li lui. Voyez avec quelle insolenoe il m'écrit... (EUe lui donne une lettre.)

ttem.

C’est singulier... cfilto écriture...

b isou inc.

Et ce n'est pas assez, il a cru déjà devoir me payer en m'envoyant un bracelet.

régira.

Et qu'avez-vous fait ?

BASQUIRB.

J’ai gardé la lettre pour nourir ma haine, et dans la boite, j’ai écrit ; A celle qui se vend, et l’ai rendue b son émissiare .

régira.

Courageuse jeune tille !

pbrmnk, qui a parcouru roppariement, s'est arrêtée devant la cheminée et a saisi iircmcnf un< miniature.

Ah t mon Dieu !

Régira, à Ba* quint.

Qu’a-t-eHc? (Elles vont à Panne. )

BASQOIN t.

Ce portrait...

REDIRA

C’est celui de mon tuteur dans sa jeunesse.

PERRINE

Ah 1 lui ! lui I pauvre Perrino !

RÉGIRA

Perrinel... qui, Perrino?

PERRUtB.

Moi!... moi!...

BASQUIRB.

Vous vous nommez Perrine?

perrine, arec effroi .

Oh! ne le dites pas!... ne le dites pas!...

BASQUIRB.

La voilà qui pleure comme ce malin !... (Elles ont mm tnt Perrine vert la table; elle s'y rassied; Règina etl allée prends ; le bouquet.)

RÉGIRA

Tenez, bonne mère, reprenez voire bouquet ; 1a voilà de iïjuvcau calme et douce... (A Basqume.) Revonons à vous, à vttt» projet... Quoi rôle jouez-vous?

ktSQIIMB.

La fée d’argent.

mégira.

Alors, votre costume doit être beau.

basquire, souriant,

Les administrations ue sont pas bien généreuses.

RÉGIRA

Si je vous donnais que! qui- chose do riche, vous me refuseriez? basquir*.

Oui, mais j'accepterais avec joie rien que de la mousseline... des rubans...

RÉGIRA

Bien ! bien ! je vois cela.

BASQUIRB.

Direz-vous eucore que jo suis orgueilleuse?

RÉGIRA

Non, vous ôtes charmante. (A M»* Honoré qui entre, appelée par la sonnette.) Mademoiselle Honoré, restez près de madame. (Montrant Perrine. à Bouquine.) Quand nous aurons tout ce qu’U nous faut, jo renverrai prendre... Madame la fée d'argent veutelle bien visiter mes armoires, mes tiroirs, mes cartons ? s basquire.

Que vous êtes aimable et bonne !

fin rire, un moment seule ; M n * Honoré dans le fond. Quand il viendra à sa fenêtre, ce soir, je lui jetterai ce bouquet.

Page 1