SCÈNE VX
Lis Mêmes, CLAUDE GÉRARD .
CLAUDE GERARD
Mademoiselle Basquine I
BASQUINE
Est-ce encore un malheur , une insulte !...
Bon! quelqu’un, maintenant... [Il se retire de quelques pas.)
CLAUDE f.ÉBABD.
Mademoiselle, après de bien longues recherches, quelques renseignements m’ont amené jusqu’à vous.
BASQUINE
Parlez vite, monsieur...
BAMBOCHE, qui fécOUfe.
Celte voix!
CLAUDE GÉRARD
Me permettrez-vous do vous adresser quelques questions?
bamboche, qui s'est approchée: l’a regardé.
Je ne me trompe pas, c'est vous, c’est monsieur Claude Gérard.
CLAUDE GÉRARD
Monsieur Bamboche!
BA5QiriNE.
Basquine, prends cette main-là , jo no quitte pas l'autre, tiens, vois-tu, voilà un brave homme!... Tu sais quand nous avons volé, c’est lui qui a arrêté Martin , il ne l'a pas lirré à la justice, i} ne l’a pas châtié, il l’a gardé avec lui, il l'a nourri de la moitié de son pain noir, il eu a fait un fameux homme.
BASQUINE
Vous avez sauvé et gardé notre frère, notre bon frère... et oî est-il?
CLAUDE GÉRARD, à Bamboche.
Vous no l’avez pas revu ?
Vous me l’avez défendu... Est-ce qu’il est à Paris ?
m .MARTIN ET
CLAUDE GERARD
Il doit y âèrt, mais je sais où j’aurai de tes nouvelles.
BASQUINE
Nous le verrons?
bamboche.
Noos nous embrasserons tous les trois là sous vos jeux?
CLAUDE GÉRARD
Ou»; mes enfants, oui, ee jour viendra.
BASQUINE
Vous me cherchiez donc ?
Sans vous connaître, et jo serai doublement heureux si ou no m'a pas trompé 1
Sur quoi ?
CLAUDE GÉRARD
Il y a quelque temps... cédant à la plus généreuse compassion, vous avez recueilli chez vous une pauvre femme, à peu près privée de raison... vous avez eu pour elle les soins do 1a plus tendre des ûUes... Est-ce vrai?...
■ASQUINB.
Oui, monsieur I
CLAUDE GÉRARD
Mon cœur se serre... j’ose à peine vous interroger...
BASQUINE
Cette émotion...
CLAUDS CÉBARD.
Tout ce qu’il y a do plus chaud «t do meilleur dan» vos trois Amitiés... je le sens pour celte infortunée... si c’est elle...
Basquine... tâche que ce soit elle... pour ce brave homme.
CLAUDE CREA RD
Savez-vous son nom?...
BASQUINE
Elle refuse obstinément de le dire.
CLAUDE GIRARD
Il faudra donc que je la voie... et si le temps, b misère...
BASQUINE
Attendez... hier, dansuu moment de vive émotion, elle a parlé d'eUe-méme, je crois, et prononcé un nom...
CLAUDE GERARD, OVtC VHOâlé.
ferrine?
BASQUINE
Oui, Perrioe !
CLAUDE GÉRARD
Elle! mon Dieu 1 elle! après vingt-cinq ans! sauvée par vouai
Allons,- mon bravo homme, un peu de courage t CLAUDE GERARD.
Perrine 1 Perrine! s’il n'y a pas de danger pour ello, condui* sez-œoi... soyez tranquille, elle ne mo reconnaîtra pas.
BASQUINE
Depuis trois jours, elle n’est plus id.
CLAUDE GÉRARD
Comment?
BASQUINE
Je n’ai pu avoir que l'intention de cette action que vous trouvez généreuse... elle a été accomplie par une jeuno demoiselle, aussi bonne que belle.
Et cette demoiselle, son nom?
BASQUINE
Mademoiselle Régina...
CLAUDE GÉRARD
Régina de Noirlieu?
BASQUINE
Vous la connafcsez, monsieur?
CLAUDE GÉRARD
Oui, oui, je la connais assez, mon enfant pour que ce que vous m'apprenez d'elle ue me surprenne pas... Je vais aller b trouver. .. indlquez-rooi . . .
BASQUINE
Rue Saint-Dominique, hôtel de àl. le comte Duriveau.
CLAUDE GÉRAED.
Monsieur le comte Duriveau, dites-vous?
BASQUINE
Cest le tuteur de mademoiselle Régina.
CLAUDE CBRARD.
Lui ! Et Perrine est dans sa maison ?
BASQUINE
Non... Mademoiselle Régit» l’a fait placer dans une maison de santé.
CLAUDE CÉRARD.
A Paria?
basquine.
Oui, monsieur, chez le docteur Duval, rue de Yaugirard.
CLAUDE GÉRARD
Mes amis, de puissantes raisons m'empêchent de me présenter à l'hôtel du comte Duriveau. et cependant, je voudrais voir mademoiselle Régina, qui seule peut me donner des nouvelles de... je voudrais un moyen...
BASQUINE
Rien de plus simple, J’irai voir mademoiselle Régina, tout à l'heure, je lui dirai que je vous ai vu, quo vous désirez lui parler que vous êtes allé voir sa protégée...
CLAUDE GÉRARD
Si elle pouvait venir b voir aussi, ce soir à huit heures... j'y serais...
BASQUINE
Votre commission sera faite... soyez tranquille, et josuis certaine que mademoiselle Régina, sera exacte...
CLAUDE GÉRARD
Merci, ma chère enfant ! Vousaussi, monsieur Bamboche, je vous dirai merci, ai vous pouvez me guider dans Paris que je ne connais pas ; je vous devrai à tous deux un des plus beaux jours de ma vie...
basquine .
Bamboche, rends-moi donc en môme temps un service, cbercho-moi une chambre.
Tu t'en vas d'ici?
basquine.
On m’a donné mon congé, (m nant ) pour n’avoir pas réussi hier.
Tu n’as pas d’argent, peut-être t
BASQUINE
Non...
Gredin ! d’avoir tout dépensé hier... sois tranquille. Il faudra bien que j’en gagno ou mille tonnerres!...