‹ Martin l'enfant trouvéChapitre 6 sur 39 · SUITE DE LA LETTRE DE LÉOISIDAS REQUIN · texte numérisé non relu

SUITE DE LA LETTRE DE LÉOISIDAS REQUIN

,,Je VOUS' l'ai dit, mon cher Martin, M. Raymond ,, triomphait en moi, et triomphait fructueusement: les ,, élèves affluaient chez lui, mes succès obstinés avaient ,,une petite part dans cette affluence ; mais les triomphes ,,de M. Raymond étaient mêlés de quelques soucis.

,,Je finissais alors ma rhétorique. Depuis le jour ,, funeste où je m'étais caché à quatre pattes sous ma ban- ,, quelle, afin d'échapper à mon couronnement, jamais ,, ni mon père , ni mes professeurs, ni M.Raymond, ni ,,méaieM. le proviseur, n'avaient pu vaincre mon opi- ,,niîitre et négative résolution à l'endroit d'une ovation ,, publique, avec accompagnement de fanfares et d'ac- ,,colades minislérielles, épiscopaies, municipales et ,, autres.

,,D'un côté, ma modestie obstinée satisfaisait M. ,, Raymond; car si, par mes succès, j'étais le plus ,, illustre représentant de sa maison, j'aurais été, physi- ,,quement parlant, le plus piètre, le plus grotesque ,, représentant de son inslilution, et, en toute circon- ,,stance, le ridicule est toujours dangereux.

,,M. Raymond, homme habile, sentait bien cela ,, telle était la feuille de rose qui empêchait ce digne Sy- ,,barite de se reposer tout-à-fait voluptueusement sur ,, mes succès; s'il eût été possible de faire paraître à ma ,, place sur l'estrade de la Sorbonne quelque cancre leste, ,, riche, pimpant, joli comme ils le sont presque tous, ,,les malheureux! le triomphe de M. Raymond eût été , .complet. Mais c'était quelque chose de grave que cette , .substitution de personnes; il ne fallut pas y songer.

,,Sur ces entrefaites, et à la fin de l'année scolaire, ,,raon pauvre père tomba malade d'une maladie de lan- „gueur. Je ne sais pourquoi ni comment lui vint la , (déplorable idée de me demander en grâce de le faire ,, jouir de l'aspect de mon triomphe prochain, car on ,, n'en doutait plus; pour moi, depuis long-temps, com- ,, poser, c'était remporter le prix, eli\ s'agissait du prix ,,d' honneur.

,, Selon mon père, l'émotion qu'il ressentirait en me , .voyant marcher dans ma gloire, amènerait sûrement ,,une heureuse révolution dans la maladie dont il était ,, atteint; cette idée, si déraisonnable qu'elle fût, arriva ,, bientôt chez lui à l'état d'idée fixe, de monomanie ; à „mon refus, il pleurait d'une manière si navrante, et il ,, semblait si heureux, je dirais presque si guéri au ,, moindre espoir que je lui donnais quelquefois, vaincu ,. par sa douleur, que, malgré ma terreur d'une ovation ,, publique ... je me résignai, je promis ...

,,.4. cette promesse, mon père sauta de son lit, dont ,.il n'avait pas bougé depuis deux mois . en s'écriant :

,, — Tu me rends la vie, Léonidas.

,,Au moment de la composition , il me vint une pen- ,,sée monstrueuse; ... je me rappelai la sacrilège pro- , .position du cancre: — de jouter de barbarismes; — ,,oui, Martin, un moment je songeai à faire un discours ,, latin si détestable, que toute chance de succès me fût ,, enlevée: j'échappais ainsi à l'ovation tant redoutée .. . ,,mais je reculai devant cette lâcheté.

,,Le jour fatal arriva, omnia yatienler ferenda (il ,, faut tout supporter avec patience), me dis-je en endos- ,,sant l'unique habit de mon père, l'habit barbeau des ,. grands jours. (Mon pauvre oncle, le petit tailleur, était ,,mort; sauscela, quel habit il m'eût coupé dans son ,,plusbel Elbeuf!) Cet habit trop petit pour moi, et dont ,,les manches me venaient à peine aux poignets, faisait ,, paraître mes mains deux fois plus grosses et plus ,, rouges; j'avais au cou une cravate à coins brodés, ,, enroulée en corde, un gilet à raie, de couleur problé- „matique, taillé dans quelque jupon de feu ma mère, „un étroit pantalon de nankin blanchâtre, qui m'allait ,,à la cheville, des bas de laine noire et des souliers de ,,ioM/'«e;' (les souliers de charretiers sont des escarpins ,, auprès de cela). Plantez sur cet accoutrement la ,, figure timide et effarouchée que vous me connaissez, ,,mon cher Martin, et voyez-moi, accompagné de 31. ,, Raymond et de mon père, qui retrouvait, disait-il, ,,ses jambes de quinze ans . . . monter en fiacre pour me ,, rendre au supplice . . . c'est-à-dire à la Sorbonne où se ,, distribuent les prix du grand concours.

,,J'ai le droit d'avoir été et d'être poltron toute „ma vie, car j'ai montré ce jour-là un courage hé- „roïque.

,, — Léonidas ... — me dit mon père en me serrant ,,la main au moment où je Je quittai pour aller prendre ,, place sur les banquettes réservées aux lycéens, — „Léonidas ... tu n'auras pas peur?

,, — Pas plus peur que Léonidas aux Thermopyles, ,,moa père ... — répondis-je fièrement.

,,Et j'enjambai la banquelte.

,,!\Ion père n'avait pas compris l'allusion, mais ma ,, physionomie l'avait rassuré.

,,Le premier prix d'honneur fut décerné à un nommé ,, Adrien Bore! , du collège Charlemagne. Je suis certain ,,que je l'aurais obtenu, ce premier prix, sans la pré- ,, occupation où m'avait jeté la fatale promesse faite à ,,mon père; le second prix d'honneur me fut décerné, ,,et, après la formule d'usage, la voix fatale acclama :

, , — Léonidas Requin !

,,Et la musique joua la marche de Fernaiid Coi'tez ,,pour mon défilé.

,,Un sourd murmure de curiosité accueillit mon ,,nom; les grandes nouvelles se communiquent toujours j.avec une rapidité électrique: on savait déjà (comment ,,Ie savait-on?) que le fameux élève de la pension Ray- ,,mond qui, cédant à une modestie exagérée, s'était „jusqu'alors dérobé à des triomphes si flatteurs , se lais- ,, serait enfin publiquement couronner.

,,Au premier appel de mon nom, accompagné de , .fanfares retentissantes, un nuage passa devant mes ,,yeux, j'eus d'alfrcux bourdonnements dans les oreilles, ,,mais je me dis: Mon père me regarde, courage...

,,Sur ce, je me le\ai et marchai courageusement à ,, gauche ... c'était à droite qu'il fallait aller ... Une

Martin \\\. ^

,main compatissante me retourna tout d'une pièce, et ,ron me dit : — Va tout droit.

„Je suivis le fil des banquettes.

,, — A gauche, maintenant! — me cria la même ,ame pitoyable.

,,Je tournai à gauche, et me trouvai dans le large , espace qui , séparant la salle en deux parties, condui- ,sait à l'estrade. Je me dirigeai vers le but les yeux fixes, ,sans plus regarder ni à mes pieds, ni à droite ou à ,gauche, que si j'avais traversé une planche jetée sur ,un abîme; . . . j'avais pris pour unique point de mire ,1a splendide simarre de S. Ex. Mgr. le grand-maître ,de l'Université.

,, Guidé par cette espèce d'étoile polaire, j'arrivai enfin ,aux premiers degrés de l'estrade ; mais je les gravis si ,précipilamment, ou plutôt si maladroitement , qu'em- .barrassant mes pieds dans les tapis, je me laissai ,choir au milieu des marches; ma physionomie ahurie, .mes habits ridicules, l'accouplement de noms singu- ,liers auxquels je répondais, avaient déjà parfaitement ,disposé l'auditoire à l'hilarité; ma chute fut le signal ,d'une explosion de rires universels.

,,Je fus héroïque: songeant à l'angoisse que le gro- .tesque incident devait faire éprouver à mon pauvre ,père, je me levai bravement au milieu des rires; j'at- ,teignis enfin le plancher supérieur de l'estrade, et je ,me précipitai aveuglément dans les bras du grand- ,maître qui , loin de s'attendre à cette brusque accolade, ,se préparait à poser sur mon front la couronne du lau- ,réat; il y parvint cependant, quoique assez empêché ,par mon intempestive et convulsive étreinte; mais,

,, fatalité! ... la couronne, trop large, tomba jusque ,,sur mes yeux qu'elle cacha presque entièrement sous ,,son épais feuillage; au lieu de me débarrasser de la ,, couronne, je perdis tout-à-fait la tête, j'étendis ma- ,,chinalement les mains en avant , et le reste de l'ovation ,, devint pour moi une sorte de collin-maillard. Des cris ,,de casse-cou! retentirent au milieu d'éclats de rire ,, inextinguibles; enfin j'eus le bonheur, au milieu de ,,mes circonvolutions effarées, de tomber si violemment ,,!a tète la première du haut en bas de l'estrade, que je ,, restai étourdi du coup.

,, Cette chute fut en effet un bonheur ^onx moi, mon ,, cher Martin, car le dénoûment quelque peu sérieux de ,, cette scène burlesque, me fit au moins prendre en , pitié; mon étourdissement ayant peu duré, j'eus (.l'excellente idée de feindre qu'il durait toujours, ,,et de me laisser transporter hors de la salle, le visage ,, ensanglanté par une blessure peu dangereuse; je re- ,, cueillis ainsi, sur mon passage, toutes sortes de ,, paroles empreintes d'intérêt ou d'attendrissement.

,, — Pauvre diable ! . . . ■ — disait l'un , — pour un ,, prix d'honneur; ... il avait l'air béte comme une oie, ,,... mais c'est dommage qu'il ait fait une pareille ,, chute! . . .

,, — Moi, — disait l'autre, — je regrette que le ,,colin-m<nllard n'ait pas duré plus long-temps; j'ai vu ,,le moment où il allait prendre l'évèque par la tête.

,, — Ah! ah! ... c'est vrai! — reprenait un troi- ,,sième, — j'en rirai long-temps, etc., etc.

„Toucliantes preuves de sollicitude qui m'accora- ,,pagnèrent jusqu'à ma sottie de 1 1 s ille.

,,Huit jours après ce dernier triomphe, je perdais ,,mon pauvre père; la douleur de me voir d'abord si ,, moqué, puis sa frayeur de me voir ensuite rapporter ,,tout ensanglanté, lui causèrent une telle révolution ,, qu'en quelques jours il succomba.

,,M. Raymond, en homme habile, avait vendu sa ,, maison d'éducation au moment où elle atteignait ce ,, point de faveur qui ne peut que décroître. Pendant ,,que j'assistais à l'agonie et à la mort de mon pauvre ,,père, M. Raymond, après avoir installé son successeur ,,à sa place, était parti pour la Touraine où il comptnit ,,se reposer désormais de ses travaux; j'avais seulement ,,reçu de lui un petit mot où il me disait que, craignant „de me distraire des pénibles préoccupations qui me ,, retenaient auprès de mon père, il partait à son grand ,, regret sans me voir, mais qu'il m'avait particulièrement ,, recommandé à son successeur.

,,Sommo toute, je n'étais plus bon à rienàM. Ray- „mond , et il était enchanté de cette occasion de se dé- ,,barrasser de moi.

.,Mes relations avec son successeur furent très- ,, courtes et très-simples; c'était un homme froid, par- ,,faitement poli, mais, à ce qu'il m'a paru, détestant ,, d'encourager les illusions, et allant droit au fait.

,, Voici à-peu-près son langage:

,, — Cher Monsieur Requin , vous avez été le meilleur ,, élève de la pension Raymond; vos brillantes études ,,sont finies, la mort de M. votre père vous laisse com- ,,plètement maître de vous-môme. Cependant si vous ,,ne jugiez pas à propos de quitter tout de suite celte

, .maison dont vous avez été l'orgueil, je serais heureux ,,de vous prouver l'estime que je fais de vous, l'un des ,,plus brillants élèves de l'Université, en vous offrant ,,une place au dortoir et au réfectoire de la maison, ,, pendant . . . quinze jours . . . Après quoi, cherMon- ,, sieur Requin, croyez que mes vœux vous accompagne- ,,ront toujours dans la carrière que vous jugerez à propos ,,de suivre.

,,A ces mots: — suivre une carrière, je restai stu- ,,pide, abasourdi, pétrifié.

, .Quelle carrière allais-je suivre? je n'avais de ma ,,vie pensé à cela, et M. Raymond, exploitant mon ,. présent, ne s'était pas le moins du monde occupé de ,,mon avenir. A quoi étais-je bon, à quoi étais-je ,, propre, avec ma pacotille d'une trentaine de couronnes ,, fanées, a^ec mes cent cinquante volumes de prix ,, magnifiquement reliés, sans compter mes qualités ,, d'excellent humaniste? Je sentis alors combien j'avais ,,eu raison de me trouver très bête malgré mes succès, ,,et je regrettai plus amèrement que jamais l'établi de ,,mon pauvre oncle le tailleur.

„Le successeur de M. Raymond devina mon embar- ,,ras, et me dit:

,, — Cher Monsieur Requin, après vos brillantes ,, études, vous devez nécessairement, pour qu'elles vous „soient fructueuses, vous faire d'abord recevoir bache- ,,Iier-ès-lettres, puis suivre les cours de l'école de mé- ,,decine, de l'école de droit ou de l'école normale, afin ,,de devenir médecin, avocat, notaire, avoué ou pro- ,,fesseur; mais, pour suivre ces cours, il faut avoir ,,de quoi vivre, de quoi payer les inscriptions. Avez-

,,vous de quoi vivre? avez-vous de quoi payer vos in- ,,scriptioDS?

,, Je n'ai rien du tout que mes courounes, mes livres ,,et le mobilier de mon père: un lit, une commode, ,,une table et deux chaises.

,, — Cela n'est pas suffisant, — me répondit le suc- ,,cesseur de M. Raymond, avec son air froid et raétho- ,,dique; — je vous aurais bien proposé de faire ici des ,, répétitions; mais un professeur qui a été le camarade ,,de presque tous les élèves ne peut jamais avoir l'auto- „rité nécessaire pour les dominer, surtout lorsque sa ,, timidité naturelle, et ... et je me permettrai même ,,de dire . . . lorsque son physique . . . n'est malheu- „reusemcnt pas tout-à-fait apte à commander ce respect, ,,sans lequel il n'est pas de subordination possible.

,, — Je n'ai pas de quoi étudier pour être médecin, ,,ou avocat, ou notaire, c'est vrai, — m'écriai-je de ,,plus en plus ébahi; — mes élèves, si j'en avais, me ,, riraient au nez, c'est tout simple, je n'aurai jamais ,,[e courage et la fermeté nécessaire pour leur imposer, ,,ça va de soi-môme; mais alors qu'est-ce que vous , .voulez donc que je fasse?

,, — C'est une question à laquelle il m'est impossible ,, de répondre, cher Monsieur Requin; je n'ai pas résolu ,,le problème de votre avenir: je l'ai posé clairement ,, devant vous; la solution future vous regarde, et, ainsi ,,que j'ai eu l'honneur de vous le dire au commencement „de cet entretien, mes voeux vous accompagneront ,, toujours dans quelque carrière que vous suiviez.

,, — Mais, Monsieur, puisque toutes celles que je ,, pourrais parcourir me sont fermées, parce qu« je suis

,, pauvre, à quoi bon m'avoir donné l'éducation que l'on ,,m'a donnée? Qu'est-ce que je vais devenir?

,, — J'ai déjà eu l'honneur de vous faire observer, ,,cher Monsieur Requin, que je posais le problème de ,, votre avenir sans le résoudre ... La solution appartient ,,à vous seul . . . Sur ce, ... croyez que mes vœux, etc., „elc., etc.

,,Et il me fut impossible d'en tirer autre chose.

,, Pendant les quinze jours de grâce que m'avait si „généreusement accordés le successeur de M. Raymond, ,,je restai complètement inerte, abattu, hébété, in- „capable de prendre une résolution , par cette excellente ,, raison que je n'en voyais aucune à prendre. Ainsi „que les gens qui n'ont pas l'énergie de prendre un parti ..décisif en songeant pourtant qu'un événement fatal ,, approche, je me disais que , sans doute, le successeur ,,de M. Raymond m'accorderait quinze jours de plus, ,, puis quinze autres encore. Je dois avouer qu'il me les ,, eût accordés, qu'au bout de deux mois, de trois mois, ,,je n'en aurais pas été plus avancé. Or, ce digne ,, homme, étant plein de bon sens et de pénétration, fit ,, sans doute cette réllexion pour moi, car, le quinzième ,,jour, à midi sonnant, il entra dans la classe vide et ,, solitaire où je me tenais d'habitude (tous les élèves ,,étaient alors en vacances), et me tendant la main d'un „air à la fois formaliste et pénétré, il me dit :

,, — Je viens vous faire mes adieux, cher Monsieur ,, Requin ... très-cher Monsieur Requin.

,,Je compris qu'il n'y avait plus d'atermoiement ,possible, et je répondis avec un soupir de résignation :

„— Allons! Monsieur, je vais partir. Je vous de-

,, mande seulement le temps d'aller quérir un commis- ,,sionnaire pour emporter les meubles de défunt mon ,,père, mes volumes de prix et mes couronnes.

,, — Vous avez donc arrôté un logement?

,, — Non, Monsieur.

,, — Et ce mobilier ... ces livres ... où allez-vous ,,Ies faire porter?

,, — Je ne sais pas.

,, — Vous m'intéressez vraiment beaucoup, — me dit ,,le successeur de M. Raymond, — et quoique je me sois ,,fait une loi de ne conseiller jamais personne, c'est ,,une trop grave responsabilité. Voici ce que je vous ,, propose: vos livres de prix et vos couronnes seraient, ,, comme témoignage et souvenir honorable de vos succès, ,, parfaitement placés dans la bibliothèque de la pension ; ,, cédez-les moi. Je m'arrangerai aussi du mobilier de ,, M. votre père: il servira au concierge qui le remplace, ,,et, si vous m'en croyez, vous vous logerez en garni; ,,pour un jeune homme c'est plus commode. Je vais ,,donc vous solder vos volumes à cinq francs pièce, c'est ,,plus que vous n'en trouveriez chez un bouquiniste; un ,, tapissier voisin va estimer le mobilier: je retiendrai ,,sur ce solde le compte des funérailles de M. votre père, ,,dont voici la petite note acquittée, et je tiendrai le , .surplus à votre disposition.

,, Deux heures après, je sortais de chez le successeur ,,de M. Raymond, avec un paquet sous le bras, et 720 fr. ,,dans ma poche.

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