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savent faire, c'est de se mettre au service de quelque dame noble {gentil donna), l'un en qualité de poëte, et promettant de la louer éternellement en prose et en vers : ^ Je mettrai toute mon étude à faire valoir ses charmes en rimes choisies, et je louerai, vanterai avec amour tantôt ses yeux charmants, tantôt ses blondes tresses, tantôt sa belle gorge, tantôt sa main blanche, tantôt son doux regard, ses paroles, ses gestes, sa grâce, son honnêteté, ses vêtements et sa démarche : et cela de diverses manières, en chapitrés, en épitres, en épilogues, en églogues, en chansons, en impromptus, en sonnets, en madrigaux, en stances, en odes, en facéties, en ballades. »
L'autre, renchérissant sur cette frivolité d'emploi, s'offre en qualité de valet de chambre parfumeur. « Les femmes auxquelles je rendrai mes services n'auront pas à craindre ces emplâtres et ces onguents qui restent collés aux lèvres de vos maris, quand ils veulent vous embrasser. Je sais faire des eaux distillées des plantes ou des bois odoriférants, lesquelles non-seulement embellissent le visage et le col, mais encore remplissent la chair des plus suaves odeurs : eau pour crêper et blondir les tresses, eau pour découvrir et unir le front, eau pour rougir et rembrunir les cils, eau pour colorer les joues, eau pour rendre les lèvres roses, eau pour les dents blanches, eau à blanchir le cou, eau pour adoucir la gorge, eau pour blanchir les mains. Leurs vertus employées sur les diverses parties du corps dureront trois jours et trois nuits, et il n'en résultera pas, comme de ces vulgaires onguents, cette pâleur ombrée de couleurs différentes qui reste sur le visage le lendemain matin. Je
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liens do i'udeur au musc, ù la civette, à l'ambre, au benjoin, à la lavande, au styrax, et, plus ou moins, j'y mêle une mixture des sucs de certaines autres herbes ou fleurs, ce qui devient tellement suave, que je maintiens l'odeur de ces arômes capables de conserver le corps et l'àme. Les eaux rousses parfumées, les eaux de jasmin, de fleurs d'oranger, de fleurs de cédrat, je les répute nulles, parce que je distillerai les essences de plantes inconnues qui l'emporteront comme odeur sur celles qui sont les plus admirables et les plus précieuses aujourd'hui. »
En 1576, Flaminio Scala (Flavio), comico acceso (amoureux), dans la fleur de l'âge et du talent, se mit à la tète de la troupe des Gelosi, et, pendant vingt-huit ans, sut obtenir les suffrages de la France et de l'Italie. Cette troupe, reconstituée à Venise en 1576, vint à Blois en 1577 jouer devant le roi Henri III; puis à l'hôtel de Bourbon, qui n'était plus qu'une galerie et une chapelle, et où l'on établissait à l'occasion un théâtre pour les fêtes de la cour. Le chef-lieu ordinaire de la compagnie des Gelosi était Florence. De là, elle faisait des tournées dans les principales villes d'Italie et en France.
De 1576 à 1604, les personnages et acteurs de cette troupe remarquable furent, dans l'emploi des amoureux : Flavio (Flaminio Scala), Oratio (Orazio Nobili, né à Padoue), AuRELio (AdrianoValerini, gentilhomme de Vérone, docteur en droit et assez bon poëte latin); il quitta les Gelosi en 1579 pour prendre la direction des Comici uniii. C'est à la tête de celte troupe qu'il fut accueilli, en 1585, par le cardinal Charles Borromée à Milan ; Cintiuo (Cintio Fidenzi), Fabrizio .