‹ Masques et bouffons; comédie italienneChapitre 28 sur 41 · LEL · texte numérisé non relu

LEL

Les amoureuses : Isaiklia (Isabella Aiidreini), Fi.amima, ÂUDELiA, LutiA (seconde femme de G. B. Andreini), Laiua.

Les servantes : Franceschina (Silvia Ronca^jli), Vittoria (Antonella Bajardi), Pucckhina (^laria Antonazzoni), Oli- VETTA, OnTE>siA, Nespola. Les vieilles étaient jouées sous le nom de Pasquella.

Les valets : Pedrolim», Aulecchinu, Burattino, Gru^lo, MEzzETI^"o, Cavicchio (paysan), Ciccialboncio (paysan), BiGOLO, Memmei, Piombino.

Les vieillards : // dot tore Graziano, Pantalone, Zanobio, Cassandro, CoRNELii), TosANo, Adome, Claudio, Cataldo; il capitan Spavento (Francesco Andreini), Nicoletto. Sireno, qui fut un des premiers rôles de Domenico Bruni (Fulvio), qui entra dans la troupe en 1594. il avait alors quatorze ans; fils d'un vieux comédien, errant, presque nu, il fut accueilli par Scala et engagé pour improviser quelques bouts de rôles, en attendant qu'il fût en âge de tenir l'emploi des amoureux. Quelques années plus tard, il passa au service de la princesse de Piémont.

Les deux autres apparitions les ])lus remarquables qu'aient faites, en France, Flaminio Scala et sa troupe paraissent être celles de 1588 et de IGOO, avec la célèbre Isabella Andreini, son mari et son fils. Après la mort d'Isabella, Flaminio Scala, fatigué du théâtre, abandonna la conduite de la troupe qui se dispersa. Il s'occupa de l'impression de ses ouvrages dramatiques qui se montent à plus de cinquante, et aida en outre son ami Francesco Andreini à publier les manuscrits qu'Isabella avait laissés. Le recueil de Flaminio Scala est intitulé : il Teatro delIc

30(i LA COMKDIE ITALIENNE.

fiirnlc rapprcsciilalirc , orcro la ricrcdlioiir cortiiai, bosaticccUi (cliauipètre) c Iraf/ica; divisa in ciiuiiiaitta fjionialc. (jjiiijiosIc (la Flamiiiio Scala , dello Flavio , cuniicu dcl sercnias. si(j. diica di Mdiiloiia. In Vcnclia 1011.

Dans le recueil de ces canevas, les scènes ne sont pas dialoguées, mais cependant exposées avec assez de détails. Personne n'avait pris ce soin avant lui; on n'avait de fixé que des fragments ou scènes détachées, bouffonneries pour ainsi dire classiques, traditions des atellanes, qui s'intercalaient, plus ou moins à propos, dans les canevas de libre improvisation. Flaminio Scala sut les coudre plus habilement à des canevas d'une forme plus suivie et plus claire, et en faire véritablement son œuvre. Il les joua par toute l'Italie, ainsi que les comédies de Groto, de Lasca, de Cecchi, de Beolco, et même des tragédies et des opérasballets. Cette méthode de jouer les deux genres, Vimprompiu et V académique , a duré jusqu'au dix-huitième siècle, dans les troupes qui parcouraient l'Italie, la France et l'Allemagne.

En tète du recueil de Flaminio Scala, on lit avec intérêt une préface ou discours aux lecteurs courtois, écrite par Francesco Andreini, Comico geloso, dctio capitano Spavento, laquelle prouve que Flaminio Scala fut le premier rédacteur et auteur -sérieux de canevas proprement dits.

« L'homme qui naît en ce monde doit, dans sa jeunesse, s'appliquer à quelque genre de mérite, pour en vivre honorablement, se contenter lui-même et charmer les autres, par la raison que l'homme ignorant et vicieux est mauvais pour liii-mènie et nuisible à son prochain. Ainsi, celui qui voudra parvenir à quelque genre de perfection, doit faire

lin choix parmi les sept arts libéraux et s'y exercer. Je ne parlerai pas de Lysippe, de Roscius, de Socrate, de Tite, de Varron, et de tant d'antres qui, de grossiers et ignorants, se sont faits grands et immortels par le niovoii de la science et de la vertu.... Je dirai seulement que le s'u/nor Flaniinio Scala, dit Flavio sur le théâtre, se conformant à cette maxime de conduite, se donna dès sa jeunesse au noble exercice de la comédie (chose non dégradante pour sa noble naissance), et dans cet exercice fit tant et de tels progrès, qu'il mérita d'être placé au premier rang des bons comédiens.... C'est pour cela que le si(/uor Flavio, après de longues années consacrées à réciter la comédie, a voulu laisser au monde, non ses belles paroles, non ses magnifiques concetii, mais ses comédies qui, en tout temps et en tout lieu, lui ont fait le plus grand honneur. Le sitjnor Flavio aurait pu (il avait pour cela toute la capacité requise) étendre ses œuvres et les écrire mot à mot, comme les auteurs ont coutume de faire; mais de ce que, aujourd'hui, on voit beaucoup trop de comédies imprimées avec des versions différentes et qui secouent le frein des bonnes règles, il a voulu, par celle sienne nouvelle invention, publier seulement le scénario de ses comédies, laissant aux beaux esprits (propres seulement à l'art de bien dire) le soin de les dialoguer. »

Francesco Andreini ajoute que, pour faciliter la représentation et la mise en scène de ses pièces, Scala a fait un argument pour chacune, nommé et distingué les personnages, et dressé une liste des habits et objets nécessaires sous la dénomination de mlM (accessoires) per la comedia.

Cette liste est curieuse en ce qu'elle révèle une mise en scène assez compliquée :

« Une tète semblable à celle du prince de Maroc. Une belle valise en })eaii.

Un bâton pour bâumncr.

Un plat de fijjucs et i)eaucoup de lanternes. Quatre torcbes blanches allumées.

Deux vestes à la hongroise.

Une chatte vivante et un coq vivant.

Deux feux avec de la fumée.

Beaucoup de chemises pour babiller Arlequin en femme.

Quatre chiens de chasse et un habit de cliasseur ridicule pour Arlequin.

Une cassette de bijoux, une chemise et un poignard pour Isabelle.

Deux boîtes de bonbons, un paquet de chandelles et un morceau de fromage.

Deux bagues semblables.

Un grand miroir à pied et beaucoup de monnaie. Les lanternes n" 6.

Deux habits et deux barbes postiches pour habiller deux notaires.

De la composition pour imiler le sang d'une blessure. Un panier avec un paquet de lettres dedans. Quatre habits d'Esprits.

Un tout petit portrait de femme .

Une barbe semblable à celle de Pantalon.

Un habit de voyage, c'est-à-dire un chapeau de llutro, des bottes et des éperons.

Une chemise sale et mouillée pour le Capitau .

Une lune simulée qui se lève.

Deux fusées volantes.

Un grand arbre pour s'asseoir dedans.

Quatre beaux habits de nymphes.

Un pot de nuit avec du vin blanc dedans.

Des arbres peints pour se transformer.

Deux enfants au maillot, vivants.

Un très-beau navire.

Un tremblement de terre, etc., etc. »

Nous croyons jeter une lumière utile sur une époque peu connue de notre sujet, en traduisant, comme spécimen, un des canevas ou journées [giomate) de Flaminio Scala, non comme une œuvre qui aurait de la valeur aujourd'hui , mais comme une preuve de l'habileté relative à laquelle étaient déjà arrivés les auteurs et les comédiens (leW arte.

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