‹ Masques et bouffons; comédie italienneChapitre 34 sur 41 · OTTAVIO · texte numérisé non relu

OTTAVIO

Le 2 novembre 1688, Jean-Baptiste Constantini, frère puîné d'Angelo Constantini (Mezzetin), étant arrivé de Vérone, sa patrie, débuta uu théâtre sous le nom d'OîTAvio {planche 25).

a Le 2 novembre 1688, les comédiens italiens ont joué ï pour la première fois une comédie toute italienne, inti-

» tulée la Folie d'Otiarin. Celui qui représente Ottavio est » un jeune homme qui t'ait le personnage d'amant. Il est I. fils de Gradelin et frère de Mezetin. Il fut applaudi de » toute l'assemblée. Il joua de sept sortes d'instruments, » savoir : la tlùte, le théorbe, la harpe, le psaltérion, la » cymbale, la guitare et le hautbois, et, le lendemain, il » y ajouta l'orgue. Il ne chante pas mal, et danse fort » bien. Il est bien fait de sa personne. » {ISoie de M. de Tralage.)

Octave succéda à Aurelio dans l'emploi des seconds amoureux.

En l69-i, il prit les premiers rôles, quand Cinthio les quitta pour ceux de docteur et de père.

En 1697, après l'expulsion des comédiens italiens par ordre de Louis XIV, Constantini se retira dans sa patrie, à Vérone, et rendit des services importants aux généraux français 'pendant la guerre de 1701. Les Impériaux s'en vengèrent enfaismii le dégât dans ses propriétés.

« Le chevalier de Lislière, envoyé par le roi en Italie 9 pour reconnaître les postes, les campements et les mar- » ches des ennemis, certifie que le sieur Constantini j> Octave, gentilhomme de Vérone, a donné des preuves ï essentielles de son zèle et de son attachement pour la » France; ayant fait plusieurs voyages par ordre des généj> raux, et si utiles, qu'il a été le premier qui a donné B l'avis de la marche des ennemis en Italie; ce qu'il a fait » à ses dépens, ayant refusé les gratifications que les généy raux lui ont offertes; et que les ennemis ayant su, et étant ï informés de son zèle pour la France, lui ont ruiné les

» biens qu'il avait aux environs de Vérone; et m'ayant » demandé le présent certificat, comme ayant été souvent » chargé de lui donner les ordres des généraux, je n'ai » pu refuser mon témoignage pour marquer le zèle et l'at- » tachement dudit sieur tlonstantini aux intérêts de la B France, et la manière désintéressée avec laquelle il en » a donné des preuves.

» Fait au camp de Saint-Pierre de Linage, le 12 juin 1701.

» SUjné LisLiÈRE. »

Ottavio revint à Paris en 1708 complètement ruiné, et obtint du roi, par la protection du maréchal de Tessé, en récompense des services qu'il avait rendus aux armées devant Vérone, l'inspection de toutes les barrières de Paris. Cet emploi, assez considérable, le mit à même de monter des représentations, et de faire une sorte de théâtre italien aux foires Saint-Germain et Saint-Laurent en 1712, Mais, comme il avait peu d'ordre et beaucoup de besoins, il fit d'assez mauvaises affaires. Aussi, quand la troupe italienne appelée par le Régent vint en France en 1716, il alla offrir ses services à ses compatriotes qui les acceptèrent avec empressement. Mais, soit désordre ou incapacité des gens qu'il employa pour monter les machines et faire les réparations au Palais-Royal , ses camarades le remercièrent au bout d'un mois.

Il mourut, en 1721, à la Rochelle. « Il avait de l'esprit » et des talents pour la conduite d'un spectacle; mais, K ainsi que son père Gradelin et son frère Mezetin , l'amour

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» effréné des femmes et les dépenses do la table le rendi- » rent toujours malaisé et misérable à la lin de sa vie. »

Jean-Baptiste Constantini avait épousé, en Italie, une très-belle femme nommée Térésa ('orona Sabolini, qui jouait sous le nom de Dia.xa. Elle ne vint point en France avec son mari.

En 1694, Cliarles-Vi{;ile Romajjnesi de Belmont, petit-fils d'Aurelia et d'Oraziu, ciéliuta h la Comédie italieime sous le nom de Léam»iœ,

Doué d'une jolie fij'ure et de talents innés pour l'art dramatique, il joua tous les amoureux jusqu'en i697. Après la fermeture de la Comédie italienne, il s'engagea dans la troupe de Tortoretti (Pasquariello) et parcourut la France avec lui. Il s'éprit de la tille de Jean-Baptiste Constantini (Ottavio), qui courait aussi la province, alla avec celui-ci en Lorraine, revint à Paris en 1707, oii il épousa celle qu'il aimait (Elisabetta Constantini). Il mourut en 1701.

^^l,ULIS llICCODU.Mj.

« Louis Kiccoboni (^dit Lelm) était né à Modène en 107-4; fds d'un comédien célèbre, il suivit la profession de son père, Antoine Iliccoboni, et remplit toujours avec succès l'emploi de premier amoureux sous le nom de Federigo. Il entra dans la troupe de la signora Diana, femme de Jean-Baptiste Constantini, connue dans l'ancienne troupe sous le nom d'OriAviA Dia.na; elle l'engagea à quitter le

:!38 LA COMKDII'. ITALIENNE.

nom de I^derijjo jtoui' prendre celui de Leliu, qu'il u toujours porté depuis, en Italie et en France. Riccoboni avait épousé, en premières noces, la sœur de Francesco Materazzi, (jui jouait le personnage du Docteur dans la troupe du Régent. Cette première femme se nommait Gabriella Gardelini, et jouait les soubrettes; mais elle quitta cet emploi j)our les secondes amoureuses. Elle mourut jeune et sans laisser d'enfants à Riccoboni, qui se remaria et épousa Elena Raletti (dite Fi-amima). »

Louis Riccoboni avait été chargé de former la troupe italienne qui vint en France, en 1716, sous le titre de Comcdiens ordinaires de S. A. S. monseicjncur le duc d'Orléans, n'fjent de France. Il avait alors vingt-deux ans.

Le 26 avril 1729, il prit sa retraite avec sa femme Flaminia et son fils François Riccoboni; mais Flaminia et Riccoboni fils rentrèrent au théâtre quelque temps après.

Lelio jouait avec beaucoup d'entrain; « personne ne caractérisait les ])assions outrées avec tant de vraisemblance ». II joignait au talent d'acteur excellent celui d'auteur distingué. Il a composé une trentaine de pièces, et, de plus, une Histoire raisnnnce du Tlicàlre italien, un Pocme italien sur la dcclanialiun , des Observations sur la comédie et sur le génie de Molière.

Après avoir pris sa retraite, il se rendit à la cour du duc de Parme, qui lui donna l'intendance des théâtres de son duché et de sa maison. Après la mort de ce prince, il revint en France, où il mourut, en 1755, âgé de soixantedix-neuf ans.

« Dans l'année 1690, à l'âge de treize ans, dit-il dans

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