‹ Masques et bouffons; comédie italienneChapitre 35 sur 41 · I.KI.IO. :j:i!i · texte numérisé non relu

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son Histoire du Théâtre italien , je commençais à fréquenk'i" le théâtre : presque Ions les comédiens de ce temps- là étaient ignorants... Les amoureux étaient des fils de comédiens sans aucune éducation, ou des jeunes gens i[iii embrassaient la profession de comédien par un piincipe de libertinage. » Iliccoboni parle, dans son Histoire, d'un acteur qui chercha comme lui à relever la donne comédie, c'est-àdire la comédie classique, apprise par cœur et versifiée.

« Comme dans toutes les professions, dit-il, il se trouve souvent un homme d'esprit et de goût qui se distingue des autres; dans les derniers temps où les comédiens avaient encore la liberté d'aller jouer à Uonie pendant le carnaval, un jeune homme de cette grande ville prit le parti de la comédie et suivit une troupe. Il eut le bonheur de tomber entre les mains de Francesco Calderoni, dit Silvio, et d'Agata Calderoni, dite Fi.a.\m.m.\, sa femme, dont la mienne est petite-fille, qui, ayant conservé un reste de cet art (la comédie classique), lui ouvrirent une bonne porte et lui montrèrent le bon chemin.

> Ce jeune homme, qui ne chercbail qu'à se faire honneur, passa par tous les degrés de la comédie, et, par son application et son étude, parvint à être chef d'une troupe et le premier acteur de son temps; celui dont je jjarle se nomme Pietro Cotta, dit Lelio; il a toujours passé pour un homme d'une grande probité, ennemi déclaré de toutes les pensées équivoques et de toutes les licences qui, à la fin du siècle passé, étaient si fort en usage sur nos théâtres déréglés. »

En eHèt, Lelio voulut relever la (•(uiiédie ■< dans toute:?

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les règles et en vers. « Ce lïU à Venise ((ii'il doiiiia, pour la [d'cniière fois, VAristodcmo, ilcl Doilori , et il ciil soin (Taverlir son publie « (pi'il n'y avait |)f>iii( d'Arlequin dans la pièce, mais que le sujet était très-touchant. » Ce nouveau genre de spectacle n'enl (pi'iiii |)ctil iioiid)re d'admirateurs. Rodofjum' , Iphificnic eu Aiilide n'amusaient pas la masse du public. Quelques autres directeurs cherchèrent à imiter cette nouvelle école classique, mais sans succès; on demandait Arlequin, Briguelle, Pantalon, les coups de bâton et les bonnes bouftbnneries. Pietro Cotta, dégoûté, se retii'a.

Riccoboni vint en France avec cette manie de tragédie dans la tête. Mais nous n'avions pas besoin de comédiens italiens pour pleurer; il fallait rire : aussi Riccoboni, ayant t'ait fausse route chez nous aussi, se relira à Parme, où il lil jouer des tragédies ou des comédies classiques françaises, traduites en italien , dans lesquelles Pantalon et le Docteur devinrent de vrais pères nobles, et où les valets. Arlequin et Scapin, perdirent également leur physionomie.

L. Riccoboni fut donc dévoré du singulier désir de détruire la comédie italienne, cette commedia deW arie à laquelle il devait ses meilleurs succès, et dont il a parlé en homme éclairé et compétent dans son ouvrage. Peut-être sa physionomie sombre, ^ qui lui servait à peindre les passions terribles et outrées », lui inspira-t-elle l'idée de se jeter dans le genre sérieux et tragique. Cependant il avait eu une véritable vogue dans son véritable genre.

« Le succès de l'Italien marié à Paris et la manière dont ï Lelio et Flaminia dialoguaient leurs scènes firent douter » à plusieurs personnes qu'elles fussent en etTet jiMiées à

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