I.KI.IO. ^ ;ui
» Yhupromptu. Les ennemis de h troii|i(' iialienne el les » comédiens français appuyèrent ces soupçons. Celle ({iiesï lion élait continuellement agitée dans Paris, et s(ir(oiit » au café Gradot, où les gens de lettres s'assemblaient » alors. »
Les deux volumes de Kiccoboni, intitulés un peu présomptueusement Histoire du Tlicâire italien, sont un travail utile à consulter sur la commedia deW arte, bien que fort incomplet, ouvrage mal écrit, et cependant écrit agréablement par un Italien qui fait un français à son usage, et (jui ne manque ni d'esprit ni de sens.
11 apprécie avec justesse et finesse l'art du théâtre, i)it'ii (fue, dans l'application de ses théories, il manque trèssouvent de goût, ce qui prouve que la critique est plus facile que la pratique.
Louis liiccoboni avait amené avec lui comme second
amoureux, en 1716, Joseph Balelti, dit Mario, qui, en 1720,
épousa Jeanne-Rose Benozzi, si connue sous le nom de
Sn.viA.
« Mario, que chacun renomme
» Pour un acteur ingénieux ,
» Le rôle que tu fais le mieux ,
)) C'est le rôle d'un galant homme. »
Joseph Baletti, né à Munich, mourut en 1762.
Le lô avril 1725, Jean -Antoine Romagnesi, fils de Gaétan Romagnesi, et petit-fUs de 3Iario-Antonio Romagnesi [Ciiuliio), débuta à la Comédie italienne par le rôle de Lelio, y fut reçu, et joua depuis les amoureux sons ce noiu. Il naquit à Namur en 161)0. Sa mère, Anne Tiicliard,
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après la mort de Ciuihio, se remaria, à Bruxelles, avec un certain Duret. Ce beau-i)ère maltraitait fort le jeune liomme, (jui avait déjà débuté dans la troupe de sa mère avec assez de succès. Il avait alors quinze ans. Outré des duretés de sa mère, et désespéré par les mauvais traitements de Duret, il résolut de les quitter et de se faire militaire. Il s'empara des nippes qui lui tombèrent sous la nuiin, et partit. Il s'engagea avec un capitaine qui ne le traita pas mieux que ses parents, bien que, pour se le rendre favorable, il lui eût fait présent de sa montre : c'était ce qu'il avait de plus précieux. Romagnesi, ne pouvant supporter plus longtemps les coups, déserta et entra dans les troupes du duc de Savoie, où il s'engagea avec un autre capitaine, qui renchérit sur la brutalité du premier. Tombant toujours de Charybde en Scylla, il eut recours à Quinault, qui était alors à Strasbourg, et lui fit part de sa triste situation. Quinault lui répondit d'aller à Bàle, où il trouverait le moyen de se rendre à Strasbourg. Ilomagnesi déserta une seconde fois, et, de cure en cure, de couvent en couvent, il parvint à subsister et à gagner les portes de Bàle, sans le sou et en guenilles.
Mais, aux portes de Bàle, on ne recevait personne venant du côté de la Savoie, sans lui avoir fait subir un interrogatoire en règle. Que faire? A cent pas de la ville, il aperçoit un troupeau de cochons conduit par un entant de dix ans. Il s'avance vers lui, et, d'un ton à le faire rentrer sous terre, il lui prend son fouet et lui ordonne d'attendre une heure avant d'entrer dans Bàle; puis, poussant devant lui quatre ou cinq des plus gros porcs : « Tu les retrouveras, dit-il, à