ACTE PREMIER
Le capitan Spavento, Flavio, puis Flaminia.
Spavento raconte à Flavio, son ami, qu’il est amoureux d’Isabelle, veuve de qualité et sœur d’Orazio. Le sachant
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lié avec Orazio, il le prie de vouloir bien lui en parler et de tâcher d’obtenir de lui la main de sa sœur Isabelle. Flavio lui promet de s’y employer, et, à son tour, découvre au capitan que, lui aussi, est amoureux et vient d’écrire une épître amoureuse. Flaminia se montre à sa fenêtre, appelle son frère le capitan et lui dit de rentrer, des lettres étant arrivées pour lui; après quoi elle se retire. Flavio , lui ayant vu un livre à la main, demande au capitan ce que sa sœur a tant à étudier? Le Capitan dit qu’elle 11e fait autre chose, du matin au soir, que de lire des romans de chevalerie et des histoires d’amour. Flavio prie le capitan de lui corriger la lettre qu'il a écrite, avant qu’il l’envoie à celle qu’il aime. I.e Capitan la prend, mais il dit qu’il la donnera à corriger à sa sœur Flaminia, qui est plus habile et plus instruite que lui. Il rentre dans la maison, après avoir rappelé à Flavio la promesse qu’il lui a faite de parler de lui à Orazio. Flavio se réjouit de la bonne fortune qui fait parvenir ainsi sa lettre à Flaminia, qu’il adore. (Il sort.)
Pantalon , Pedrolino.
Pantalon raconte à son valet comme quoi il est vivement épris d’Isabelle, et lui demande comment il faudrait s’y prendre pour l’avoir pour femme. « Ce serait de vous marier avec elle, » lui répond Pedrolino. Pantalon lui raconte ensuite que, après avoir débauché sa servante Franceschina, il l’a mariée à Burattino l'hôtelier, avec une dot de cinq cents livres, et qu’en outre il lui a promis de lui faire cadeau de mille ducats, le jour où elle mettrait au monde
LA COMEDIE ITALIENNE
un enfant du sexe masculin. Pedrolino loue beaucoup cette œuvre de charité, et vante la générosité de son maître. Le sachant si magnifique, il l’aidera volontiers dans sa recherche en mariage auprès d'Isabelle. Après quoi ils s’en vont par la rue.
Franceschina, Burattino, puis Isabelle et le Gantais7.
Ils sortent de chez eux en parlant de leurs petites affaires de ménage, de leur position qui n’est pas brillante, mais de laquelle ils pourraient cependant sortir, si Franceschina mettait au monde un garçon, Pantalon lui ayant promis mille ducats pour ce jour-là. Burattino dit à sa femme que cela dépend d’elle. Franceschina lui répond que c’est sa faute, etc., et ils se font des reproches réciproques en se disputant. Le bruit qu’ils font attire Isabelle à sa fenêtre : elle réprimande Franceschina de se quereller ainsi avec son mari; mais Burattino lui répond qu’elle ait à se mêler de ce qui la regarde et l’envoie promener, lorsque arrive le Capitan, qui, prenant la défense de son adorée, menace Burattino de le frapper. Isabelle demande grâce pour lui, et le renvoie avec Franceschina, après leur avoir donné de l’argent pour qu’ils n’aient plus à se quereller ensemble.
Le Capitan, Isabelle, puis Arlequin et Flavio.
Le Capitan , après de grands saints à Isabelle, lui demande des nouvelles de son frère et de Flavio. Isabelle dit 11e les avoir point vus, et reçoit les hommages du Capitan, qui fait le galant et lui dit mille douceurs; mais la conversation amoureuse est interrompue par Arlequin, valet de
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la maison, qui se fâche contre Isabelle et la fait rentrer, la menaçant de tout dire à son frère Orazio, qui ne veut point voir le Capitan. Le Capitan, en colère, menace Arlequin, qui le frappe. Flavio les sépare, et renvoie Arlequin, qui sort en faisant de terribles menaces au Capitan. Arlequin parti, le Capitan se met dans une furieuse colère et court après lui.
Flavio, puis Flaminia, Arlequin, le Capitan et Orazio.
Monologue de Flavio sur l’amour qu’il a pour Flaminia. Celle-ci paraît à sa fenêtre. Après les politesses et saints d’usage, Flavio lui demande si elle a reçu une lettre d’amour dont son frère s’était chargé, afin de la lui faire corriger. Flaminia lui répond qu’elle a reçu cette lettre, et qu’elle s’est fort bien aperçue qu’elle lui était destinée. Flavio avoue la vérité et lui déclare sa passion; mais ils sont interrompus par te Capitan et Arlequin, celui-ci armé d’un gros bâton. Ils font un grand bruit en se querellant et se battant. Orazio est au milieu d’eux et cherche à les séparer. Flavio court à son aide; et s’injuriant, criant, se bousculant, tous sortent.
Bur. \TTINO , puis DEUX VOLEURS.
Buraiiino, ayant, avec l’argent d’Isabelle, été chercher des provisions pour l’hôtellerie, revient avec un panier plein de victuailles. Mais il veut d’abord prendre un à-compte sur le souper, et manger quatre bouchées avant de rentrer chez lui. Il s’assied au milieu de la scène et se dispose à manger, quand deux voleurs viennent, le saluent
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très -poliment et s’assoient sans façon de chaque côté de lui. L’un des deux entame la conversation, et lui raconte qu’il est du pays de Cocagne, pays où l’on mange fort grassement et copieusement. Pendant ce temps, l’autre compagnon mange une partie des provisions de Burattino. Ayant fini, il prend la parole, et attirant toute l’attention de Burattino qui l’écoute la bouche béante, il lui fait un discours en trois points sur l’indélicatesse et sur les châtiments rigoureux qui attendent les voleurs. Pendant ce temps, le premier orateur du pays de Cocagne dévore et avale les restes du panier. Après quoi, ils s’en vont avec force politesses. Burattino, revenu de l’étourdissement que lui a causé leur flux de paroles, se met en devoir de manger, mais il ne trouve plus que le vide, et rentre chez lui en pleurant : ce qui termine le premier acte.