‹ Masques et bouffonsChapitre 41 sur 46 · LA COM E DTE. I T A L 1 E N NE · texte numérisé non relu

LA COM E DTE. I T A L 1 E N NE

les règles et en vers. » Ce fut à Venise qu’il donna, pour la première fois, Y Aristodemo , del Dottori, et il eut soin d’avertir son public « qu’il n’y avait point d’ Arlequin dans la pièce, mais que le sujet était très-touchant. » Ce nouveau genre de spectacle n’eut qu’un petit nombre d’admirateurs. Rodogune , Iphigénie en Au Iule n’amusaient pas la masse du public. Quelques autres directeurs cherchèrent à imiter cette nouvelle école classique, mais sans succès; on demandait Arlequin, Briguelle, Pantalon, les coups de bâton et les bonnes bouffonneries. Pietro Cotta, dégoûté, se retira.

Riccoboni vint en France avec cette manie de tragédie dans la tête. Mais nous n’avions pas besoin de comédiens italiens pour pleurer; il fallait rire : aussi Riccoboni, ayant fait fausse route chez nous aussi, se retira à Parme, où il ht jouer des tragédies ou des comédies classiques françaises, traduites en italien, dans lesquelles Pantalon et le Docteur devinrent de vrais pères nobles, et où les valets, Arlequin et Scapin, perdirent également leur physionomie.

F. Riccoboni fut donc dévoré du singulier désir de détruire la comédie italienne, cette commedia deli arte à laquelle il devait ses meilleurs succès, et dont il a parlé en homme éclairé et compétent dans son ouvrage. Peut-être sa physionomie sombre, «. qui lui servait à peindre les passions terribles et outrées », lui inspira-t-elle l'idée de se jeter dans le genre sérieux et tragique. Cependant il avait eu une véritable vogue dans son véritable genre.

« Le succès de l'Italien marié à Paris et la manière dont » Lelio et Flaminia dialoguaient leurs scènes firent douter » à plusieurs personnes qu’elles fussent en effet jouées à

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