BALIVERNES PARISIENNES
Piii*is4, celte ville si intelligente, si spirituelle, est certainement le lieu du monde où il se débite le plus d’impertinences, de platitudes et de balivernes. Les diseurs de rien y abondent et font paraître le véritable esprit fort rare. On n’en dit pas moins qu’il court les rues; mais ce sont manières de parler. Ce qui court les rues,
c’est la sottise; on l’atteint toujours sans la poursuivre. Si les gens d’esprit étaient chargés exclusivement de tenir le tapis afin d’amuser cette société parisienne qui veut être désennuyée, ils mourraient infailliblement à la peine. Il a fallu consentir à laisser passer de certaines sornettes qui sont à l’esprit ce que le strass est au diamant; on pourrait appeler cela l’esprit des bêtes. Beaucoup s’en divertissent, et c’est parfois un charmant
passe-temps. On ne demande à cette sorte de saillies que du naturel. Il appartenait à Gavarni, qui nous a montré tous les genres d’esprit, de nous donner, à titre de récréation, des modèles de ce dernier genre. On voit que cet observateur curieux a suivi la sottise à la trace; mais, en homme de goût, il ne nous en donne que les traits qu’un lecteur délicat goûtera à la faveur de la naïveté qui en est le sel.