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il reste dû à ce moment : quarante stare de seigle à M. Lanciares au coût de écus : cinquante-trois-lire ; cent six : vingt-deux stare blé blanc à M. Lanciares ; à lire cinq : cent dix ; seize stare grain rouge, au même à lire: quatre et six soit soixante-neuflire, soldi : dix ; à Mne Anna Rossa pour le prix du blé à ce temps-là déjà vendu, c'est-à-dire stare trente à lire quatre et six soldi soit lire, cent vingt-neuf et au noble Antoine Gastaudo, pour solde de grains achetés chez lui et à l'heure actuelle vendus ; lire : cinquante. En tout, lire : quatre cent soixante-quatre, soldi : douze.
(2) Sa situation n'est pas indiquée et nous savons simplement que € André Durante, fils de feu Antoine, et l'épicier Vincent Necco, fils de feu Jean, tous deux de cette ville (Nice) témoins de l'inventaire, habitaient près de feu Dominique Masséna, »
vert d'une grosse couverture de taffetas rouge et vert ; neuf « ramitelli ordinaires de maison »: une balance
romaine ; quatre cents barils ordinaires usagés et deux cent trente pour saler.
Les armoires renfermaient : une douzaine de serviettes, vingt chemises d'homme, une douzaine de nappes, une douzaine d'essuie-mains, huit draps de lit en toile ordinaire, quatre mouchoirs d'indienne « pour le nez », le tout usagé. Enfin, n'oublions pas deux fusils de chasse et un canon de rechange.
Dominique Masséna vivait là avec sa femme, cinq de leurs enfants et une jeune bonne.de dix-huit ans, Marie Simona (1). Il s'occupait de ses affaires et ne devait pas être facile à duper, car ses comptes, on l’a vu, étaient tenus exactement et il poursuivait ses débiteurs (2).
On le savaît riche et on lui empruntait de l'argent qu'il avançait volontiers, demandant quelquefois en garantie tel lopin de terre à Saint-Blaise, qu'il convoitait et qu'on finissait par lui vendre (3). Son portefeuille de maroquin rouge souvrait aussi pour les fils de famille, dont on retrouva à sa mort tout «un lot de quittances ».
Bourgeois, Dominique Masséna portait chemise à boutons d'argent, bas de soie, culotte courte et souliers bas à boucles d'argent. Il s'en allait ie dimanche avec son costume « couleur café », sa chaîne d'argent à son gilet, appuyé sur sa canne à pommeau de cuivre et sa physionomie était bien connue de tous.
Sa femme filait la toile, mais elle avait des bijoux : « cinq bagues d'or, dont une imitant une rose, une paire
(1) Nice, arch. dép. Série C. N° 4, T. L. folio 248, (recensement de la ville de Nice, 1734).
(2) Nice, arch. dép. Série C. 1733, L. 4, folio 352, actes du 28 mai 1733, 10 mars et 15 avril 1733.
(3) Nice, arch. dép. Série C. 1731 L. 2? folio 354 $ 2 2 » DCE RS EEE) 80
de boucles d'oreilles en or avec pierres blanches et bleues, quatre croix en argent, un grelot d'enfant, en argent ».
Son union avec Lucrèce Blanc fut heureuse et huit enfants, trois filles et cinq garçons, naquirent de ce mariage, sept survécurent et l’un d'eux, Jules-César, devait être le père du maréchal. Tous furent baptisés en l'église cathédrale, à Nice, où ils étaient nés.
Quelques jours avant sa mort, Dominique Masséna fit son testament, qué reçut à Levens, le 6 juillet 1735, M: Antoine-François Malausséna, notaire. Ïl instituait comme ses héritiers naturels ses quatre fils ençore mineurs : Augustin-Marie, Jules-César, Antoine-François et Jérôme-Marcel, sous la tutelle de son père Augustin et de sa femme, née Lucrèce Blanc. Aucune de ses filles n'est mentionnée dans cet acte. Dominique Masséna mourut quelques jours plus tard, il avait trente-neuf ans.
Ses biens restèrent de longues années dans l'indivision entre les héritiers et Augustin-Marie, fabricant de savon, qui avait repris les affaires de son père, s'en occupait depuis la mort de sa mère, Lucrèce Blanc, et gérait pour le compte de ses frères et neveux, pour la plupart absents de Nice. Mais en 1786, on résolut de faire cesser cette situation, l'entente amiable fut impossible au début, un procès fut commencé et un accord intervint plus tard aux termes duquel les biens furent partagés en lots et tirés au sort.
Comme son mari, M" Lucrèce Blanc, veuve Dominique Masséna, fut une figure caractéristique. Au cours de son long veuvage de quarante-quatre ans, elle se montra à la hauteur de sa tâche, qui était rude. A la mort du chef de famille, elle avait huit enfants à élever. L'aîné avait dix
ans et le plus jeune un peu moins d'un an. Aidé par son
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beau-père Augustin et par son fils du premier lit, Philippe- Emmanuel Féraudi, elle sortit victorieuse de toutes les épreuves, aplanit les difficultés qui surgirent un instant avec sa mère au lendemain de son veuvage (1), soutint de nombreux procès (2) et sut conserver sur ses enfants une très grande autorité ; elle en était très aimée et vécut entourée de l'affection de ses fils qui lui laissèrent, sa vie durant, et sans contrôle, l'usufruit et l'usage des biens de leur père, son mari.
Jules-César, en particulier, indique dans son testament qu'il désire « que jamais sa mère ne devra être tracassée par qui que ce soit et pour n'importe quel motif » au sujet de ce qu'elle pourra faire pour le règlement de sa propre succession.
On verra, d'ailleurs, plus loin (3) comment, à la mort de son fils Jules-César, et d’après les instructions testamentaires de celui-ci, elle reçut à sa table, sa bru, Catherine Masséna, née Fabre et ses enfants. La vie commune ne dut pas être exempte de difficultés et la rupture complète se produisit sans doute au moment du remariage de sa belle-fille avec M. Féraudi, négociant.
Les épreuves ne lui manquèrent pas au cours de sa vie; sur ses huit enfants de son second mariage, son fils, Antoine-François disparut en Amérique ; Jérôme-Marcel, qui servait en France, vécut toujours loin d'elle ; sa fille Angélique perdit son mari de bonne heure et elle vit mourir trois autres de ses enfants.
Elle mourut elle-même à Nice, en 1779 à soixante-quatorze ans.
Par son testament en date du 20 janvier 1769, elle lais-
(1) Nice, arch. dép. C. 397 folio 252 (1745 L. 2)
(2) » » CPE) EL 1 » » C5 2e » » CLASSES?
(3) Nice, arch. dép. Testament de Jules César Masséna, 1765, livre Î,
sait, en plus de ce qu'elle avait pu lui donner de son vivant, trois cents lire à Philippe-Emmanuel Féraudi, fils de son premier mariage ; sa part légitime à son fils Antoine-François Masséna, alors absent depuis plusieurs années et présumé décédé ; à son fils Augustin-Marie, la maison de Saint-Antoine de Siga, acquise quelque temps auparavant des frères Gioffredo et du surplus de ses autres biens. elle laissait : un tiers à Augustin-Marie, un tiers à Jérôme-Marcel, ses fils et le dernier tiers à ses deux petits-fils, André et Jean Masséna, représentants de leur père, Jules-César, décédé.
Ses filles, Marie-Catherine, épouse André Deporta ; Thérèse, épouse de Joseph Bottié, et Isabelle, épouse de François Beghet, reçoivent vingt-cinq lire chacune et ses petites-filles, Lucrèce-Marie et Marguerite Masséna, filles de Jules-César, héritent chacune de cinq lire.
Enfin, elle s'oppose formellement à ce que sa belle-fille Catherine Fabre, veuve de son fils Jules-César et mère du futur maréchal, se mêle en aucune façon, même dans le cas où elle serait tutrice, du legs fait par elle à ses petits-enfants, à peine de révocation du legs. Ce point nous fixe complètement sur la nature des relations existant entre la mère du maréchal et sa belle-mère.