AUGUSTIN
Le premier enfant de Dominique Masséna, naquit à Nice, le 11 décembre 1723 ; il fut baptisé en l’église cathédraie le 14 du même mois (1). Son parrain fut son grandpère, Augustin Masséna, et sa marraine, sa grand-mère maternelle, M Rose Blanc, née Olliviera.
Augustin mourut à Nice, le 13 octobre 1725 (2) à l'âge de vingt-deux mois.
(1) Nice, arch. cathéd. Registre des baptêmes, vol. 28, folio 170, (2) Nice, arch. cathéd. Registre des décès, vol. 7
MADAME ANDRÉ DEPORTA
Marie-Catherine Masséna, l’'aînée des filles de Dominique, naquit à Nice le 6 septembre 1725 ; son parrain fut François Galio et sa marraine, M'° Lucrèce-Marie Barbava (1), sœur du parrain.
A dix-huit ans, grâce à l'intervention d'amis, dit le contrat de mariage, elle épousa en l'église cathédrale Île 16 juin 1743 (2) André Deporta, fils d'Etienne, d'Aspremont, négociant à Nice. Les témoins du mariage furent Laurent Dalmasso et Jacques Ivanzi. Le même jour un contrat (3) fut dressé, aux termes duquel M” Lucrèce Blanc, veuve Masséna, donnait à sa fille une dot de quinze cents lire, un trousseau complet et quelques bijoux. Le nouveau ménage alla demeurer dans les limites de Ia paroisse Saint-Martin. C'est là que naquirent leurs neuf enfants et qu'ils moururent tous deux, André Deporta, le 15 novembre 1788, à l'âge de soixante-dixhuit ans, et sa femme Catherine, le 4 décembre 1784, à soixante ans (4).
Très liés avec les Masséna, André Deporta et sa femme Catherine devaient être en même temps que l'oncle et la tante du maréchal ses parrain et marraine; tous deux remplirent ce même rôle lors de la naissance d'un autre fils de Jules-César Masséna, Dominique, qui ne vécut
(1) Nice, arch. cathéd. Registre des baptèmes, vol, ?8 folio 224.
(2) Nice, arch. cathéd. Registre des mariages, vol. 11 folio 46 $ 2.
(3) Nice, arch. dép. C, 391 folio 547 (1743, L. 2)
(4) Nice, arch. parois. St-Martin (tous les actes concernant la famille Deporta pour cette époque sont consignés sur les registres de cette paroisse).
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pas. De plus, nous le verrons plus loin, André Deporta reçut en dépôt pendant un an, le montant de la dot de la mère du maréchal et il fut aussi un des témoins au testament de Jules César, son père.
M" André Deporta, à la mort de sa mère, Lucrèce Blanc, veuve Masséna, hérita comme ses sœurs d'une somme de vingt-cinq lire (1).
Nous avons dit plus haut que neuf enfants naquirent de ce mariage ; quatre seulement survécurent.
Le premier naquit le 7 mai 1744 (2). C'était une fillette, Rose-Marie ; Philippe-Emmanuel Féraudi, notaire, et M"° Blanc, veuve Masséna, la tinrent sur les fonts baptismaux.
Augustin Deporta, né deux ans plus tard, le 25 décembre 1746, eut comme parrain Augustin Masséna, son oncle, et comme marraine Thérèse Thorant, sa tante. Cet enfant, mourut le 12 juin 1752, à l’âge de cinq ans.
Le troisième enfant, Philippe-Emmanuel, né le 16 février 1752, ne vécut que neuf jours. Son parrain avait été Philippe-Emmanuel Féraudi, notaire, et sa marraine, Anne- Baptistine Necco, sa femme.
En 1754, le 9 février, naît Antoine-François Deporta, qui eut conne parrain Antoine-François Masséna, son oncle, le tanneur, et comme marraine, M" Necco. Antoine Deporta mourut à sept ans, le 6 mai 1761.
Le notaire Féraudi et sa femme sont encore parrain et marraine, le 6 février 1756, de Anne-Marie Deporta, qui décéda à quatorze ans, le 7 mai 1770.
Le sixième enfant, Augustin-Dominique, fut tenu sur les fonts baptismaux par Augustin Masséna, fabricant de savon, et Victoire Deporta.
(1) Nice, arch. dép. C. 484, folio 139 (1769. L. [). (2) Nice, arch. parois. Saint-Martin.
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Le 23 août 1762, un septième enfant vient au monde, qui fut prénommée Thérèse-Marie, par le capitaine André Donati, et Marguerite Masse, femme d’Augustin Masséna.
Ce dernier, avec Marie-Rose Deporta, est encore parrain de Marie-Rose, née le 23 janvier 1764, et enfin, le 4 octobre 1767, François Rabassino et Madeleine Deporta, née Carles, tiennent sur les fonts baptismaux Madeleine- Antonia, dernier enfant des Deporta, qui meurt le 7 mai 1770, à deux ans et demi.
Les Deporta demeurèrent par la suite au faubourg Saint-Jean-Baptiste ; c'était une famille aisée, considérée et qui joua un certain rôle à Nice. .
AUGUSTIN-MARIE MASSÉNA, Fabricant de Savons
Augustin-Marie Masséna est le troisième “enfant de Dominique. Il naquit à Nice et fut baptisé en l'église cathédrale le 6 mai 1727 (1). Son grand-père, Augustin, et sa grand'mère le tinrent sur les fonts baptismaux.
Il avait huit ans quand son père mourut et fut élevé par sa mère. Il fit des études assez sérieuses (2) et se sentit attiré vers la vie monastique. Après une année de noviciat à Nice, chez les R. P. Augustiniens déchaussés de Saint-Jean-Baptiste, dont le couvent était situé rive droite du Paillon, près le Pont vieux, sur l'emplacement du lycée actuel, il résolut d'entrer dans les Ordres. Dès qu'il eut seize ans, se prévalant des prescriptions des lois du royaume sarde, qui lui permettaient, malgré son jeune âge, d’être habilité à entrer en religion, il manifesta le désir d'entrer dans l’ordre des R. P. Capucins en France, où il avait des amitiés et, croyait-il, la certitude d'être admis. À cet effet, et par un acte notarié (3) reçu le 20 mars 1743, dans la sacristie du Couvent des R. P. Augustiniens de Saint-Jean-Baptiste, en présence de sa mère, du prieur, le R. P. Martinien de la Visitation et du R. P. Victor de Saint-André, il renonça solennellement à tous ses biens présents et futurs, en faveur de sa mère, à condition que celle-ci lui payât son voyage en France, les frais de sa prise d'habit et que, un an après cette cérémonie, elle remette « quarante doubles de quinze lire
(1) Nice, arch. cathéd. livre des baptâmes vol. 29 folio 49.
(2) Augustin Marie Masséna, agé de sept ans, est porté au recensement de Nice, en 1734, comme exerçant la profession « d'étudiant ».
(3) Nice, arch. dép. C. 390, folio 461,
chacun » à son frère utérin Philippe-Emmanuel Feraudi, ce qu'elle accepta.
Quelques jours plus tard, cet acte fut modifié par un autre en date du 7 avril 1743 (1). Philippe-Emmanuel Feraudi devant recevoir deux mille cent lire, mais seulement à la mort de sa mère qui en conservait l’usufruit sa vie durant, avec la propriété du surplus des biens d'Augustin-Marie Masséna. Enfin, il était entendu que cette renonciation deviendrait nulle et sans objet si Augustin n'entrait pas dans les ordres.
Ce fut précisément ce qui arriva ; est-ce parce qu'il ne fut pas admis, comme il l’espérait ; rencontra-t-il d'autres difficultés ? On ne sait; en tout cas, ce projet fut abandonné.
En 1747, se produit un évènement qui semble avoir été considéré dans la famille comme une catastrophe. Augustin est désigné par le Conseil de la ville de Nice pour servir comme soldat au régiment national de cette ville.
La carrière militaire ne devait avoir aucun attrait pour lui, car il proposa à son frère Jules-César, qui devait être le père du maréchal, de le remplacer moyennant le paiement d’une somme de sept cents lire à prendre sur la part d’héritage qui lui reviendrait au décès de son grandpère, encore vivant, et dont il lui verserait, en attendant, les intérêts à raison de cinq pour cent l'an, jusqu’au jour où il toucherait la somme. Jules Masséna, qui avait alors seize ans, accepta cet arrangement sur les instances pressantes de son grand-père et de sa mère et aussi parce que Ja famille de feu Dominique Masséna ayant quatre garçons, ne serait plus tenue de fournir un autre soldat à la patrie. Cet accord fut consigné par un acte notarié du 13 avril 1743 (2).
(1) Nice, arch. dép. C. 391, fol. 99 (1743, L. 2). (2) Nice, arch. dép. C. 411, folio 224.
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Ayant évité le service militaire, Augustin Masséna, qui avait pris goût au commerce et décidément se sentait attiré vers la France, quitta Nice pour aller à Toulon. Il y séjourna plusieurs années, apprit le métier de savonnier chez Joseph-Gabriel Ronne, maître savonnier et se fit de nombreuses relations.
IT fit la, connaissance de M'° Marguerite Masse, une toulonnaise d'une famille aisée, qui ne sut rien lui refuser ; un roman d'amour s'ébaucha et le mariage fut célébré à Toulon, le 6 mars 1753, en la paroisse de Saint- François-de-Paule, en présence de témoins d'une certaine importance :
« Sr Honoré Galle, maître en fait d'armes de SSrs les Gardes de la Marine ; Jacques Ventre, bourgeois ; Joseph Gabriel Ronne, maître savonnier ; Joseph Toussaint, noble ; Sr de la Flèche, capitaine des portes de Toulon, et autres parents et amis de cette dite ville ou y domiciliés. » (1).
qui signèrent au registre, sauf la nouvelle épouse qui, étant illettrée, traça d'une main ferme une croix.
Quelques jours plus tard, le 4 mars 1753, à Carnoules (Var), dans la maison de M° Joseph Bérenguier, notaire, présent, mais empêché en raison des liens de parenté avec les parties, M° Vidal, notaire à Pignans, appelé par son confrère, rédigea le contrat de mariage des époux et les stipulations diverses désirées par M"° Marguerite Mouton, grand'mère de la nouvelle épouse.
Celle-ci recevait en dot deux mille livres, dont douze cents en argent comptant, le reste en mobilier, hardes et trousseau, mais s'engageait à payer en retour à sa grand-mère une pension viagère de cinquante livres. Par le même acte, M" Marguerite Mouton disposait de ses
(1) Toulon, arch. parois. St-Francois-de-Paule, Registre des mariages,
anné 1193.
autres biens en faveur de son autre petite-fille, Marguerite Lautier, épouse de Joseph Bérenguier, notaire à Carnoules (2).
Après son mariage, Augustin Masséna revint à Nice et habita chez sa mère ; c'est là que naquit au bout de six mois, son premier enfant, Philippe-Emmanuel. Il alla ensuite demeurer près de l'Eglise Saint-Martin (1) et s'établit fabricant de savon, tout en continuant à s'occuper des propriétés de Levens pour le compte de ses frères et le sien.
Les années qui suivirent ne furent pas heureuses pour le ménage. Augustin Masséna perdit successivement .six de ses enfants, quatre autres devaient survivre.
En 1754, son frère Jules-César, toujours soldat au régiment de Nice, épousa M'° Catherine Fabre, de Toulon. Trois ans plus tard, son frère Jérdme-Marcel quitte définitivement Nice pour s'engager au régiment Royal Italien,
(2) Minutes de M® Vidal, notaire à Pignans (Var); et Nice. arch. dép. Q. 186, dossier Masséna.
(1) Augustin Masséna habitait à Nice, au moins après la Révolution, une maison de deux étages avec boutique et cave, sise rue de la Lumière dans l'isle 21, aujourd’hui l'immeuble portant le N° 22 de la rue de la Préfecture, et ayant appartenu aux Carmes. (Voir arch. nat. F. 1, C. 3 . (Alpes-Maritimes), cart. 2, pétition d'Augustin Masséna au district de Nice, demandant qu'il soit procédé à des réparations « dans la maisén du ci-devant carmélitain par lui affermée ». Voir également au sujet de cet immeuble les soumissions de MM. Augustin Masséna, Henri Niel de Grasse, J.-J. Feraudi : Nice, arch. dép. Q. 47. No 30, 31 et 33 et Q.49, N° 259, soummission d'Antoine Olivier de Puget-Théniers et d'Honoré Niel de Nice. C. F. Q. 67, No 56.
Voir également (Nice, arch. dép. Liasse Q. 123, inventaire des biens nationaux) la déclaration des biens des Carmes faite par l'Econome à l'Administration provisoire le 2? janvier 1793 de laquelle il résulte que ladite maison est louée à divers locataires qui sont :
1° étage et boutique, arrière boutique et cuisine : Augustin Masséna, loyer annuel 302 lire.
20 étage, Castellin, boyer 120 lire,
Tout à côté habitaient les sieurs Laurent Blot, Ricordi, Vérani, Gaudro et Raimbert.
ËT SA FAMILLE 39
au service de la France. Son autre frère, Antoine-François exploite une tannerie au faubourg Saint-Jean-Baptiste, louée à Joseph Sasserno. Deux ans plus tard, en 1759, il quittait Nice, abandonnant la tannerie et s'embarquait pour l'Amérique. Il disparut et l'on n'eut jamais plus de ses nouvelles. L'année 1763 est marquée par des évènements plus tristes encore ; son frère Jules-César meurt à trente-trois ans, laissant une veuve et cinq enfants dont l'aîné avait huit ans. Augustin recueille chez lui un de ses neveux André, pour lui apprendre le métier qu'il exerçait. Mais il ne le garde pas longtemps. Pris, comme tous les Masséna, par ce besoin d'aventures, André part à son tour pour Toulon, où il entre dans la marine, et sa mère, Catherine Masséna, se remarie avec M. Feraudi, négociant à Nice.
Pourtant ses affaires prospéraient, malgré les difficultés qu'il avait pour élever une nombreuse famille. C’est ainsi que le 20 février 1775 (1), il achète de moitié avec Dominique Pastourelli, à Jean-Honoré et Jean-Baptiste Cauvino, une maison avec terrain sis à la Porte-Neuve, à Nice, pour le prix de trois mille deux cent cinquante-sept lire. Cet immeuble, situé au quartier de Ville-Neuve (1) que l’on devait agrandir, se composait d'un rez-de-chaussée, d’un premier étage et d'un jardin avec puits, confrontant au levant, le jardin du baron Joseph-Marie Grimaldi del Sanze, au couchant les remparts de la ville, et le béal (3) des moulins.
En 1799, sa mère, Lucrèce Blanc, meurt ; son fils François est parti pour Toulon et Marseille apprendre un métier comme il l'avait fait lui-même autrefois. Nous arrivons à la veille de la Révolution. Ses frères et son neveu André qui ont vécu jusqu'alors hors du royaume sarde,
(1) Nice, arch. dép. C. 508, folio 492 (L. 775-L. 1.). (2) Aujourd'hui la rue de la Préfecture.
(3) Béal: Canal.
réclament leur part du patrimoine de leur père et grandpère Dominique, encore dans l'indivision et jusque-là, géré par Augustin.
On ne put s'entendre et un procès s'engagea devant le Sénat de Nice, procès nécessité d'ailleurs aussi par l'état d'absence d'un des héritiers, Antoine-François, disparu en Amérique sans avoir réglé ses dettes vis-à-vis de son neveu André.
Ce fut celui-ci, alors sous-officier au régiment « Royal Italien » en France et héritier de Jules-César, son père, qui fit assigner en partage devant le Sénat royal de Nice, ses trois oncles, Jérôme-Marcel, Antoine-François et Augustin-Marie, avec cette particularité pour ce dernier qu'on lui demandait compte des fruits depuis le décès de M Lucrèce Blanc, c'est-à-dire pendant près de dix ans. : | L'instance commencée le 8 juillet 1786, se poursuivit jusqu'au 17 juin 1787, date de la comparution des parties qui se mirent finalement d'accord ; deux géomètres experts, MM. Pierre-Antoine Fighiera et Dominique Spinelli, procédèrent au partage des biens laissés par Dominique Masséna, en firent trois lots soigneusement délimités par des bornes et qui furent tirés au sort (1).
Les dettes, il y en avait pour six mille deux cents lire, furent également réparties entre les indivisaires (2), tout est réglé.
Au mois de septembre 1792, l'armée française, commandée par le général d'Anselme, passe le Var et parvient à Nice sans combat. Cet évènement vaut à Augustin Masséna de revoir son neveu André comme lieutenantcolonel du 2° bataillon des volontaires du Var. La famille se trouve un instant réunie.
(1) Nice, arch. dép. Q. 186, dossier Masséna, No 15.
(2) Nice, arch. dép. C. 580, folio 336, acte du 24 septembre 1789,
Cliché J. Guerra, phot. Nice
LEVENS. — Entrée de la Maison Masséna, rue Masséna (état actuel)
PL. p. 40
Son fils François, ouvrier savonnier, esprit agité et aventureux, se met au service des Français et obtient d'être désigné comme capitaine des guides qui vont éclairer la marche de la brigade du général Barral dans la vallée de la Vésubie.
Ce début dans la carrière militaire va se terminer rapidement pour François Masséna. Accusé d'avoir, de concert avec le commissaire des guerres Ferru, opéré des réquisitions exagérées dans divers villages et notamment à Lantosque, il est arrêté par ordre du représentant du peuple, Collot d'Herbois et du général d’Anselme et incarcéré à Nice. Cet épilogue inattendu plongea la famille Masséna dans la consternation. Il fallait agir. Le gendre d'Augustin Masséna, Honoré-Vincent Galli, avocat, qui venait d'être nommé par le général d’Anselme, président du tribunal civil et criminel de Nice, ne fut très probablement pas étranger à l'évasion de François Masséna, laquelle fut favorisée d'ailleurs par diverses complicités. François Masséna s'enfuit à Gênes, mais il fut inscrit sur la liste des émigrés du département des Alpes-Maritimes, et son père, ascendant d'émigré, vit ses biens saisis et placés sous séquestre.
L'orage révolutionnaire passe ; les lois s'adoucissent ; les émigrés sont autorisés à rentrer en France s'ils remplissent certaines conditions ; Augustin Masséna prétextant la nécessité où il se trouve d'acheter à l'étranger des matières premières pour sa fabrique de savon, demande le 15 avril 1795 (1) à la municipalité de Nice, un passeport
(1) Nice, arch. munici. Registre des délib. du Conseil municipal, an III, folio 104.
« Séance du 26 germinal an HI (15 avril 1795):
La Commission municipale ; vu la pétition présentée par le citoyen Augustin Masséna, fabricant de savon en cette commune, au Directoire de ce district, tendante à obtenir un passeport pour aller à Gênes pour y faire l'achat de matières premières nécessaires à sa fabrique. © Vu le renvoi qui lui en a été fait par ledit Directoire pour lui donner
pour aller à Gênes où il a surtout besoin de s'entendre avec son fils. Il revient quelques jours plus tard et, après de nombreuses démarches, finit par obtenir pour François l'autorisation de revenir à Nice, puis, en 1796, arguant que son patrimoine n'est pas supérieur à vingt mille livres, il demande le bénéfice des lois du 9 floréal, an II et 20 floréal, an IV. Sa réclamation est admise et le S vendémiaire, an VII, un arrêté d'abandon est pris par l'Administration Centrale du département des Alpes-Maritimes. Le séquestre est levé et ses biens lui sont restitués.
Cette procédure (1) nous vaut des renseignements très précis sur la nature des biens et la fortune qu'Augustin Masséna déclare posséder à ce moment. à
Voici d'abord l'inventaire et l'estimation de son mobilier :
« Etat actif :
Deux burd (bureaux) 72 57e SNTirés 30 Deux gardarobbe. 36 D'EUXSNNEOIT EE RE 42 Un canappé 5) Dix huitÉChAIS ESP 18
son avis, considérant que le décret de la Convention Nationale en date du 7 décembre 1792 (v. s.) autorise les Directoires des départements d'accorder des passeports aux personnes non comprises dans l'art. ? de la loi du 29 juillet même année, qui seraient dans la nécessité de sortir du territoire de la République pour leurs intérêts ou pour leurs affaires après avoir pris l'avis des Directoires des Districts et des Conseils Généraux des communes, |
Considérant que le pétitionnaire est dans la nécessité de se transporter à Gênes pour y faire l'achat des objets nécessaires à l'alimentation de sa fabrique ; attendu qu'il n'est pas possible qu'il puisse se les procurer dans cette commune ni dans l'intérieur de la République,
Ouï, le citoyen agent municipal, déclare unanimement qu'elle est d'avis qu'il soit accordé au citoyen pétionnaire le passeport demandé ».
(1) Nice, arch. dép. Q. 186, dossier Masséna. Voir également L. 49 folio 141, 42, 43, A4, Administration Centrale des Alpes-Maritimes, pétitions et décisions ans VI et VI.
N. B. — Dans toutes ces citations nous avons conservé l'orthographe des documents o1 ISINAUX,
Deux tables .
Trois casseroles. .
Trois jarres .
Deux tonneaux.
Six tableaux .
Une table pour le pain.
Frois lits consistant en cinq matelats, troisr paillasses, planche et bans.
Douze draps de lits troués.
Trois couvertures .
Trente serviettes et six nappes usées.
Un sceau d’airain.
Puis, les immeubles :
Bien fond, au quartier de Saint-Blaise, canton d'onze setairies et un motural.
4 setairaies preleguées au citoyen Augustin Masséna, par sa mère et dont ladite terre dans l'acte de division est énoncée propre dudit déclarant.
18 setairaies et 4 moturaux, au quartier de la Siga, territoire de la commune de Levenzo
Comme il résulte du rapport des experts Spinelli et Fighiera, du 20 août 1788, inséré dans l'acte de division du 22 août, dite année dressé par le notaire Gaétan Peglion.
Bien fond, sis au quartier de Saint-Blaise, de la contenance de dix setairaies et huit moturaux, et au quartier de la Siga, territoire de Levenzo, 19 setairaies et 4 moturaux acquis par acte du 29 septembre 1789, reçu du notaire Jean-Baptiste Feraudi, pour la somme de.
de Levenzo, Lires.417:328