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qu'il venait de faire construire au quartier du Port. Le voilà connu, considéré par ses concitoyens et le 23 nivôse, an VIII (1) (143 janvier 1800), le Conseil municipal de Nice”:
assemblé sous la présidence du citoyen Chabaud... vu la démission donnée par le citoyen Rancher de la place d'administrateur municipal ; vu la nécessité de compléter le Conseil, afin que les affaires ne souffrent le moindre retard ; considérant que les citoyens Philippe Masséna et Louis Millionis réunissent le vœu de toute l'Administration aux qualités requises ; elle les a nommés, à l'unanimité, administrateurs municipaux et le citoyen Philippe Masséna présent à la séance, après avoir prêté serment d’être fidèle à la République Une et Indivisible fondée sur l'égalité, la liberté et le système représentatif, a reçu du président l’accolade fraternelle, a été décoré de l’écharpe tricolore et a été installé dans la place d'administrateur municipal.
Le lendemain 14 janvier, le Conseil municipal, considérant qu'il importe de nommer un officier public en remplacement du citoyen San, décédé, qui déjà avait été remplacé provisoirement par le citoyen Rancher, démissionnaire,
Ouï, le commissaire provisoire du gouvernement, arrête que le citoyen Philippe Masséna est nommé officier public et autorisé comme tel à signer les actes constatant les naissances, publications des promesses de mariages, divorces et décès.
Voilà Philippe Masséna membre de l'Administration municipale de Nice et officier de l’état-civil ; il va être appelé à exercer ses fonctions dans des moments difliciles.
Devant l'arrivée d'une nombreuse armée autrichienne et piémontaise, nos troupes durent se replier au-delà du Var; et le 13 mai 1800, les austro-sardes faisaient leur rentrée dans Nice.
La municipalité de la place est remplacée par trois consuls nommés par le général Mélas. Mais l'intervalle de
(1) Nice, arch. municip. Regist. des délibérations du Conseil municipal pour l’an VIII, vol. 12, fol. 51.
l'occupation étrangère sera de courte durée, et un mois plus tard, les Autrichiens se replient à nouveau devant Suchet qui repasse le Var. De Saint-Laurent-du-Var, il adresse une proclamation à la municipalité. Celle-ci est représentée par Ugo, faisant fonctions de président et Philippe Masséna (1) qui prend la présidence du 10 au 16 prairial, an VIII, jour de l'installation, par le préfet Florens, de la nouvelle municipalité.
Après avoir reçu la proclamation de Suchet, l'Administration municipale provisoire décide de lui envoyer une délégation pour lui présenter les clés de la ville. Le soir, Nice illumina en l'honneur du retour des troupes françaises.
Quelques jours après, le 5 juin 1800, une nouvelle municipalité était installée et le registre des délibérations du Conseil municipal relate cet évènement dans les termes suivants :
Séance du 16 prairial, an VIII de la République Française Une et Indivisible, à midi.
Le citoyen Préfet du département des Alpes-Maritimes, accompagné de son secrétaire, du commandant de la Place et de plusieurs autres citoyens escorté par les bataillons de la garde nationale et différents détachements de la troupe de ligne. s’est rendu au son d’une musique harmonieuse et sonore dans la salle ordinaire des séances de l’Aministration municipale où se trouvaient assemblés les citoyens Masséna, faisant fonctions de président, Ugo, Simon et Besson, administrateurs munici-
(1) Nice, arch. municip. Regist. des délib. du Conseil municipal, vol. 13, fol. ?. Philippe Masséna préside la séance du 10 prairial, an VII, celles du 11 à 10 heures du matin et à 6 heures du soir, celle du 12, du 13 dans laquelle il est taxé pour cinq cent trente-huit francs sur la somme de dix mille francs à verser à titre d'avance entre les mains du payeur de l’armée française, qui en a un besoin urgent pour le service des transports militaires.
Il préside également la séance du 16 prairial, an VIIL et reçoit le préfet Florens qui vient installer la nouvelle municipalité,
M dnimtéd. ma,
paux ; Nouvelli, commissaire provisoire du Gouvernement, et Porrini, secrétaire en chef.
Le citoyen Préfet a fait donner lecture par son secrétaire de l'arrêté dont la teneur suit :
Extrait des registres des arrêtés du Préfet du département des Alpes-Maritimes.
Le Préfet des Alpes-Maritimes :
Vu les lettres des citoyens Joseph-Pierre Mars et Sauvaigue, en date du jour d'hier par lesquelles ces citoyens annoncent leur non acceptation des fonctions de maire et adjoint de la commune de Nice, auxquelles ils avaient été appelés par le premier consul de la République, par arrêté du 5 floréal dernier .
Considérant que la commune de Nice ne peut être laissée sans autorités municipales et qu'il est urgent d'établir cette auto-
rité conformément à la constitution et à la loi du 28 pluviôse dernier :
Nomme pour remplir provisoirement ces fonctions, les citoyens dont les noms suivent :
Maire : citoyen Jean-André Chabaud, ex-président de l’administration municipale ;
Adjoints: citoyen François Paulian, ex-commissaire près la municipalité ; Ignace Rousset, ex-officier municipal ;
Fait à Nice, le 15 prairial, an VIII de la République Française Une et Indivisible.
Signé : FLORENS.
P. C. C., le secrétaire général de là Préfecture :
Signé: Bas.
Après cette lecture, le citoyen préfet a fait un discours analogue à l'installation de ces citoyens, auquel le citoyen Paulian a répondu.
Cette formalité s’est passée en présence d’une foule de citoyens qui ont applaudi à cette solennité et aux discours qui se sont prononcés de part et d'autre.
Après quoi, le citoyen préfet s’est retiré dans le même ordre que dessus et la séance a été levée à une heure après-midi.
Signés : PAULIAN, adjoint ; ROUSSET, adjoint ;
François Torrini, secrétaire en chef (1).
Le rôle actif de Philippe Masséna comme homme politique est terminé.
Le 24 prairial, an Vill, il est chargé par le Conseil municipal de faire toutes démarches utiles pour retirer de la caisse du payeur de l’armée, les dix mille francs avancés par un certain nombre de citoyens ; le 25 messidor, il prête serment à la Constitution comme conseitler municipal et, enfin, le 13 floréal, an IX, ayant été désigné comme répartiteur pour l'an X, en exécution de l'arrêté du préfet Florens, du 27 germinal an IX, ensuite des prescriptions de la loi du 3 frimaire, an VII, il prête serment à la mairie de Nice.
A partir de cette époque, Philippe Masséna se consacra à ses affaires: « C'était, — dit M. Victor Emmanuel, — un riche négociant, qu'on voit figurer à plusieurs reprises pour des sommes importantes dans les emprunts forcés levés par les municipalités » (2).
Il jouit de l'estime et de la considération de ses contemporains ; le préfet, M. Châteauneuf-Randon, le fait figurer, ainsi que son père, dans sa liste de propositions soumises au Ministre de l'Intérieur pour la présidence des Assemblées de canton (Nice-Est), établie le 29 nivôse, an XI (3) et tous deux figurent également sur la liste des notables du département, dressée d'après les dispositions de la loi du 13 ventôse, an IX, concernant la formation et
(1) Nice, arch, municip. Regist. des délibér. du Conseil municipal, vol. 13, fol, 10.
(2) Nice, journal Le Petit Niçois, ?3 mai 1901, p. 1, article paru sous la signature de M. Victor Emmanuel,
(3) Arch. nat. F. 1, C. 3. Alp.-Marit, ancien, carton f.
le renouvellement des listes d'éligibilité prescrites par la Constitution (1).
Il est encore nommé expert dans diverses affaires (2), puis, en 1803, avec d’autres notables, membre de la Commission des hospices (3), et son nom figure également parmi les membres d'un certain nombre de commissions. Enfin, quelque temps plus tard, Philippe Masséna est nommé trésorier des Invalides de la Marine de Nice (4) et il exerce ses fonctions jusqu'en 1815, époque où le Comté de Nice est rendu au Roi de Sardaigne.
A ce moment, Philippe Masséna a soixante-deux ans ; il habite le quartier du Port (5) avec sa femme et sa bellesœur, M" veuve Marie Drago, née Faissola, non loin de son frère François, ancien commissaire des guerres. Il meurt le 15 janvier 1823, à l'âge de soixante-dix ans (6).
(1) Arch. nat, F. I. C. 3. Alp.-Marit. ancien, carton Î.
(2) Nice, arch. dép. Q. 188, en l'an XI. Les experts chargés du partage des immeubles d'Honoré Saissi, courtier, mort en frimaire, an VI, sont : Armand Sprefico, Pierre Mage et Philippe Masséna, nommés par le Préfet, le 7 fructidor, an XI. Le tirage au sort des lots eut lieu le 22 vendémiaire, an XII.
(3) Arrêté du Préfet des Alp.-Marit. du 16 germinal, an XI (6 avril 1803), réorganisant le Mont-de-Piété et les hospices de Nice.
(4) Nice, Musée Masséna salle Révolution, pièce signée : Masséna, trésorier des Invalides de la Marine, et datée du 15 brumaire, an XIV.
:(b) Nice, arch. dép. M. 310, vol. 4; fol. 146, recensement de la ville de Nice 1815.
(6) Nice, arch. par. Saint-Jacques, Regist. des décès, vol. 8, fol, 99,