‹ Masséna et sa familleChapitre 40 sur 75 · MADAME JEAN-ANTOINE ROUX · texte numérisé non relu

MADAME JEAN-ANTOINE ROUX

Marie-Anne Masséna est née à Nice le 28 décembre 1756 ; elle fut baptisée le même jour en la paroisse Sainte-Reparate, ayant comme parrain Antoine-François Masséna, son oncle, le tanneur, etcomme marräine, Marie-Anne Fabre(1), sa grand'mère maternelle.

À trente ans, on se mariait tard dans la famille, elle épousa Jean-Antoine Roux (2). La cérémonie eut lieu en l'église Saint-Jacques le 13 janvier 1786 (3) en présence de François Masséna et Louis Gaudo, témoins.

Jean-Antoine Roux était l'ami d'André Masséna qui le chargea, alors qu'il était sous-officier au Royal Italien, de le représenter dans l'instance en partage des biens de son grand-père qu'il avait introduite contre ses oncles en 1786 (4).

J.-A. Roux ne joua aucun rôle à l’époque de la Révolution mais il fut victime d'une aventure particulièrement désagréable ; au mois de mai 1793 (5): lé citoyen Rusca (6) chef de bataillon de pionniers, accom-

(1) Nice, arch. cathéd. Livre des Baptêmes. vol. 32, F. 192.

(2) Jean-Antoine Roux, fils de Michel-Ange et d'Antoinette Pastorelli, né à Nice le Ît" janvier 1757 (son acte de naissance figure à cette date sur les registres de la cathédrale, sous le nom de Rosso Jean-Antoine, qui s2 transforma en Roux après l'occupation française). J.-A. Roux est décédé à Nice le 28 août 1828, à l'âge de soixante-douze ans.

(3) Nice, arch. par. Saint-Jacques. Livre des Mariages, année 1786, IF PAIE

(4) Nice, arch. dép. liasse Q. 186, doss, n° 15.

(5) Nice, arch. dép. L. 339. Regist. F° 10.

(6) Rusca, né à Nice, médecin qui devait devenir général. Il dénonça nombre de ses concitoyens à la Société populaire.

Bed: « I (Rusca) se couvrit de gloire à la bataille de Lodi ; il combattait alors sous les veux d’un héros qui fut toujours le plus grand apprécia-

pagné d'un groupe de volontaires nationaux, fit une visite domiciliaire dans une maison de campagne que J.-A. Roux possédait au quartier de Magnan supérieur, dit Bellet et que l’on croyait appartenir à son père Michel-Ange Roux. Cette visite ne donna aucun résultat mais la maison fut quelque peu saccagée par les sahs-culottes.

Le 21 juin 1793, J.-A. Roux adressa une protestation indignée à la Convention Nationale en réclamant un dédommagement « pour lui réparer l'injure et l'affront qui lui a été fait et les préjudices apportés ». Cette protestation fut renvoyée aux fins d'enquête au district de Nice, lequel répondit que. . .

Considérant que le pétitionnaire semble vouloir surprendre la bonne foi des citoyens commissaires en leur cachant qu'on avait trouvé dans ladite maison de campagne un fusil de rempart dit vis de mulet, l'administration du district, le vice-président excepté, après avoir entendu le procureur syndic, est d'avis de regarder la pièce ci-dessus comme un tissu de calomnies dictée par la plus venimeuse des méchancetés, tendante à faire perdre la confiance aux autorités constituées, à faire mépriser les lois et mettre en horreur l’armée qui les a fait exécuter, confient dans la justice des citoyens représentants du peuple le sort du pétitionnaire..…

L'affaire n'eut pas de suite.

teur du mérite ; il eut l'honneur d'être choisi par lui (Masséna) pour passer le premier pont de Lodi à la tête de sa brigade et il le traversa au pas de charge sous un feu terrible et continu des batteries qui tiraient à mitraille.

38 Avec une poigrée de soldats non seulement il tint tête à un corps considérable d'austro-napolitains, mais il le battit complèten:ent à Porto- Fermo.

Cette victoire sauva l'aimée qui aurait pu être coupée si des troupes qui débarquèrent alors à Livourne eussent opéié leur jonction avec l'armée ennemie. Rusca fut fait général de division, sur le champ de bataille de Porto-Fermo..…...

(Revue N'ice- Historique, 1899, p. 57.)

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J.-A. Roux entre quelques années plus tard, grâce aux démarches et à la protection du maréchal Masséna (1) dans l'administration des Droits Réunis et il devint receveur principal. Il abandonna son poste à la suite d'un vol dont il fut victime pour exercer après la rétrocession du Comtéde Nice au Roi de Sardaigne les fonctions de géomètre royal.

M'° J.-A. Roux eut deux enfants : un fils, qui devint colonel, et une fille, Marie-Emilie, née à Nice le 25 septembre 1825, qui épousa le 6 décembre 1808 (2), Philippe- Emmanuel Salvy (3) inspecteur des Droits Réunis, receveur municipal à Nice et Directeur du service de l'Octroi sous l'Empire et après 1815.

M"° J.-A. Roux mourut à Nice, en 1822 (4), à l'âge de soixante-six ans.

(1) Arch priv. de la famille Masséna, vol. ?, pièce 151 bis, $ L, lettre de Madame André Masséna à H.-V. Galli.

(2) Nice, Arch. par. Saint-Martin.

(3) Ph. Emmanuel, fils de feu Pie-Louis qui fut officier municipal à Nice en 1792-93 et de Feraudi Claire-Rose, né à Nice le 9 juin 1778, mort à Nice le 12 septembre 1560.

(4) Nice, arch. cathéd. Regist. des décès, année 1822, fe TO.

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