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HÉRODIADE

Opéra en quatre actes et sept tableaux Livret de Paul Milliet et Henri Grémont

Représenté pour la première fois à Bruxelles Direction de MM. Stoumon et Calabrési

BRUXELLES Théâtre de la Monnaie 19 décembre 1884 Salomé, M"^»Marthe Duvivier.

HÉRODIADE, Blanche Deschamps.

Jean, MM. Vergnct.

HÉRODE, Manoury.

Phanuel, Gresse.

ViTKLLius, Fontaine.

PARIS Théâtre Italien I" février 1884 Salomé. M""* Fidès-Devriès.

HÉRODIADE, G. Tremelli,

Jean, MM. Jean de Reszké.

HÉRODE, V. MaureL

Phanuel, Edouard de Reszké

ViTELLius. Villani.

LYON 18 décembre 1885, Salomé, M'"^ Leroux.

HÉRODIADE, Mme Debasta.

Jean. MM. Massart.

HÉRODE, Manoury.

Phanuel, Bourgeois.

Chef-d'orchestre Alexandre Luigini.

HAMBOURG 1883, direction Pollini Salomé, M"'" Brandt-Gœrtz.

HÉRODIADE, Rosa Sucher.

Jean, MM. Hèrmann-Winkelmann.

HÉRODE, Krauss.

Phanuel, Kœgel.

ViTELLius, Jos. Ritter.

(Massenct dirigeait la première).

La première ville de France qui monta Hérodiade fut Nantes. (Le tableau de la chambre dç Phanuel, ajouté par le maître pour les représentations de Bruxelles, vit le jour à Nantes.)

NANTES 29 mars 1883. Direction Lafon.

Salomé, M*"^' Briard.

HÉRODiADE, Linse.

Jean, MM. Verrhés.

HÉRODE, Bérardi.

Phanuel. Guillabert.

ANGERS 24 février 1894 Salomé, Mm'^ Félicie Levasseur.

HÉRODIADE, Debasta (M«" Ehéda

Boyer chanta >la seconde représenl.)

Jean, MM, Gulian.

HÉRODE, Giraud.

Phanuel, Boudouresque fils.

ViTELLius. Dupuis.

MONTPELLIER 24 avril 1889. Direction Odezenne Salomé, M''** Candelon.

HÉRODIADE, M""^ Charlotte Rouvière.

Jean, MM. Paulin.

HÉRODE, Geste.

Phanuel, Athès.

(Montpellier est une des villes de province où les ouvrages de Massenet ont, jusqu'à présent, eu le plus de succès).

A Paris par suite de la faillite du Théâtre Italien l'œuvre n'eût que neuf représentations.

Le rôle de Salomé fut chanté à la reprise, à Bruxelles, par M"' Rose Caron (8 octobre i883.)

« L'œuvre nouvelle a-t-elle justifié la curiosité

qu'elle avait éveillée ? Le succès de la première soirée, succès incontestable et triomphal, paraît trancher la question ; mais la critique ne doit pas perdre ses droits et il est toujours permis de faire quelques réserves.

(( En ce qui concerne le poème d'abord, il faut convenir que Massenet n'a pas eu la main très heureuse. Je ne discuterai pas le choix du sujets car il est permis après tout de chercher la source de son inspiration là où l'on croit qu'elle jaillira avec le plus d'abondance ; mais ce qu'il faut regretter, c'est que les auteurs d'Hérodiade aient traité avec tant d'indépendance d'imagination, une donnée légendaire, dont les faits sont si généralement connus! Transformer Jean-Baptiste^ ce rude et farouche prophète, au point d'en faire un soupirant d'opéra-comique^ lui donner pour maîtresse Salomé qui lui fit couper la tête et faire de cette courtisane effrontée une sorte de Madeleine mystique, c'est dépasser à mon avis les bornes de liberté que le poète peut prendre avec la vérité de l'histoire.

« Je ne m'arrêterai pas à discuter la valeur du livret. Les défauts en sautent aux yeux. Indépendamment des violences

qu'il fait à la légende sacrée, il est évident que Tintérèt dramatique en est excessivement faible. Autre chose est la partition de Massenet. Celle-ci est construite avec une adresse où se révêle la main d'un maître ouvrier. Toutes les parties n*en sont pas également inspirées, il est vrai, mais depuis la première mesure, jusqu'à la dernière, l'œuvre est écrite avec une sûreté de plume et une science de l'effet, qui ne saurait être poussée plus loin

« Au point de vue du théâtre, je veux constater tout de suite, qu'Hérodiade, marque unprogrès sensible surle Rot de Lahore. C'est toujours le même style si l'on veut et le même procédé, mais le musicien a pris l'habitude des planches et l'on sent qu'il est aujourd'hui, sur un terrain qu'il connaît.

u j'ai dit que je ne voulais pas entrer dans le

détail de l'ouvrage, je veux cependant en signaler les deux pages capitales. C'est d'abord le premier tableau, où le compositeur a été soutenu par une inspiration vraiment supérieure.

(( Il est impossible de trouver des accents plus expressifs, que ceux que Massenet a prêté à la passion de Salomé et à la tendresse mystique de Jean Baptiste. Un tableau d'une couleur toute différente, mais non moins admirable, c'est celui du temple Israélite. On ne saurait peindre avec plus d'art et de simplicité grandiose les mystères religieux de la religion juive ».

Victor Wilder.

(La Vie Moderne^ décembre 1881).

iMassenet a retrouvé par moments dans Hérodiade^ la fraîcheur d'inspiration qui fit le succès de Marie-Magdeleine et plusieurs de ses mélodies ont beaucoup d'élégance, elles sont malheureusement trop identiques et le timbre seul de la voix les différencie. Assurément la romance de Salomé : « Il est doux, il est bon », est charmante, mais celle d'Hérode : (( Ah ! reviens Salomé », l'est aussi, et la mélodie d'Hérodiade, réclamant la tête de Jean, ne l'est pas moins...

On en peut dire autant de l'air de Salomé au deuxième acte : « Charme des jours passés » et de Ici romance d'Hérode,

encadrée dans son duo avec Saiome. tous morceaux portant bien leur marque de fabrique, et tous empreints d'une langueur mystique : presque tous sont écrits sur ce rjthme ternaire et s'enroulent sur l'accord de septième et de neuvième avec les cordes doublant la voix à l'unisson pour la montée finale, avant de retomber sur la tierce ou la dominante. Ils sont propres au compositeur, c'est \Tai, mais ne sont pas appropriés aux personnages, puisqu'on les pourrait attribuer indistinctement à tel ou tel rôle...

... Je veux louer avant tout la scène du temple. Ici Fauteur a été heureux d'un bout à l'autre, depuis la marche religieuse d'une grâce exquise et le chant hébraïque qu'on lui a communiqué : « Schemah Israël n jusqu'aux danses sacrées interrompues par le chant de la Sulamite : autant de pages charmantes d'idées et dont le travail symphonique est très délicat. On y reconnaît en plus d'un endroit la main qui a écrit les délicieux airs de ballet du Roi de Lahore et c'est là-dessus qu'il faut finir.

Adolphe Julliex. Musiciens d'aujourd'hui. \^^2).

<« A moi Regnaidt ! à moi Flaubert î à moi vous tous, qui vous êtes épris de ce type étrange de puberté lascive et d'inconsciente cruauté qui a nom Salomé. fleur du mal éclose dans Tombre du temple, énigmatique et fascinatrice I Venez et expliquez-moi. vous les génies, expliquez-moi comment Salomé s'est changé en Marie-3lagdeleine I ou plutôt ne m'expliquez rien, je ne chercherai pas à comprendre, et je ne m'occuperai pas de l'étrangeté d'un poème, qui échappe à ma faible raison ».

CA^mxE Saint-Saens.

{Le Voltaire^ décembre 1881.;

Cette analyse sèche et rapide ne saurait malheureusement donner une idée complète de la valeur de la partition d'Hérodiade. J'ai bien pu essayer de faire ressortir la beauté de certains morceaux: mais comment faire apprécier l'ensemble de cette œuvre mâle, et pourtant si harmonieuse et si fondue ?

Comment faire admirer cet orchestre à la fois riche, sobre et corsé, toujours plein d'élégance et de caractère, cet orchestre d'autant plus solide qu'il s'appuie rationnellement sur le quatuor des instruments à cordes et principalement sur les violons, qui, merveilleusement écrits, lui donnent un éclat, un relief et un brillant superbes? Comment faire comprendre que cet orchestre paraît en quelque sorte soudé au chant, qu'il s'y lie d'une façon étonnante et semble ne faire qu'un avec lui ? Comment faire saisir le charme offert par les jolis contrepoints que l'auteur confie à tel ou tel instrument, les effets prodigieux qu'il en sait tirer ? Comment faire ressortir cette particularité que la douceur et le fondu de la phrase musicale s'allient pourtant, dans tout le cours de l'ouvrage, à une vigueur et à un accent dramatique d'une rare intensité, et que c'est peut-être là le côté individuel, caractéristique, vraiment nouveau de la partition, que c'est un procédé ou pour mieux dire une manière qui appartient en propre à M. Massenet et qui constituent un élément absolument typique? Ma foi, j'}' renonce, et j'aime mieux finir, comme j'ai commencé, en constatant la grandeur et la légitimité du succès remporté par le compositeur.

Arthur Pougin. [La Musique populaire^ 29 décembre 1881.)

OPERA-COMiaUE i'* Représentation 19 janvier 1884 Manon, M'i^* Heillbronn.

Poussette, Molé-Truffier.

Javotth, Chevalier.

Desgbieux, mm. Talazac.

Lescaut, Taskin.

Le Comte, Cobalet.

GuiLLOT, Grivot.

Bretigny, Collin.

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