‹ MassenetChapitre 2 sur 36 · L\ VIE · texte numérisé non relu

L\ VIE

Jules-Emile-Frédéric Massenet naquit le 1 1 mai i842 à Montaud, non loin de Saint-Etienne. Il fut le dernier des vingt et un enfants d'un ancien officier qui avait servi le premier empire dans le génie et, après avoir donné sa démission, était venu établir une fabrique de faulx en son pays natal. Sa mère, épousée en secondes noces, portait le nom à noble allure de Royer de Marancourt.

Six ans plus tard le maître d\isine vint s'établir à Paris où son plus jeune fils devait manifesterde bonne heure des dispositions musicales. Devant un vieux piano, sa mère lui donna ses premières notions de musique : « C'était le 24 février 1848, a plus tard conté le maître, date bien étrangement choisie, comme vous voyez.

Quelques instants plus tard la révolution éclatait, et la fusillade partant des rues voisines venait interrompre notre leçon. )> Ainsi avaient fait les « trois glorieuses » de la cantate de Berlioz !

En dépit de la fusillade M""" Massenet avait pu évaluer les dispositions de son fils ; elle les cultiva de son mieux, et, trois ans plus tard, le présenta à Texamen d'admission au Conservatoire, pour les classes de piano. 11 fut admis dans celle que dirigeait Laurent. Un second, puis un premier accessit lui échurent en i854 et i856. Mais alors la santé de son père exigea l'exode de la famille à Chambéry. Le jeune pianiste ne se découragea point : « J'employais, nous dit-il en des Souvenirs^ mon existence à continuer mes études classiques, les faisant alterner avec un travail assidu de gammes et d'arpèges, de sixtes et de tierces, tout comme si j'étais destiné à devenir un fougueux pianiste. Je portais les cheveux ridiculement longs, ce qui était de mode chez tout virtuose, et ce point de ressemblance convenait à mes rêves ambitieux. Il me semblait que la chevelure inculte était le complément du talent \.. Mais les mois

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