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I. D'Alembert : Eloge de d'Olivet

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des imitateurs de Massenet fut incontestablement Massenet lui-même.

La puissance n'est pas de son domaine et laisse aisément place à la vulgarité ^ Les instruments à percussion font alors vainement de généreux efforts, sans parvenir à donner le change sur la débilité de Finvention. Mais dès que le musicien revient aux tendres coloris et à la lumière irisée, Toriginalité de son orchestration se révèle dans la beauté, le choix judicieux des nuances, l'emploi magistral des timbres et leurs savants amalgames. Cette orchestration est elle-même un décor dont la clarté en même temps que la variété apportent à l'oreille des impressions quasivisuelles.

Selon les époques et les modes par elles en-

I. « Je me souviens des représentations du Roi de Lahore au théâtre Bellecour, à Lyon, en 1880. Dans le final du troisième acte, au moment de la brillante et presque tonitruante Incantation, tous les chœurs donnent, tout l'orchestre fait rage : et près des tambours, deux grosses contrebasses en cuivre, arrivées tout exprès, viennent porterie tumulte à son comble. J'ai constaté chez beaucoup d'auditeurs des signes d'impatience, chez quelques-uns des signes de mécontentement et presque de malaise. Une fois le rideau baissé, plusieurs faisaient serment de ne plus se laisser reprendre par « cette grosse artillerie de siège », Mozart et surtout Haydn l'auraient peut-être juré, eux aussi », (L. Dauriac, Essai sur l'esprit musical). Et cependant il s'agit ici de l'efTet de^ puissance le plus réussi peut-être qu'ait réalisé Massenet.

CONCLUSION i63

gendrées, le maître a modifié son esthétique en la modelant d'après le goût du jour. On trouve du Mendelssohn dans Marie- Magdelèiiie^ du Meyerbeer dans le Roi de Lahore^ du Gounod dans Hérodiade, du Wagner dans Esclarmonde, du Mascagni dans la Navarraise^... j'en passe, et non des meilleurs !

Mais, ceci dit, restent Manon ^ Werther, les Erinnyes, l'ouverture de Phèdre^ Marie-Magdeleine, et de nombreuses pages de ses autres ouvrages, où Massenet, en somme, domine les influences et se les incorpore en les faisant décidément siennes. Et c'est donc bien lui-même que nous admirons alors.

Si l'on a pu justement lui reprocher de « fabriquer ses opéras un peu comme nos romanciers industriels produisentleur volume ou leurs volumesannuels, bonsou mauvais, peu importe », la faute n'en fut pas exclusivement à lui, mais aussi à ses complices : il avait « le talent, la vogue, la bienveillance de la presse; ... les chanteurs implorant de lui des créations, les directeurs sollicitant ses œuvres, les reporters ses confidences S). Aussi multipliait-il les compositions,

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