‹ MassillonChapitre 17 sur 215 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Oraison funèbre de l'archevêque de Vienne. — Le gallicanisme. — Vie de Monseigneur Henri de Villars. — Oraison funèbre de l'archevêque de Lyon. — Heureux débuts de Massillon. — Il renonce à la chaire et se retire à l'abbaye de Sept-Fonts. — Il rentre à l'Oratoire.

La vie de Henri de Villars, archevêque de Vienne, dont l'oraison funèbre fut le début oratoire de Massillon, mérite d'être brièvement racontée. Le jansénisme n'était pas le seul ver rongeur de l'église de France, à cette époque; le gallicanisme parlementaire épuisait aussi ses forces ict paralysait son action. Il l'empêchait de participer avec plénitude à cette universelle circulation de la vie religieuse qui, dans la société catholique, va du centre aux plus lointaines extrémités , et forme de toute l'église un seul corps. Depuis quelque temps certains théologiens et certains jurisconsultes, en France, semblaient appliqués à résoudre ce problème : comment une église particulière peut-elle se soustraire en réalité à la juridiction du Pape , en conservant toutes les apparences de la soumission ? Gomment peut-elle se rapprocher de plus en plus du schisme sans y arriver jamais ? Assurément le gallicanisme des parlements différait' beaucoup, en pratique, de celui de Bossuet et des signataires de la déclaration de 1682, mais ils s'appuyaient l'un et l'autre sur

Page 1