CHAPITRE V
Mot de Louis XIV après l'Avent de 1699. — Massillon prêche devant le roi le Carême de 1701 et celui de 1704. — Il succède au P. Maure. — Quelques détails sur ce prédicateur. — Gomment assistait-on au sermon? — Analyse du sermon de Massillon et de celui de Jacques Saurin sur la parole de Dieu. — Sermon sur le respect dans les temples.
Lorsque Massillon eut terminé la station de l'Avent à Versailles, Louis XIV, qui aimait à donner des éloges délicats, comme il aimait à les recevoir, lui adressa ces paroles flatteuses en présence de toute la cour : a Mon père, j'ai entendu plusieurs grands orateurs dans ma chapelle, j'en ai été fort content; pour vous, toutes les fois que je vous entends, je suis très-mécontent de moimême. » Le grand roi, qui a prononcé tant de mots heureux, exprimait à la fois très-finement et très-justement l'irrésistible trouble de conscience que Massillon avait produit dans l'âme de ses auditeurs, en traitant, pendant l'Avent, les sujets les plus capables d'impressionner des chrétiens, tels que : la mort, le jugement , l'éternité. A cette époque de sa vie, Louis XIV n'était pas fâché de sortir du sermon mécontentde lui-même; peut-être n'en était-il pas ainsi pour tous ses courtisans. Ils aimaient mieux entendre de grands orateurs que de grandes vérités. Madame de Maintenon put encourager le jeune Ora-