‹ Mastoïdite rétro-labyrinthiqueChapitre 15 sur 23 · DEN ANSE · texte numérisé non relu

DEN ANSE

relation anatomo-pathologique existe-t-ilentre ce foyer et les V° et VI° paires craniennes ?

Nous pensons qu’on peut éliminer l'hypothèse d’une ostéite de la pointe. Anatomiquement, le groupe cellulaire rétro-labyrinthique rejoint parfois lu traînée suslabyrinthique au-dessus du canal postérieur et plus souvent la traînée sous-labyrinthique au-dessous de ce canal. L’infection peut donc théoriquement gagner la pointe en suivant ces trainées cellulaires. Mais en pratique, le départ d’une infection vers la pointe a lieu au niveau de la caisse ou de l’attique. Or, dans chacune de nos observations, l'oreille moyenne est intacte. D’autre part, la disparition presque immédiate et définitive des douleurs trigémellaires après curettage de la zone rétro-labyrinthique, cadre mal avec l'hypothèse d’une ostéite concomitante de la pointe.

L'hypothèse d’une fluxion collatérale de la pointe, œdème ou congestion, est cependant possible. Cette fluxion explique mal pourquoi la douleur siège avec prédominance dans le domaine de lophtalmique.

— Une autre hypothèse nous paraît préférable ; au contact du foyer rétro-labyrinthique la dure-mère cérébelleuse réagit. Une méningite « induit » de la fosse cérébelleuse peut se développer sans autre manifestation - clinique qu’une irrilation du nerf récurrent méningé d’Arnold {branche de l’ophtalmique) qui innerve directement la tente du cervelet.

Cette méningite induite rend compte également de la paralysie du VI. Ea paralysie du VI indique en

Re

effet le plus souvent une lésion de l'étage postérieur (Lombard).

En tout cas, en présence d’une otite compliquée de phénomènes douloureux il est indispensable de rechercher cliniquement et biologiquement les signes méningés.

Il est bien évident que la mastoïdite rétro-labyrinthique n’a pas toujours une symptomatologie aussi précise. Les formes latentes sont sans doute assez nombreuses ; elles sont parfois découvertes par hasard au cours de lPintervention (obs. 1); elles sont certainement plus souvent méconnues, mais guérissent après le drainage mastoïdien habituel, sans entraîner de complications. ;

Nous voulons rappeler les petits signes anormaux des observations 5 et 6, bourdonnements, légers vertiges, nausées, témoins de la localisation proforde du foyer infectieux. Dans quelques cas enfin, les formes latentes se révèlent par une complication. :

Complications des mastoïdites rétro-labyrinthiques

Mouret écrit à propos des cellules de la zone intersinuso-audilive :.« Leur suppuralion prédispose aux perforations de la facé postérieure du rocher et à l’infection de la fosse cérébelleuse. Elle peut aussi provoquer Ja suppuration du labyrinthe par nécrose du canal pos: térieur ou de l’aqueduc du vestibule. Il est probable

Page 1