‹ Mastoïdite rétro-labyrinthiqueChapitre 14 sur 23 · ER · texte numérisé non relu

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de trois ou quatre jours, parfois plus rapidement, appäs raît un signe alarmant : des douleurs à type névralgique dans le domaine du trijumeau, du côté de l’oreille malade. Ces douleurs, discrètes au äébut, s’accusent bientôt. Elles surviennent par crises de durée variable, cédant difficilement aux antinervins, empêchant tout sommeil. #

Elles siègent avec prédominance dans le domaine de Pophtalmique, douleurs rétro et périorbitaires, s’accompagnent parfois d'hypoesthésie cornéenne. Elles irradient souvent dans le territoire du maxillaire supérieur, vers la face et les dents de la mâchoire supérieure.

L’audition est bonne : légère surdité de transmission ; le labyrinthe est intact.

La recherche de signes méningés cliniques et biologiques reste négative. L'examen du fond d’œil est normal.

Dans quelques cas, dès le début, on constate une paralysie du moteur oculaire externe, du côté de l’otite. Plus souvent cette paralysie apparaît plus tardivement après l’intervention et d’ailleurs inconstamment.

Devant ces signes graves, la mastoïdectomie ne peut être différée.

Dans les jours qui suivent l'intervention, une amélioration légère se produit. La température baisse un peu, puis continue à osciller entre 38°-38°5. Les crises douloureuses sont moins violentes et s’espacent. L'état local surtout est meilleur ; très rapidement la caisse se sèche : le léger écoulement tympanique du début disparaît ; la perforation se ferme et le tympan au

bout d’une dizaine de jours a une forme et une coloration à peu près normales. L’audition est parfaite.

Par la plaie mastoïdienne qui semble bourgeonner correctement suinte un peu de sérosité purulente.

Mais bientôt, les signes fonctionnels s’aggravent ; les crises douloureuses deviennent plus vives.

La 6 s'élève un peu. -

C'est dans ces conditions qu’apparaît parfois, nous l'avons dit, une diplopie symptomatique d’une paralysie du VI.

Ponctions lombaires répétées, examens du fond d’œil sont négatifs en général. Il n’est pas rare cependant de constater une légère hypertension du liquide céphalorachidien, une légère augmentation du nombre des éléments par champ ou du taux d’albumine.

Si l’on temporise, on assisie à des phases d’amélioralion et d’aggravaliion des phénomènes douloureux.

Il y a donc là une discordance manifeste entre l’état local qui s’améliore très rapidement et la persistance sinon l’aggravation des douleurs ou l'apparition d’un nouveau signe, la paralysie du VI.

Cette discordance ne peut s'expliquer que par la présence d’un foyer infectieux profond.

La brèche opératoire est alors revisée. Il n’est pas question de faireun évidement puisque l’oreille moyenne est normale et que audition est bonne. D’ailleurs, on ne note pas de lésions en avant, vers l’aditus.

La dure-mère au niveau du toit de l’antre et le sinus : sont systématiquement mis à nu, bien que l’os qui les recouvre paraisse sain.

Les résultats de ces examens sont négatifs. On explore attentivement la région sous-antrale. L’os y est friable ; parfois le stylet met en évidence une petite fistule.

La zone rétro-labyrinthique est explorée et la duremère cérébelleuse en regard est découverte.

Les suites opératoires sont très démonstratives. La température tombe et surtout les douleurs diminuent puis disparaissent en quelques jours.

La paralysie du VI est toujours plus longue à ré-

gresser et persiste un à deux mois.

__ Il convient de garder le malade sous surveillance, jusqu’à ce que l’on soit assuré par l'examen clinique et par l’examen renouvelé du liquide céphalo-rachidien, d’une guérison définitive.

En somme, dans ces quatre observations, la mastoïdite rétro-labyrinthique s’est manifestée par une Sym ptomatologie de la pointe du rocher. Un syndrome de Gradenigo typique est réalisé dans nos observalions etre.

Il est difficile de ne pas admettre une relation de cause à effet entre la localisation mastoïdienne rétrolabyrinthique et l'atteinte du V et du VI, Un fait est certain c’est qu'après la mastoïdectomie « élargie », prolongée en profondeur, les signes d’irritation trigémellaire et la paralysie du VI cèdent, Mais ce drainage du foyer profond agit comment ? Autrement dit, quelle

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