SCÈNE XV
ADHÉMAR , M“* BATIFOL.
(U fenêtre s’ouvre, et M M Batifol, en costume de sylphide, avec des ailes, parait en attitude (Air de la Croisée). Elle descend et parcourt la scène, comme II 11 * TagUoni, dans le ballet. Musique. Elle s’arrête , dans la pose la plus gracieuse, sur une ritournelle de flûte.)
Ce grand dadais dort comme une marmotte...
Attends, drôle, nous t’apprendrons à brouiller les demoiselles de l’opéra avec leurs amans , et à ne pas conduire les sylphides h l’état civil... Soyons adroite, souple et légère... ô TagUoni, je t’évoque !
Ait dill^Piurt
Toi, qui, de Londres en Russie,
Voltiges si légèrement,
Et r' viens ménT dans notre patrie.
Tour avoir beaucoup d'agrément.
Enfin, toi, la fée aux miracles.
Dont le coud’-pled est un trésor,
Comme aux directeurs de spectacles,
Ahl préte-moi tes ailes d’or.
k Ut»M|u« <l'- kalli-t. Elle ccllif* cl •> — jiotcr dm'icrr le faulru>l «i dnrt Adktwlr.1
Révcillons-le avec mes lèvres de rose.
(Elle lui donne un baiser sur le front.) ADUÉMAR, se frappant le front, comme pour tuer une mouebe.
Les mouches sont insupportables dans cettd «saison.
M*' BATIFOL.
U me prend pour une mouche.
(Elle prend une paille et la lut passe sur les livres.)
AUUÉUAIl. Taisant la grimace.
Je crois que c'est une guêpe. (Elle lui frappe sur l’épaule.) Qu’est-cc qui frappe?
(Il regarde du cûtfi où on l'a frappé; M"' lia ti fol passe de l'autre et fait le infime jeu. Musique. Elle fait le tour du théâtre; Adlifimar la suit ; elle s’arrête; U dérobe un baiser; elle s'échappe. Ils tournent autour du grand fauteuil ; M“* Batlfol monte dessus et s’y tient en altitude.)
ADUÉNAIV, ta soutenant par la taille.
Ah! je te tiens. Ma sv lpt 1 ide-M usa rd, est-ce une illusion ? une ombre?
ai" * batifol , sautant â bas du fauteuil et lui marchant sur le pied.
Non . je ne suis point une ombre légère.
ADHÉUAB.
Ah ! l’orteil !
M** BATIFOL.
Ne faites pas attention.
ADHÉMAR
Aimable sylphide.,, qu'est-re qui vous amène ici , dans cet équipage galant ?
M** BATIFOL.
Est-ce que ea ne te fait pas plaisir?
AUUÉMAR.
C'est que dans ce moment-ci... je m'en vas vous dire... j’ai une affaire qui m'appelle aux États-Unis, et je pars demain malin.
BATIFOL.
Tu ne partiras pas et ta ne te battras pas 1
ADRÉAUR.
Comment.... vous savez donc?
M“* BATI FOL
Les sylphides savent tout... oui , ton Eirire, la blonde, ton Andalouse, vient te sauver la vie; elle se livre h toi , elle est devant tes yeux.
ADUÉUAB.
Devant mes yeux ?
U“* RATIFOL.
C'est elle qui t’a, tout à l’heure, donné un baiser ; que tu as prise pour une mouche, et qui en a les ailes pour voler auprès de toi.
adiiémar.
Ah ! bien, bon . bon, bon, je t’avoue que je te rends grâces , et ce monsieur avec son épée et ses pistolets!.. Encore bon, bon. bon, s’il croit que j'attendrai que six heures sonnent... je vas réveiller tout le monde... tant pis s’ils ne dorment pas !
(11 sonne la cloche â tour de bras. M** Datifol met son masque.)