F. I. VI RE
Ni moi .non plus; mais nous allons (aire sa connaissance.
JULIA
Est-ce que c’est lui qui paie ?
EL VI RK.
C’est lui qui doit payer.
ji'lia.
Nous ne l’en empêcherons pas.
ELVIHF.
Vous avez trop bon cœur pour ça.
NATHALIE
Qu’est-ce que c’est que cet Adhémar? un secrétaire d'aiuba&sade, ou un marchand de nouveautés?
f.lvire.
Ni l'un , ni l'autre, c'est le fds d'un député de l'extrémité d'un centre , qui est arrivé , il y a un an , de son département , pour apprendre à Paris les belles manières et l'histoire naturelle. Quoique fort avare de caractère, il s’est faufilé parmi quelques Lions. J’ai su cela d'un ces animaux, qui est ami du mien , et qui m’a appris pourquoi Léon m’avait fait l'inconvenance de se brouiller avec moi... Ah! mon Dieu, oui, sans ine donner le temps de prouver mon innocence... Il» Léon m'a envoyé un petit poulet très dur, où il me souhaitait bien du plaisir avec le bel Adbémar, et m’annonçait qu’il allait partir... et ça, juste la veille de mon terme.
JULIA
Ils n’en font jamais d'autres, ces scélérats d'hommes ! c’est toujours ces époques-là qu'ils choisissent
EL VI RE
Ah! Julia, comme tu connais le cœur humain!
Ai* de l’ipoOiSeairc.
Pour subjuguer nos faibles eceurs,
11 Jur’nt d’aimer toute la vie,
Mais, hélas! quand iis sont vainqueurs,
Au bout de trois mois tout s’oublie.
Oui , quand du loyer vient le jour,
Ils disparaissent sans mystère ,
El le terme de leur autour Est celui du propriétaire.
EIAIRE.
Ça ne peut pas être vrai, puisque j’ai le plaisir de ne pas connaître cet Adhémar. Pour lors, je veux me venger de l'intrigant, et prouver à Léon que je ne lui suis de rien...
JULIA
Comment te vengeras-tu ?
ELTIRE.
C’est ce que j’ignore encore. J’ai fait part de ma situation équivoque à notre amie commune, M"' Batifol, l’ancienne habilleuse de chez nous.
NATHALIE
Cille qui met l'orthographe à notre correspondance ?
ELVIRE
C’est une femme qui a plus d’esprit qu’elle n’est grosse.
JULIA
Et ce n’est pas pen dire.
ELVIRE
Je lui ai demandé conseil; elle m’a conseillé de venir ici , avec vous toutes , manger une matelotte.
NATHALIE
C'est un conseil excellent.
Elle s’est chargée du soin de ma vengeance.
Je l'attends. Voilà où nous en sommes.
julia.
Du moment que M“* Batifol en est , j’ai confiance : elle m'a raccommodée avec Alfred.
NATHALIE
Elle a fait payer mes dettes par Frédéric.
ELVIRE
Ma mère, ayant négligé mon éducation littéraire, elle écrit mes lettres et rédige les mémoires de ma blanchisseuse et de ma cuisinière, en faveur du don que je lui fais de quelques robes et de mes vieux chapeaux. Cette femme , nourrie dans l'Opéra, en connaît les détours; je me suis fiée à son expérience...
M a> u ati fol, au dehors, fredonnant.
Sur cet autel sacré.
Viens recevoir...
ELVIRE
Je crois l'entendre.. . Oui, elle chante un air de la y est ale... Oh! voyez donc. Mesdemoiselles, ce sac de nuit!
JULIA
Comment, tu t’es brouillée avec Léon?
ELVIRE
JULIA
Est-ce qu’elle apporte avec elle , tous les costumes du magasin ?
Du tout. Je te disque c’est lui qui s'est brouillé avec moi, sous le prétexte ridicule que cet Adhémar m’avait fait la cour, et que j’avais eu la 6oidisante faiblesse d'écouter ses vains propos d’amour, de lui donner mon portrait, et enfin , d’avoir eu, avec lui, ce que l’on appelle en Angleterre , une conversation criminelle.
(Elle baise les yeux.)
JCLIA.
Ah ça ! mais, comment a-t-il pu faire pour savoir ton nom et ton adresse ?
ELVIRE
C'est ce qui m'interloque.
NATHALIE
Alors , ça nVst donc pas vrai , la conversation criminelle ?